|
L'En Dehors et vous
![]() Crée le 18 mai 2002 Pour nous contacter : endehors(a)no-log.org Comment publier un article sur le site ? Comment publier un commentaire à un article ? Charte du site D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Nos références ( archives par thèmes ) Pour vos agrégateurs: Flux RSS 651.504 lecteurs en 2006 804.265 lecteurs en 2007
Moteur de recherche interne
avec Google
Soutien
Vous pouvez aider à régler les frais d'hébergement sur le serveur, en commandant nos brochures :
Les éditions de L'En Dehors
Rubriques
Actualité
Culture Ecologie Economie F Haine International L'En Dehors d'Armand Le privé est politique Nouvelles du site Pour comprendre Projets alternatifs Social Technique Vidéos et audios colonies et communautés anarchistes
Zone Autonome de Traductions
La page des traducteurs et traductrices
Green anarchy en français Anaïs sa dernière traduction : La raison pour laquelle la misère aime la compagnie Blackjack sa dernière traduction : La loi de profilage idéologique de 2007 Borogove sa dernière traduction : Proclamation de solidarité du syndicat général des Freeters (précaires) du Japon adressée à l'IWW Flugute sa dernière traduction : Pour une société basée sur l’entraide, la coopération volontaire et la libération du désir Gallizour sa dernière traduction : Un conte personnel de Gaza, Le terrorisme et Importants Médias Gast sa dernière traduction : L'anarchisme et la question sexuelle klaptomèdre sa dernière traduction : Emma Goldman : L'hypocrisie du puritanisme Lazy cat sa dernière traduction : Jouez farouchement ! Nos vies sont en jeu ! Mouton sauvage sa dernière traduction : De la neutralité de la technologie Provisoire sa dernière traduction : Brian rencontre le F.P.J. sur le Forum Rokakpuos sa dernière traduction : Mais quelle supposée faiblesse ? Satya sa dernière traduction : La libéralisation du marché n'est pas du développement Totof sa dernière traduction : Fracasser la boîte de Petri Zaphod sa dernière traduction : L' Autoroute de Roswell Autres traducteurs et traductrices
Liens
![]() Pour écouter Radio libertaire en direct, cliquez ici ![]() Ephéméride anarchiste Cathy Ytak, une année avec "Les murs bleus" Divergences La presse anarchiste Autres liens
Session
|
![]() Retour à la nature
Le retour à la Nature est une chose magnifique, en théorie ; l'imagination surexcitée de l'inadaptable à notre ère industrielle y aperçoit mille aventures ; il rêve de pays exotiques où loin du monde abhorré il pourra vivre en liberté en dehors de la contrainte des centres grégaires ; il voit une nature riche et clémente qui lui donnera une ample vie de liberté.Certes, je ne veux point ici réfuter le camarade E. Bertran, ses déductions sont justes, seulement il oublie deux choses : 1° l'inadaptabilité de la grande majorité des camarades à une vie de pionniers ; 2° le climat meurtrier des régions tropicales où poussent les cocotiers ; là, le paludisme pernicieux a vite fait de décimer les plus vaillants et les colonies qui se sont établies dans les pays tropicaux n'ont eu qu'une courte existence. Ici même à Costa Rica, dans les plaines de San Carlos, terre on ne peut plus fertile, une colonie de 70 cubains vint s'installer ; au bout de deux années de résidence il restait, je crois, 14 survivants. Au Nicaragua, dans la Mosquitia, région encore inconnue, une colonie de 2.000 danois fit une tentative, avec capital et machines, en vue d'une exploitation intense : ils n'ont pu résister all climat tropical. Il y a certes des endroits très habitables; ce sont les réglons montagneuses au-dessus de 500 mètres d'altitude, mais là les cocotiers n'offrent plus leurs ressources ; il est vrai que les bananes y viennent à merveille et que cette culture est, comme le dit E. Bertran, des plus élémentaires, et d'un grand rapport pour l'élevage des cochons. Ces régions montagneuses sont les seules où des camarades, pourraient s'acclimater si .... Mais voilà, il y un si ; et c'est que la réalité ne répond point au rêve fait par les assoiffés de liberté. Ici, à Far-Away, j'ai vu passer une quarantaine de camarades hommes et femmes et je suis resté seul. La Nature, meure sous les tropiques et surtout sous les tropiques, bien que très prodigue est plus difficile à' vaincre