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NPA : le bluff libertaire de la LCR
Y'a pas mal de débats aujourd'hui sur le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), notamment la volonté de la LCR de s'ouvrir à certains courants anarchistes, je pense au groupe Alternatives libertaires (issu des thèses du "communisme libertaire" théorisé par D. Guérin), ainsi qu'à différents intellectuels libertaires comme Michael Lowy, M. Gaetano ou Miguel Abensour. Ces anarchistes là avaient participé à un numéro de la revue théorique de la LCR, Contre Temps en 2003, portant pour dossier " Changer le monde sans prendre le pouvoir : nouveaux libertaires, nouveaux communistes ".
Ce numéro est en quelque sorte la première marche qui a été construite entre ces anarchistes là et la LCR, et l'éditorial appelait carrément à recréer une " Nouvelle Première Internationale " (édito écrit en commun par Corcuff et Löwy), où se côtoieraient certains anarchistes et certains communistes. Mais ce numéro était déjà caractéristique des divisions qu'il y a aujourd'hui dans la LCR vis-à-vis des libertaires, et de leur jeu actuel de séduction.
En vieux loup de la LCR, Daniel Bensaïd, intangible, s'opposait déjà dans ce numéro (et récemment dans la Revue internationale des idées) aux thèses de John Holloway dans son livre Changer le monde sans prendre le pouvoir dont un article ouvrait le n°. Bensaïd descendait le mouvement zapatiste et tenait la position traditionnellement impuissante, dans une vision de prise du pouvoir de l'Etat. Dans le vieux débat libertaires/communistes, on pouvait déjà se demander en quoi Bensaïd était-il un « nouveau communiste » ?
Ce numéro également rodait déjà bien l'argumentation pour séduire les anarchistes syndicalistes. On mettait en avant les présences côté à côté depuis 10 ans de certains anarchistes et des communistes dans les manifs et les luttes de terrain (certaines organisations anarchistes cherchant systématiquement à être présentes dans toutes les manifs contre la réduction des services publics, des retraites, etc.), et donc finalement un point commun entre les frères ennemis. Ainsi on voyait dans Sud-PTT « des thématiques marxistes et un esprit libertaire », et dans cette veine on mettait en avant tous les mouvements où le marxisme et l'esprit libertaire s'étaient fondus pour ne devenir plus qu'un. L'entreprise était légitimée par exemple, avec une étude historique sur les « Industrial Workers of the world » américain qui est un cas d’école en la matière, etc.
Que demander de plus pour fonder le NPA ? Déjà AL en 2001 avait appelé à voter Chirac dans un contexte peut-être compréhensible même si très largement exagéré. Et pour le referendum de 2005 également, certaines organisations ont poussé à aller voter. En 2007 déjà, la tentative unitaire de la candidature J. Bové essaye de se rallier des " libertaires ", vraiment pas reconnu d'ailleurs dans le milieu (le couac de Onfray, le poète Youlountas et autres). En janvier 2008 devant la roue du Paon que leur fait la LCR avec le NPA, G. Davranche et T. Renard publient dans AL un article " Multiplication des nouveaux partis " où ils disent toutes leurs réticences devant la création du NPA. En février dans AL, 3 personnes de la même organisation leur répondent et commencent eux à loucher drôlement sur le NPA. Une condition est posée par ces auteurs pour leur rapprochement : l’acceptation par la LCR de l'idée de « fronts anticapitalistes » différents et complémentaires, et notamment une auto-organisation des luttes à la base, c’est-à-dire l'idée que « le parti n'est pas la seule construction possible » (la seule...).
Banco pour la LCR ! Une aile de la LCR est en effet intéressée depuis quelques années par des thématiques libertaires, notamment la nouvelle génération qu’incarne Besancenot qui dit-on va jusqu’à refuser à choisir entre son héritage communiste et « libertaire ». Ce serait eux dit-on les « nouveaux communistes »… Devant cet affichage « libertaire » de certains courants de la LCR, et voyant que décidément certains jeunes communistes quittent leur formatage vis-à-vis des anarchistes bien exprimé naguère par Jacques Duclos dans, Anarchistes d’hier et d’aujourd’hui, comment le gauchisme fait le jeu de la réaction, C. Bourseiller (de tradition conseilliste/situationniste on dira « confusionniste »), met la pression sur la LCR, en sortant Extrêmes gauches : la tentation de la réforme, Textuel, 2006. Dans son livre, entend s'adresser aux militants d'extrême-gauche, et cet auteur (hormis qu'il dresse un tableau de l'extrême-gauche et du mouvement anarchiste en France) attaque la tentative de séduction trotskiste et dénonce déjà le contenu du fameux virage « libertaire » de certains courants, qui lui apparaît très contradictoire.
