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![]() Tabassé et torturé par la police, puis piétiné par la justice belge
--> Description détaillée des faits du 8 juillet 2003
A une cinquantaine de mètres devant moi avance dans ma direction un groupe avec à sa tête au moins trois types qui emmènent brutalement un jeune homme (en réalité, il y a quatre policiers emmenant 2 personnes menottées). Ce dernier porte des menottes attachées dans le dos. Il a le buste penché en avant et il grimace. Arrivé à leur hauteur je dis aux hommes (je supposais qu’il s’agissait de policiers, bien qu’ils étaient en civil et ne portaient pas de brassard) qu’ils ne sont pas obligés de faire mal au type, surtout qu’il est déjà menotté dans le dos et qu’ils (les policiers) sont en surnombre. Ceux-ci me poussent alors violemment sur le côté en me hurlant des menaces d’arrestation. Sans opposer aucune résistance, je réponds que j’ai le droit de m’exprimer. Un des policiers se retourne alors vers mois en brandissant une matraque rétractable en caoutchouc, je recule en me protégeant le visage de mon avant-bras droit … sur lequel le policier frappe un coup sec. Puis il rejoint alors le groupe, qui continue de se diriger vers le commissariat. Il sont maintenant à une quinzaine de mètres de moi et s'éloignent vers le commissariat situé à une centaine de mètres. Ulcéré et apeuré, je crie que c’est scandaleux que la police se comporte ainsi. Un des policiers (je pense que c’est celui qui m’avait déjà frappé), se retourne et crie l’ordre de m’attraper. Lui et au moins un autre policier en civil courent vers moi matraque en main. Je ne bouge pas, et me tais. Sans aucune sommation, un policier me matraque alors que l'autre me donne un coup très douloureux sur l'arrière de la cuisse, ce qui me fait tomber. Les coups de matraque pleuvent sur mon dos. Pris de panique, je crie "au secours, à l'aide !". Des menottes en métal me sont passées dans le dos. Ils me redressent. Par une clé de bras ils me forcent à baisser le buste de sorte que je dois dresser la tête pour voir les passants. Je crois qu’ils vont me casser l’épaule. Je leur dis qu’ils me font mal et que ce n’est pas nécessaire. Alors ils accentuent la clé de bras pour me faire taire. Je me tais, grimaçant de douleur je regarde les passants. Il y a des dizaines de personnes sur les trottoirs du carrefour, ils/elles sont tou(te)s arrêtées, ils ne bougent pas, ne disent rien. Arrivés au commissariat, un policier de faction en uniforme dit à mes agresseurs de ne pas prendre l’entrée principale et leur indique une porte de service. Je suis poussé au travers d’un couloir d’une dizaine de mètre de long, et d’environ un mètre cinquante de large. Il n’y a que deux portes, c’est un sas. La traversée de ce sas ne dure que quelques dizaines de secondes, mais de très longues secondes. Je suis bousculé contre les deux murs, un des policier (Se. V.) hurle « on est pas des homosexuels, nous, on est pas des petits PD ». La peur me montre on ventre. L’envie de chier dans mon froc. On m’emmène alors à un étage où je suis attaché à un banc. Je reste calme, sans bouger ni parler. A côté de moi, également attaché, un type d’environ 25 ans. D’après les commentaires des flics entre eux, ce serait un des deux types qu’ils étaient en train d’emmener. « Des pic-pockets qui venaient de tabasser une petite vieille sur la Grand Place (?) » selon les flics. Le jeune type ne disait pas un mot et avait l’air plutôt terrorisé. - « Qu’est ce qui s’est passé ? », je lui demande. - « Allemand », qu’il me répond, « huit fois arrêté, policiers racistes » Qui croire ? Mais peu importe. Quoi qu’il ait fait, s’il l’a fait, cela ne justifie pas la violence par la police, la police n’est pas la justice, et même la justice ne peut punir par sévices corporels. Pendant une demi heure cinq policiers entrent et sortent du bureau dont l’entrée est à côté du banc. Les regards et les commentaires