que partout ailleurs. Les terrains prés des centres sont d'un prix inabordable pour les modiques ressources des camarades ; il faut donc aller dans la brousse afin de pouvoir avoir suffisamment de terrain pour faire l'élevage des cochons ; ces terrains, très bon marché, ou même gratuits, ainsi que le dit E. Bertran, sont loin de tout marché. Ici, nous sommes à 9 heures de Santiago de Puriscal et si la liberté y est illimitée, cela a cependant ses inconvénients. Dans ces retiros, seul l'indien s'installe et mène une vie très médiocre, faute d'initiative, je le veux bien et la mentalité de l'indien est loin d'être supérieure à celle des civilisés qui pourtant, ne brille pas beaucoup. Son indolence fait que sa vie est à peine supérieure à celle de l'animal et tout blanc qui s'installe dans son voisinage est considéré comme au moins millionnaire ; cette opinion ne facilite guère la vie du pionnier tout au moins dans les débuts. De plus, presque partout l'indien est pillard; l'année dernière j'eus une bonne parte de ma récolte de café enlevée sans que j'aie pu découvrir le ou les voleurs ; cette année j'ai fait bonne garde et j'ai pu récolter sans partage forcé. Pour tout camarade bien pensant, il est futile de penser à l'autorité pour redresser ces tors ; ce serait du reste inutile ; il faut donc se résigner à subir ces pertes de temps à autre et les accepter si l'on ne peut les empêcher par ses propres moyens. Je n'écris pas ces lignes pour décourager les camarades, je sais qu'il peut s'en trouver parmi eux quelques-uns capables de vivre leur rêve et de trouver une compensation à tout ce qu'ils laissent derrière eux, mais ce nombre est très restreint et je ne l'évalue guère à plus de 5 % et j'ai même peur d'exagérer. Tous les camarades qui sont passés ici se croyaient très simples, ayant peu de besoins en dehors de la liberté, mais un court séjour leur a démontré crue la réalité ne valait pas le rêve et qu'après tout la civilisation offrait un tas de bonnes choses même aux pauvres exploités, que l'on ne peut s'offrir dans la brousse. Ici la liberté. illimitée et, pour ceux qui arment la nature, une fantasmagorie de couleurs inégalable ! Mais il faut que ceci .puisse compenser celai sinon, pourquoi se contraindre à vivre dans la sauvagerie ? Je connais les endroits dont parle le camarade E. Bertran et si je me donne la peine d'écrire, c'est pour mettre en garde les camarades contre leurs illusions ; j'en ai tant vu venir, ayant sacrifié leur avoir,effort de longues années de travail pour tenter de vivre leur rêve de liberté, et qui se sont trouvés sans ressources pour retourner en Europe, que je ne crois pas une mise en gardé inutile ; il ne faut pas compter gagner sa vie décemment dans les centres des pays tropicaux ; l'industrie y est nulle et les quelques emplois libres sont rémunérés d'une façon dérisoire. J'ai reçu des lettres de camarades et aussi j'ai su qu'un mouvement se dessinait dans certains .milieux en faveur d'un nouvel essai à Costa-Rica. Ma réponse est celle-ci : « Malgré mon désir de voir venir s'installer des sympathisants libertaires par ici, que ceux qui viennent le fassent avec suffisamment de ressources pour résister 18 mois ou 2 ans en attendant le résultat de leurs efforts et aussi avec l'argent nécessaire pour assurer le retour en cas d'échec ou, simplement d'inadaptabilité; ainsi ceux qui viendraient auraient fait un beau voyage et goûté à quelques mois de glorieuse liberté, ce qui après tout n'est pas à dédaigner ». Je n'ai point parlé des dangers de la brousse qu'il ne faut cependant pas négliger ; en ce moment je suis en .convalescence d'une morsure de serpent et j'ai bien failli y laisser mes os. Cet article n'est pas très engageant, je le sais ; mais mon expérience ici ne me permet pas d'écrire autrement. Maintenant aux aventuriers pour de vrai, qui n'ont point peur de la solitude et du dur travail je dis a venez, il y a des joies ici que l'on ne peut goûter dans l'ambiance des usines ». C'est pour cela que je suis resté. P. PraT. Far Away Farm, Santiago de Puriscal (Costa-Rica) L'En Dehors #198-199 du 15 janvier 1931 Mis en ligne par libertad, le Samedi 4 Juin 2005, 22:44 dans la rubrique "L'En Dehors d'Armand".
Repondre à cet article
Commentaires :
|
à 16:09