Il montre bien par exemple que les luttes de la LCR (essentiellement composée de militants des services publics) portent toujours sur un renforcement de l’Etat, et le fameux « antilibéralisme » n’a été que cela depuis plus de 10 ans : la revendication d’un Etat fort contre le secteur privé (l’Etat selon eux, étant du côté du « travail » et non du « capital », si l’on considère la fausse opposition travail-capital qu’ils utilisent, on baigne là dans le marxisme le plus traditionnel), c’est ça qu’ils appellent « l’anticapitalisme »... Bien sûr tous les communistes de la terre et ceci depuis la fossilisation des marxismes depuis un siècle, disent espèr dans 100 000 ans, la fin de l’Etat, mais tout le paradoxe des communistes ou anciens communistes est là : On renforce l’Etat, tout en affirmant la nécessité de le voir dépérir dans 100 000 ans pour passer au socialisme (le refus de la séparation entre les fins et les moyens étant le trait des anarchistes sur cette question). C’est là aussi la position de Paul Ariès, qui lui aussi est bien formaté par sa formation communiste.
Mais il y a plus, Bourseiller montre aussi que la LCR s’est toujours perçue comme complémentaire du PS, dans ce sens où elle considère les partis de la social-démocratie comme des partis ouvriers « dégénérés ». Ainsi pour Bensaïd, il n’y a pas de rupture, de coupure entre le camp révolutionnaire et la social-démocratie, mais continuité et consubstantialité, c’est simplement une question de dégénérescence. C’est là une autre forme de la très vieille interprétation de Trotski de la bureaucratisation de l’URSS stalinienne. Il l’expliquait par le contexte particulier de la révolution russe (Castoriadis avec Lefort quand ils étaient dans la section française de la IVe internationale, se sont justement opposés théoriquement à cette interprétation et ont développé leur propre thèse). La LCR s’est donc depuis toujours considérée comme en quelque sorte le pôle du « retour aux fondamentaux », la « vraie gauche », la « gauche de gauche », le « 100% à gauche », quoi ! Et dans cette vision simplement « dégénérée » de la social-démocratie, la LCR a toujours appelé aux seconds tours à voter à gauche, c’est-à-dire PS. Cette stratégie qu’était en train de roder la LCR, la stratégie de « Plus à gauche que moi, tu meurs ! » et surfant sur un électorat « gauche plurielle » qui se sentait trahi par le libéral-socialisme et la gestionnarisation du PS, Jean-Claude Michéa dans Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche. Impasse Adam Smith le dénonçait dès 2003, non pas pour lorgner sur la droite ou la nouvelle droite et l’extrême-droite, mais pour retrouver le positionnement de surplomb d’un certain anarchisme qui ne s’est jamais retrouvé dans le spectre politique, c’est-à-dire le spectre de tous ceux qui participent encore à la religion politique, à cette croyance illusionnée dans les capacités d’un parti de changer le cours de la vie.
Avec AL, le débat sur le NPA s’est cristallisé sur la participation aux élections et sur la forme parti. Certains anarchistes n’ont que soulevé ces questions. Facile pour la LCR ! Pour les élections, la LCR propose « une totale indépendance vis-à-vis du PS » et que « nous ne croyons pas pour autant changer la société par un jeu d’alliances entre partis dans le cadre de combinaisons parlementaires majoritaires dans ces institutions, c’est-à-dire celles d’un Etat et d’une société où ce sont les multinationales qui font la loi ». Tous les mots comptent dans cette phrase (AL de février, réponse de Besancenot, et cie, p. 4), on noie magnifiquement le poisson : au lieu de dire que nous ne croyons pas changer la société par les urnes, on nous pond une phrase qui met tellement de conditions qu’on en rigole encore. Deuxièmement, la LCR dit que bien sûr à côté des élections il faut « créer une défiance majoritaire vis-à-vis du système », c’est-à-dire qu’il faut des luttes sociales sur le terrain.
