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L'En Dehors


Une pasionaria des «sans-rien» pour fédérer la précarité
Lu sur Libération : "Un tour de France au mois de juin, à la rencontre de toutes les misères. Un voyage éprouvant, en fourgon, qui alimente son ardeur et sa mobilisation. Pourtant, Fabienne Jouvet est malade, déclarée invalide à 100 %. Un tel périple est déjà un risque pour elle. Il lui aura coûté quarante-huit heures d’hospitalisation : check-up complet après deux semaines sur les routes. Les médecins l’ont tenue à l’œil. Sa famille a un peu tremblé. Mais de son côté, elle est ravie. Ragaillardie par l’action. De retour dans sa petite maison de Tabanac (Gironde) à flanc de coteau, elle raconte, pleine de ferveur, un barbecue avec des SDF à Strasbourg, une manif toulousaine «avec des fauteuils électriques, et puis des retraités, et des mamans en poussettes». Elle dit «les gens en larmes», «ceux qui disent merci». «Je pense que c’est parce que je décris ce qu’ils vivent, que je dénonce leur misère. Ça a l’air de changer quelque chose.» Fabienne Jouvet a une idée qui ronronne comme un moteur : elle veut fédérer tous les précaires. Rassembler «sous un même dôme» les malades, les handicapés, les travailleurs pauvres, les mères célibataires, les chômeurs, les stagiaires… «Bref, toute cette nouvelle classe de sous-prolos.» Et c’est pour ça qu’elle parcourt la France. Le chemin, Fabienne l’a d’abord emprunté via la Toile, avec ceux qu’elle a baptisés «les sans-rien». Handicapée, mère de cinq enfants, obligée de «survivre» avec 700 euros par mois, elle crée son réseau en 2001, pour intervenir au plus proche, générer de l’entraide. Ce sera son combat, «une lutte contre la misère et la précarité. Un réseau de résistance, comme pendant la guerre». Sur Internet, les gens se croisent, et échangent. Aussi bien une boîte de lait pour bébé qu’un frigo ou des renseignements administratifs. Elle, elle veut aller plus loin.
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Mis en ligne par endehors, le Mardi 26 Août 2008, 09:42 dans la rubrique "Actualité".
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