sont agressifs : « Ca te dit d’être attaché à un camé en crise ?, on en a justement un pour le moment. Comme ça tu verras ce que ça fait de prendre la défense de ce type d’individu » me propose Se. V.. Je réponds que le boulot de la police n’est pas de rendre la justice. « Et bien si t’es pas d’accord, t’as qu’à porter plainte au Comité P ! Et si tu veux mon nom, le voici, » me dit-il en me montrant sa carte de flic à quelques centimètres des yeux, : « Se. V.». Ensuite, mon second agresseur (Pa. D.) précise : « tu vas voir ce que tu vas ramasser, on va porter plainte contre toi pour outrage à agent et rébellion. Moi je suis assermenté, tu vois, alors crois moi que ta parole contre la mienne, ça vaut rien du tout ». Un troisième flic que les autres appellent « papy » se joint à eux (ils sont tous en civil avec une arme à la ceinture). Il est très nerveux et dit à mes deux agresseurs que s’ils ont besoin d’aide pour me calmer (malgré que je ne bouge ni ne parle) ils n’ont qu’à appeler. Un quatrième passe devant moi avec un regard menaçant. Il repasse devant moi en frottant son pantalon contre le bout de ma chaussure (j’ai les jambes croisées). Sentant la provocation, je dis immédiatement « pardon », décroise les jambes et place mes pieds en-dessous du banc. Lui s’arrête, se retourne, fait mine de vouloir venir sur moi, mais continue finalement son chemin. Je comprends qu’il s’agit de petites mises en scènes mainte fois répétées. Mon agresseur me demande ma carte d’identité. Je réponds que je ne l’ai pas sur moi. Je lui donne mon nom et adresse, il me demande mon second et troisième prénom, le prénom de mon père. Ca colle, je suis identifié. Il voit sur le papier qu’il tient en main que je suis universitaire (?) . A partir de ce moment les flics deviennent un peu moins agressifs. On me propose un verre d’eau, l’allemand peut fumer une de ses cigarettes et moi aussi. J’en profite pour demander que mes menottes de métal soient desserrées, ce qui est fait (mais elles ne sont pas enlevées). Mais le spectacle continue, Se. V. revient devant moi en se passant des gants en plastic sur les mains. « Une fouille à poil, ça vous dit ? ». Je ne réponds pas. Il me détache du banc et me pousse vers le fonds du couloir. « Allez, direction les toilettes », précise-t-il. A ce moment, papy sort d’un autre bureau et demande à mon agresseur « t’as besoin d’un coup de main ? ». « Non, non, ça va, Monsieur est calmé ». Il me fait entrer dans les toilettes et me dit : « lavez-vous les mains, c’est pour les empreintes ». Je suis tellement soulagé de ne pas subir la fouille anale que je ne proteste pas et accepte sans broncher d'être fiché. Se. V. prend l’empreinte de mes dix doigts. Après quoi je suis à nouveau attaché sur le banc où je constate que l’allemand a disparu. Sur les deux heures passées dans le couloir, les policiers que j’ai vus ont parlé entre eux, ils se sont raconté des blagues, un d’entre eux est même entré dans le bureau à côté de mon banc en chantonnant sur un air inventé « la la la laaa, et mon ami Hitler » (sic). Je pense qu’il l’a fait précisément pour que je l’entende. Après encore une demi heure d’attente, je suis amené dans le bureau du commissaire M.W. pour y faire ma déposition. Pendant la durée de ma déposition un des mes deux agresseurs est assis derrière moi. L’officier me regarde droit dans les yeux pendant plusieurs dizaines de secondes, d’un air méprisant. Je comprends que cela fait partie du spectacle, et le regarde aussi droit dans les yeux, d’un regard le plus neutre possible. J’attends qu’il détourne le regard le premier, ce qu’il fait. Il me lit alors un texte que la loi l’oblige, semble-t-il, à réciter dans ce type de circonstance. Il le fait en parlant extrêmement vite et en articulant très peu, de sorte que ce qu’il dit est inaudible. Je lui demande de répéter. Il souffle d’un air énervé et recommence aussi vite sa dernière phrase dont je ne