Cette double argumentation de séduction est encore plus évidente dans le texte de Corcuff et cie le 7 juin dans Le Monde :
| Citation: | | « C’est un constat historiquement assez banal que ceux qui ont conquis le pouvoir gouvernemental pour changer la société ont souvent été pris par lui, oubliant la transformation sociale. On ne peut donc plus faire aujourd’hui l’économie d’une critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat ». |
Là, M. Corcuff et cie, se moquent de nous, ou alors Trotski est un libertaire et il fallait le dire avant, on avait pas vraiment compris comment il avait organisé l’Armée rouge… Ce « constat historiquement banal », il faut avouer que l’expression venant d’un trotskiste peut-être pleine de sens. Est-ce que M. Corcuff et le bureau politique renient finalement l’interprétation selon laquelle l’apparition de la bureaucratie eu URSS ne résultait que d’un accident historique s’expliquant à la fois par le caractère arriéré de l’économie russe et l’isolement de la révolution prolétarienne sur la scène mondiale ? C’est ça que l’on voudrait savoir.
Est-ce qu’ils adhérent à cette interprétation qui fonde le trotskisme, et alors en effet il vaut mieux dissoudre la LCR… ou alors, de manière claire, est-ce qu’ils adhèrent à une « critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat » (là-aussi tous les mots comptent) ? Les auteurs organisent la confusion en disant finalement que l'interprétation de Trotski de la " dégénerescence " de la révolution russe équivaut à la critique libertaire du pouvoir. On se moque de qui ? La critique libertaire a justement pour principe de dire que c'est pas du tout une explication par les circonstances qui peut expliquer le dévoiement de la révolution.
L’impression que nous donne aujourd’hui la LCR, n'est donc pas du tout celle d'un virage vers la critique libertaire du pouvoir séparé. Aujourd’hui, pour feinter leur « tournant libertaire », Besancenot, ses amis et plus encore Corcuff et le bureau politique de la LCR (qui viennent de publier une tribune « Gauche radicale ! Chiche », dans Le Monde, 7 juin), utilisent toujours la même argumentation pour cacher leur attachement à l’Etat : c’est ça qu’ils appellent les « nouveaux communistes »... En réalité avec les arguments que lancent Bensaïd, Corcuff, le bureau politique ou Besancenot, on se demande où ils sont les « nouveaux communistes », tellement les arguments sont traditionnels. Le « nouveau communiste » Bensaïd est-il là quand il s’accroche au matérialisme historique annonçant toujours que l’histoire est déterministe et qu’elle va du « communisme primitif » au socialisme, en passant par le capitalisme, et donc que l’Etat est a accepter avant de le dissoudre dans 100 000 ans ? Mince on croyait que c’était là la position classique ! Où est donc le changement ? En réalité, la LCR tient à être d'accord avec l'idée de l'auto-organisation des luttes (bien sûr elle ne dit mot sur ce que sont les syndicats...), mais son accpetation de l'idée de " fronts anticapitalistes ", est là pour conserver toujours les mêmes positions.
Pas besoin d'aller très loin pour avoir de gros doutes sur la tentative de séduction, il suffit de lire M. Besancenot ! oui..oui.. « je suis un libertaire », mais je suis pas d’accord avec le « rythme du dépérissement de l’Etat » (sic ! AL, p. 4), ce qui montre très bien que lui aussi et encore, il se place dans l’argumentation marxiste traditionnelle des étapes dialectiques nécessaires (déterministes), dans leur déploiement méthodique et obligé et vogue la marche royale du progrès . Après que la LCR est rejetté récemment la sainte " dictature du prolétariat " du marxiste Engels, comme " phase de transition " entre le capitalisme et le socialisme, voilà qu'on nous la refourgue avec la formule laconique de " rythme du déperissement de l'Etat " : où est le changement sur le fond ?
Ou alors le changement des « nouveaux communistes » est-il dans l'argumentation de M. Corcuff qui écrit que « toutefois, il ne s’agit pas pour nous d’évacuer la question du pouvoir. La LCR a d’ailleurs déjà dit depuis plusieurs années qu’elle était prête à soutenir [admirons le mot « soutenir »… quand on affirme la « totale indépendance vis-à-vis du PS] une expérience gouvernementale qui inverserait le cours néolibéral des politiques dans la perspective d’une sortie du capitalisme ».
Mis en ligne par Diggers, le Mercredi 18 Juin 2008, 22:00 dans la rubrique "Actualité".
