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![]() Pink Gang, les miliciennes roses : Les femmes indiennes qui luttent pour les droits des femmes
--> Par Polly Dunbar
Lu sur Radio Air libre :
Elles sévissent dans l'état d'Uttar Pradesh au nord de l'Inde. Elles ont choisi le rose comme emblème de leur combat et peuvent compter dans leurs rangs, plusieurs centaines de militantes. Elles sont armées de lathi - les bâtons traditionnels - qui servent à battre les hommes qui ont abusé de leurs épouses ou les ont abandonnées, et aussi à tabasser les policiers qui ont refusé d'enregistrer des plaintes pour viol. Le groupe, qui s'est formé il y a deux ans, malgré que ses membres soient issus des plus basses castes de la société indienne, est même parvenu à dénoncer les malversations des politiciens corrompus.
Depuis sa création, le Pink
Gang, comme elles s'appellent, a été frappé par une série d'accusations
criminelles, mais elles tiennent bon et résistent aux menaces.
« Il y a six mois, une femme
a été violée et nous sommes allées avec elle au commissariat de police. Au
début, les chefs ont refusé de prendre la plainte, mais ensemble, nous avons pu
forcer la police à agir.
Le gang reçoit de plus en
plus l'appui des hommes. « Mon père est un membre de la bande de Gulabi,
» dit Aarti.
Sampat, une mère de cinq
enfants, mariée à neuf ans, est devenue une célébrité locale.
Les hommes ont l'habitude de
croire que les lois ne s'appliquent pas à eux, mais nous faisons le
forcing pour que ça change totalement. »
Source :
dailymail.co.uk Des justicières en sari Neeta Lal Face à l'inaction des autorités et à la violence quotidienne qu'elles subissent, des femmes prennent les armes et leur destin en main. Le site d'informations Asia Sentinel, basé à Hong Kong, a rencontré ces "Robin des Bois" d'un autre genre.
Sampat Pal Devi C'est dans cette région du nord que sévit le Pink Gang [le gang rose], un groupe de 200 femmes qui se présentent comme les héritières de Robin des Bois. N'hésitant pas à répondre à la violence par la violence, ces redresseuses de torts punissent les assassinats d'épouses dont se rendent coupables certaines belles-mères, les sévices conjugaux, voire la corruption ou l'incapacité des élus.
Ces femmes exubérantes et
intrépides, reconnaissables à leurs saris roses, sont les ennemies jurées des
maris violents et des fonctionnaires incompétents. Ayant personnellement subi
des sévices sexuels, elles traquent les violeurs et les époux indignes, font la
morale aux malfaiteurs et envahissent les postes de police pour réprimander les
agents qui ne font pas leur travail.
"Personne ne vient à notre
secours, ici. Les fonctionnaires et la police sont corrompus et hostiles aux
pauvres. Aussi sommes-nous parfois obligées de faire respecter la loi par
nous-mêmes. Nous sommes une bande de justicières, pas un gang", a récemment
déclaré la fondatrice du Pink Gang. Excédée par la corruption du système et les
discriminations sociales dont se rendent coupables les autorités [notamment à
l'égard des femmes, des basses castes et des intouchables], Sampat Pal Devi a
décidé de passer à l'acte en apprenant que sa soeur avait été traînée par les
cheveux dans la cour de sa maison par son mari alcoolique.
Certaines actions sont
couronnées de succès. Ainsi, le groupe a réussi à restituer à leurs maris
respectifs onze filles qui avaient été jetées dehors par leur belle-mère en
raison de leurs dots insuffisantes.
Et, si la violence conjugale
fait des ravages, l'arriération des femmes est encore renforcée par le poids du
système de castes.
Alors que les
ressources naturelles du district pourraient normalement assurer des moyens de
subsistance à tous les habitants, elles sont pillées par un petit nombre d'entre
eux en toute impunité parce que les autorités locales ferment les yeux sur ces
agissements. Dans certains villages, les paysans ne sont même pas payés et ne
reçoivent qu'un kilo de céréales par journée de travail. Et le nombre de
travailleurs réduits en esclavage reste très important.
Même si le groupe n'a pas de bureau, ses membres se réunissent régulièrement chez sa fondatrice pour discuter des cas à traiter et de la stratégie à adopter. L'apparition d'une milice de femmes dans le district de Banda est le symptôme des graves problèmes sociaux qui traversent la société indienne. "Lorsque les élus refusent de répondre aux demandes des citoyens ordinaires", observe Prerna Purohit, un sociologue de New Delhi, "ces derniers n'ont pas d'autre choix que de prendre les choses en main par eux-mêmes. C'est un coup de semonce pour le gouvernement de la plus grande démocratie du monde."
Neeta Lal Mis en ligne par libertad, le Lundi 18 Février 2008, 19:55 dans la rubrique "Le privé est politique".
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à 19:57