comprends que quelques mots. Je renonce à insister. A un certain moment, le second de mes agresseurs vient nous rejoindre. Le ton des policiers est menaçant. L’officier supérieur me dit « on a autre chose à faire que perdre notre temps avec des snuls comme vous ». Ensuite il commence ma déposition en me demandant quel est mon employeur. Plutôt que répondre que cela ne le regarde pas, je réponds que je souhaite ne pas mêler mon employeur là-dedans afin de ne pas avoir d’ennuis. Je comprends immédiatement que cela pourrait être interprété comme un sentiment de culpabilité, mais je n’ose pas revenir dessus. L’officier continue en parlant à la première personne, tout en tapant sur son clavier : « je m’approche des policiers pour les empêcher de … ». Je ne lui laisse pas terminer et précise que je n’ai à aucun moment tenter d’intervenir physiquement, j’ai juste demandé qu’ils arrêtent de faire souffrir la personne qu’ils étaient en train d’emmener. Un des mes deux agresseurs intervient alors (Se. V.). Il crie presque : « et ça c’est quoi ? » demande-t-il en relevant sa manche, faisant apparaître des ecchymoses sur son bras. Pendant quelques secondes je pense qu’il veulent m’accuser de coups et blessures, mais je comprends qu’ils veulent me déstabiliser. Je réponds que les deux types qu’ils ont arrêtés leurs ont peut-être porté des coups, mais cela ne justifie pas que la police impose des sévices une fois que ces personnes sont maîtrisées (ayant moi-même subi le même traitement que l’allemand, je peux vous garantir qu’il est impossible de faire quoi que ce soit avec les bras attachés en clé de bras dans le dos). La police n’est pas la justice, et même la justice (belge) ne peut punir par sévices corporels. On me fait signer ma déposition. Que je lis attentivement. L’officier montre des signes d’énervement : « Bon, vous allez signer, car on n’a pas que ça à faire nous ». Ensuite, suite à une erreur technique, il faut réimprimer ma déclaration, que je relis rapidement avant de signer à nouveau. L’officier supérieur demande si on a également pris ma photos. On va le faire à l’instant répond Se. V.. Je sors en boitant du bureau. L’officier supérieur, de son bureau, me lance « et que ça vous apprenne la prochaine fois à vous mêler de ce qui vous regarde ». Je ne réponds pas, et suis Se. V. au rez-de-chaussée où il prend trois photos de moi : face, profil droit et profil gauche. Ensuite il me conduit au hall d’entrée, et je sors du commissariat de Bruxelles 1000. Ma jambe me fait mal et je sens des courbatures sur tout mon corps. En repassant sur le lieu de mon agression je passe dans deux magasins afin de trouver des témoins. Mais en m’expliquant les larmes me viennent aux yeux. Je n’ai craqué à aucun instant pendant mon passage au commissariat, mais le fait de raconter ce qui m’est arrivé provoque une crise de larme. Dans le premier magasin la dame me répond qu’elle n’a rien vu car un camion cachait la vue. Dans la crêperie du coin, la fille répond qu’elle ne préfère pas témoigner afin d’éviter des problèmes. Je retourne alors à mon lieu de travail. Arrivé au bureau je craque à nouveau devant mes collègues. L’un d’entre eux me conduit à l’hôpital St Pierre où le médecin de garde va constater des « contusions des deux avants bras, contusions musculaires et possible déchirure musculaire au niveau de la face postérieure de la cuisse droite, excoriations cutanées au niveau du dos". Il a également signé un document attestant mon incapacité de travail pendant cinq jours. J'ai donc créé un site web très bien documenté et aux sources vérifiables, pour informer la population en temps réel. Vous pourrez y constatez comment la justice protège les policiers violents. » . Avocat-conseil : ok. Avocat-répresentant : pour quoi faire ? François Jortay Mis en ligne par Mirobir, le Jeudi 14 Octobre 2004, 15:02 dans la rubrique "International".
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