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Commentaires :
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libertad
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Je suis tout à fait d'accord avec cette analyse du bluff de la LCR. Le problème est aussi pourquoi la LCR peut-elle mener cette opération ? Je crois que la réponse tient à l'incapacité des anarchistes à proposer une stratégie crédible pour aujourd'hui et à se contenter de vivre sur leurs acquis et à préserver leur pré carré. A quand une initiative anarchiste dépassant les clivages organisationnels obsolètes ? Ah nous sommes forts pour organiser des salons du livre ou des colloques sur mai 68 mais quelles initiatives face à l'impasse réformiste pour les mouvements sociaux, par exemple ! Quand à la stratégie politique de changement social, elle ne se renouvelle pas. A ma connaissance il n'y a que Patrick Mignard ( bien qu'il ne se définisse par comme anarchiste ) qui réfléchisse là-dessus et Holloway à niveau international.
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leslibertaires
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bon article Première remarque pourquoi parler de cette publication de 2003 maintenant ? N'est ce pas mettre de l'eau au moulin du futur NPA -NPAC ? Pourquoi les trotskistes changent ils (elles) de nom si souvent (ces temps-ci , le PT deviendrait: le POI et il y aurait un projet de changement de nom à LO ) ? Qualifier ces gens d'intellectuels libertaires est exagéré ( sauf erreur m . Lowy est membre de la quatrieme international co-auteur avec Besancenot d ' un livre sur le Che ) par exemple > http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Lowy. Gaetano Manfredonia peut écrire sur l'anarchisme sans être libertaire. A ce sujet il est éclairant de constater que des profs de fac plutôt LCR (publié-e-s chez textuel par exemple ) conseillent à leurs élèves des sujets sur l ' anarchisme . AL apelle à voter chirac en 2002 (et non pas en 2001) comme divers individu-e-s ou groupes d ' E.G (dont la ligue à léon) ,anars , autonomes , ultra-gauches , socialiste-révolutionnaires, libertaires... Idem pour la consultation sur le traité européen de 2005, même disparité constatée. Peut on en même temps dénier une qualité de libertaire à Onfray (vaste débat alimenté par CQFD , acrimed et le plan B qu'on ne peut pas qualifier de libertaire ) avec un argument d'une reconnaissance d'un "milieu " libertaire ? des archives > Ariane Miéville + réponse de Corcuff (et les sources) sur : http://1libertaire.free.fr/AMievillePCorcuff01.html fort intéressant -> (mais site nostalgique de la vieille taupe) http://www.ainfos.ca/04/jan/ainfos00450.htmlsur les "révolutionnaires" maoïstes et les différences avec les anarchistes canadiens/québecois : http://www.nefac.net/en/node/2384L'E.G de john holloway à tony négri vu par le think tank de droite (extrême ) : http://www.clubdelhorloge.fr/extreme_gauche_02_holloway.php de john holloway sur l'en dehors le même chez les stal' de bellaciao (voir les différents commentaires ) : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article60961sur Onfray et l'élection présidentielle de 2007 : http://www.politis.fr/De-Bove-A-Besancenot-Lettre,824.html http://www.politis.fr/Peut-on-etre-libertaire-et,166.html http://www.autogestion.coop/spip.php?article35 enfin chez textuel
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Alcide
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Je suis assez d‘accord aussi. On pourrait ajouter que les trotskistes ont adapté leurs méthodes à la société du spectacle, pensant qu’un passage de Besançenot chez Drucker vaut mieux pour la cause que tracter à la sortie des usines. Dans un système politique totalement indexé sur le médiatique, nul doute que cette tactique est la meilleure pour gagner des bulletins dans l’urne à la prochaine élection. Mais les anarchistes eux refusent l’abstraction électorale, étatique, gouvernementale et médiatique etc. Or une méfiance de plus en plus grande se fait sentir à l’égard des représentations, que celles-ci soient politiques ou médiatiques. C’est une chance qui ne semble malheureusement pas profiter aux anars, peut-être aussi par ce que cette méfiance se double d’une fascination voire d’une peur du vide. Car défier les élites est une chose, proposer une alternative cohérente et exemplaire loin de toute pulsion auto-destructrice, sectariste et nihiliste en est une autre…
Ceci dit je ne pense pas que le problème soit uniquement stratégique mais peut-être aussi au fond théorique. Hormis l’anti-électoralisme - ce qui est déjà beaucoup, il faut bien le reconnaître - on a du mal aujourd’hui à distinguer la différence fondamentale entre les anarchistes et les trotskistes voire les écologistes. Le recul de l’État providence et des politiques keynésiennes de relance par la consommation depuis les années 80 pousse la gauche à vouloir défendre ce modèle. Ce combat là, n’est pas, à mon sens, celui des anarchistes. C’est celui de la social-démocratie, de l'ex-gauche plurielle aux trotskistes en passant par les centristes voire ce qui reste du gaullisme social. Car ce qui fonde l’anarchisme, c’est le refus viscéral du pouvoir. Partant de là, le but est l’autonomie et le respect des êtres, à l’écart de tout contrôle que celui-ci soit coercitif ou bien qu’il s’exerce au nom d’une bienveillance, du bien-être ou de la survie des individus.
Il semble aujourd’hui que l’anarchisme se soit réfugié dans la défense (et non même plus la conquête) de droits. De fait, il rentre dans une stratégie de rapport de force, il n’est qu’un lobby de plus sur le marché. Les combats actuels sont les reliquats du gauchisme des années 60-70 qui s’est éparpillé dans une constellation de luttes parcellaires, le plus souvent en faveur des minorités et des exclus. Les anarchistes ont oublié que c’est le peuple qui fait les révolutions et que celui-ci est composé de gens ordinaires dont les valeurs et les idées sont empreintes de bon sens et non pas du libéralisme politique et culturel qui sert pour l’essentiel désormais de doctrine à l’anarchisme.
Aussi sur le plan philosophique, je pense que ce qu’il y a de plus intéressant aujourd’hui dans la réflexion et le débat - notamment celui autour des relations avec les trotskistes - se situe - comme l’article ci-dessus y fait référence - dans les analyses de Jean-Claude Michéa et notamment celles développées dans son dernier bouquin « L’empire du moindre mal, essai sur la civilisation libérale ».
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leslibertaires
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L'analyse d'Alcide du "gauchisme" et de la défense de L'Etat (providence et de droit) des mouvements anarchistes internationaux sonne juste . Le "bon sens " du "peuple" sonne moins......comment dire...... Qu'entends tu par : " libéralisme politique et culturel " ?
pour penser une alternative faisons confiance au dogmatique -autoritaire
pour penser DES alternativeS au système (unique?) pensons en libertaireS !
C'est donc une éloge au(x) multiple(s) que nous cherchons .
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Kamajor
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Au delà de toutes ces élucubrations et en plus simple , j'ajouterais : Si il y a une dont il faut bien se rendre compte aujourd'hui c'est que la démocratie a vécu . A l'heure même ou je vous parle ce mot a perdu tout son sens. Peut être même ce mot n'en a jamais eut , c'est une possibilité à envisager , mais je ne suis sur de rien vu que j'y étais pas à ses débuts . En tout cas , tous ces politiciens sont des pantins de bois à la solde des gentils mécènes qui financent leurs ascensions jusqu'en haut de l'affiche. Une fois leurs visages placardés dans toutes les villes de France et d'Europe, une fois que leurs tronches de nazes et celles de leurs poufs sont à la une de TF1 : il faut bien se rendre à l'évidence que ces guignols n'ont absolument plus aucune marge de manoeuvre . Une fois en haut , la seule obligation qu'il leur reste est de renvoyer l'ascenseur à ceux qui l'ont mit dedans. Alors que le candidat soit rouge ou bleu ou même vert menthe , ça n'a plus aucune importance. Peu importe , ceux qui les ont mit dans l'ascenseur sont arrivés à leurs fins . Et la souveraineté du peuple ils s'en balacent à un point que vous n'imaginez pas ! Les pauvres cons qui , par exemple , ont laisser tomber une promenade buccolique pour aller faire la file dans un bureau de vote lors du référendum en 2005 s'en sont j'espère rendu compte. Tout ça c'est du pain pour les canards. Les Sarko , les Ségo les bobos... C'est de la peinture pour faire joli , absolument superficielle et en très , très fine couche. Même si la couleur , ça quand même , c'est le peuple qui la choisi. La démocratie c'est une belle merde peinte d'une jolie façon . At all. Alors le petit facteur en mal de soutiens , il peut venir faire du tape à l'oeil dans les rangs de l'anarchie , qu'est ce qu'on n'en a à battre ? Ce gamin est bien con si il croit qu'un jour il aura sa place dans l'ascenseur ! Ou alors il faudra qu'il change : Un peu comme ceux qui , il y quarante ans d'ici , faisait le malin avec des paquerettes dans les narines devant les CRS et qui aujourd'hui ont leurs fions bien collés sur un siège à Strasbourg ou à Bruxelles. Besancenot est nécessaire au système démocratique, il lui donne un minimum de crédibilité (face au vulgus pecum). L'illusoire illusion que l'opposition existe. Son rôle s'arrête là. Il suffit d'allumer sa télé un dimanche après midi pour s'en rendre compte. Le postier guevariste chez Drucker... De qui se moque t'on ?
Pour conclure , loin de moi l'idée de sombrer dans un conspirationisme primaire , et encore moins de terminer par le raccourci facile du "tous pourris ". Mais il faudrais pas nous prendre pour des cons non plus . Quand bien même l'anarchisme n'aurait rien a proposer de neuf , quand bien même nos idées sont vieilles de plusieurs siècles....
Croyez moi les gars la seule bonne chose à faire c'est de s'abstenir et de faire pousser ses carottes loin du tumulte stérile de Babylone. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Et que vive l'anarchie .
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revolte
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Kamajor: Tout a fait d'accord avec ton analyse lucide sur la politique politicienne et le parlementarisme. Et dire que certains font compliqués pour expliqué les choses,alors qu'en fait tous cela est simple a comprendre. Vive l'Anarchie!
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libertad
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Et j'ajouterai pour ma part qu'il n'y a rien de moins dangereux pour l'état et le sytème oligarchique qu'un mouvement anarchiste qui ne répète que les vieilles recettes. Depuis la période de la propagande par le fait l'Etat sait gérer le mouvement anar, pour ceux qui en doute je conseille la lecture des archives de police. Il y a plus d'un siècle que le pouvoir sait gérer ça ! Il ne faut pas les prendre pour des idiots. Regardons plutôt du côté de ce qui se passe en Corée du sud actuellement.
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satya
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Regardons plutôt du côté de ce qui se passe en Corée du sud actuellement.
oui, j'ai trouvé cela vraiment intéressant, d'ailleurs j'étais étonnée de ne rien voir sur ce site, mais bon moi aussi j'ai pas vraiment "participé" ;)
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revolte
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Sans tomber dans les vieilles(pourquoi vieilles?)recettes,attention de ne pas tomber dans le tout intellectuel ,au détriment de la pratique sur le terrain. Il serait temps que le mouvement anarchiste sorte de sa frilositée ou il semble se complaire, qu'il sorte du politiquement correcte et redecouvre la " révolte " base essentielle de l'anarchisme.
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leslibertaires
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frilosité , pas révolté , politiquement correct , intellectualiste ? ? le(s) mouvement(s) anarchiste(s) ? ? ? http://www.mouvements.info/spip.php?article304
À quoi sert le NPA ?
Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, nous donne son point de vue
sur le Nouveau Parti Anticapitaliste. 22 juin 2008.
Depuis
quelques années, je participe à nombre de combats avec les militants et
responsables de la LCR. J’ai le plus grand respect pour leurs
convictions, la continuité de leur action, leur droiture et leur
honnêteté. Je ne croise pas les militants de la LCR dans les salons
mais au cœur des combats des sans papiers, de la jeunesse, des
antinucléaires, des luttes sociales. Ils tranchent de ce point de vue
avec tous les petits marquis de la social-démocratie qui ne voient la
gauche que comme une antichambre de leur ego, souvent démesuré, et de
leur arrivisme.
Pour autant, mes divergences avec la Ligue sont bien
connues et ne disparaîtront pas, bien au contraire, avec la création de
ce nouveau parti qui devrait surgir au mois de janvier 2008 sur les
cendres de la LCR. Je n’en serai pas. Cela n’étonnera personne mais, il
me semble important de préciser ici la nature des divergences qui
fondent ce refus. Au-delà du tintamarre médiatique qui l’entoure, on
aurait tort de railler la constitution du Nouveau Parti
Anticapitaliste. Ce n’est pas une simple opération de ravalement de la
LCR mais bien un vrai projet politique dont la gauche toute entière
doit examiner les fondements. Son succès d’estime dans la mouvance de
la gauche de la gauche, révèle plus l’incapacité de la gauche de
gouvernement à proposer une vision, un programme et un leadership qui
réponde aux nécessités de l’époque, que l’émergence d’un nouvel espace
politique se réclamant d’une rupture révolutionnaire. Dans la mesure où
la gauche est orpheline d’un projet politique, la Ligue lui propose un
projet de substitution dont elle évacue la difficulté principale : la
question de la majorité politique, donc, des alliances. Une manière
habile de contourner la politique par l’idéologie.
Première divergence fondatrice : la question de la
révolution, précisément. La tradition révolutionnaire demande un moment
précis où la question de la prise du pouvoir est posée, à travers un
affrontement entre deux blocs. La prise du Palais d’hiver est le
concentré chimique de ce moment fondateur. Lorsqu’Alain Krivine et
Henri Weber décrivent Mai 68 comme une répétition générale, ils font
référence à une révolution inachevée, celle de 1905 qui prépara et
précéda, sur les plans idéologique, politique et militaire, celle
d’Octobre 1917. Même s’il cherche à donner un coup de jeune au vieil
édifice, Olivier Besancenot ne dit pas comment il rompt avec ce modèle
quasi centenaire, issu de la révolution industrielle où une armée
ouvrière cherche à l’emporter dans une bataille décisive face à une
armée bourgeoise qu’il s’agit de démanteler. Il ne le dit pas parce
que, au fond, il n’a pas de réponse à cette question.
Le NPA est prisonnier du mythe romantique de ses
origines lointaines qui s’apparente souvent à un coup d’État, ou,
formule plus adaptée à la France, à une grève générale désorganisant la
machine de l’État central pour le briser. Outre les dangers de dérives
bureaucratiques bien connues, à travers l’opposition entre "démocratie
bourgeoise formelle" et démocratie directe, cette vaine quête du moment
décisif n’est plus opératoire dans des sociétés développées comme les
nôtres. Comme l’avait bien vu Trotsky lui-même, sans formuler de
réponse à ce questionnement, la révolution ne peut être faite dans un
seul pays. C’était déjà vrai, en 1917. Ainsi, à l’heure où les
économies sont interdépendantes, toute rupture doit être pensée comme
une séquence dans un moment long : la transformation d’un mode de
développement. La révolution sera lente ou ne sera pas. Elle passe donc
par une combinaison entre le changement des mentalités, la
transformation des politiques publiques, à tous les niveaux et par une
impulsion au niveau de l’appareil d’État, avec une variable qui
consiste à trouver la dimension pertinente.
Le rôle des États - Nation devenant secondaire, c’est à
une échelle régionale, l’Europe, qu’il convient de penser la
transformation sociale et écologique, dans son articulation avec des
mouvements sociaux, voire des ensembles d’États à l’échelle planétaire.
C’est d’ailleurs sur cette question des rythmes et des objectifs que
les camarades d’Olivier Besancenot se sont divisés au Brésil. Certains
décidant de continuer l’expérience entreprise par Lula et le Parti des
Travailleurs, les autres revenant à leurs pré-acquis. C’est à partir de
cette expérience qu’a été initié le grand tournant vers le NPA et que
s’est construit le refus de la stratégie du Front Unique avec les
réformistes. Dès lors, le recours systématique aux mots et au mythe de
la Révolution fonctionne comme une stratégie de l’émotion et de
"l’illusion politique" au sens que lui donne Ellul. Pour la LCR,
confrontée comme l’ensemble de la gauche à une impasse stratégique - la
redéfinition d’une orientation de gauche à l’époque de la globalisation
- la "révolution" devient un produit de consommation comme un autre.
La deuxième divergence, c’est celle de
l’anticapitalisme. On peut être d’accord sur cette idée mais, au-delà
du slogan "anti", que représente-t-elle en terme de proposition "pro" :
Un refus total de l’économie de marché ? Une collectivisation
généralisée, une économie mixte, un projet autogestionnaire ? Il est
vrai qu’il y a là matière à débat, mais le recours au slogan permet
d’éviter le questionnement sur le contenu même du mode de
développement. Même si Olivier Besancenot et ses amis ne reprennent pas
les vieilles antiennes staliniennes sur le nucléaire, le productivisme,
le scientisme, ils sont prisonniers d’un modèle de croissance qui
renvoie à une conception du matérialisme historique qui se définissait
linéairement. Par son avancée inéluctable, le progrès était censé nous
libérer. Je sais que la lecture critique de la Ligue sur cette question
tente des percées vers ce qu’elle nomme "l’éco-socialisme", sorte de
juxtaposition entre l’écologie politique et le socialisme. La question
n’est pas seulement paradigmatique. Dans l’histoire de l’humanité,
l’écologie politique ne succède pas au républicanisme et au socialisme.
Elle a d’autres racines que le travail humain et l’extorsion de la
plus-value par le Capital ; elle s’appuie sur la prise en compte des
éco-systèmes, sur des valeurs comme l’autonomie, la durabilité, la
réconciliation entre la nature et la société… Je ne vois nulle part
dans le NPA, l’émergence de ces préoccupations.
Sur le fond, il y a là un problème de culture politique
commune de la gauche. Quelque part, le NPA fait partie de "l’album de
familles" dont parlait Rossana Rossanda, qui rassemble la gauche, des
socialistes aux communistes, autour de la croyance du développement des
forces productives. À l’époque de la globalisation, elles sont devenues
des forces destructrices. La communion dans l’anticapitalisme ne peut
donc suffire à bâtir une alternative globale. Là encore, depuis la
faillite du socialisme réel, le projet de société alternative n’est
plus évident à gauche. Cacher cette impasse sous un "label de qualité",
fut – il anticapitaliste, est un peu court.
Il y a donc bien deux gauches, comme le dit la LCR,
mais pas au sens où elle l’entend. La gauche écologiste est en rupture
totale avec la gauche productiviste. Les "décroissants", intéressés par
le discours radical de la Ligue, seront confrontés à cette
contradiction.
Troisième divergence : La LCR relookée construit le NPA
comme le parti des oxymores. C’est un parti libertaire et Guévariste.
Comme il faut plaire aux milliers de jeunes qui se sont reconnus dans
la campagne présidentielle d’Olivier, le nouveau Parti tente une
impossible synthèse entre la culture libertaire, issue de
l’anarcho-syndicalisme, du proudhonisme et des mouvements issus de Mai
68, et la conception foquiste de l’icône du Che. Guevara était
certainement un militant courageux qui défendit ses idées jusqu’à en
mourir. Il n’en avait pas moins une vision autoritaire et quasiment
mystique du rôle de l’avant-garde armée libérant le peuple. Où sont la
cohérence et le lien avec la situation de l’Europe du XXIème siècle
prise dans les tourments de la mondialisation libérale ? À part une
référence quelque peu démagogique à une figure christique, nous sommes
loin des nécessités de la construction d’une formation politique
confrontée aux défis de notre temps. Cette contradiction n’est pas
mineure. Je suis pour l’existence des partis mais ils doivent rompre
avec le centralisme démocratique qui a fait les beaux jours du
léninisme et du stalinisme. Le peuple est représenté par le parti qui
est lui-même représenté par le comité central, le bureau politique et,
en haut, son secrétaire général. À l’heure d’Internet, des réseaux
d’échange de savoir et du téléphone mobile, cette manière est non
seulement obsolète mais révèle autre chose : Une croyance dans
l’illusion de la vérité de la part d’une élite dirigeante qui, par
consensus en son sein, propose une « ligne » qui doit rallier la
majorité du parti. Elle est antagonique avec la face libertaire de la
pièce jouée par le NPA.
L’autre oxymore se niche dans la théorie du parti des
"héros anonymes", tiré par la notoriété du facteur de Neuilly. Ici, la
Ligue est prise dans ses propres contradictions après avoir construit
un personnage médiatique qui dépasse l’organisation. Cette organisation
a une histoire et des militants qui l’ont construite. Mais cette
histoire et ces militants ne correspondent plus au format exigé non par
"la nouvelle phase politique", comme voudraient nous le faire croire
les dirigeants de la LCR, mais aux nécessités de la société médiatique.
Un peu comme Ségolène et le nouveau PS des fans à vingt euros, la LCR
se soumet à des lois que je connais intimement, pour les avoir subies
et pratiquées dans mon métier de journaliste de l’audiovisuel.
La télévision a des règles exigeantes. Il faut fournir
le casting, le contenu et le mode d’emploi, pour être le premier servi.
Il faut donc faire correspondre la sociologie militante du nouveau
parti à ces exigences. Les nouveaux militants doivent être jeunes,
relativement dépolitisés, révoltés, faire "authentiques". Il se trouve
que cela sert les intérêts de la LCR. Dans son cavalier seul face au PS
renvoyé à la gauche libérale, elle cherche à faire disparaître toute
référence à des cultures politiques issues de traditions différentes
(PCF, alternatifs, altermondialistes, Verts…) et à ces milliers de
"vieux" cadres politiques engoncés dans leur histoire respective. La
Quatrième Internationale construit ce type de parti au Brésil, avec le
PSOL, autour de la figure d’Eloisa Helena, en Italie autour de Franco
Turraglio, le parlementaire qui a refusé de voter les crédits de guerre
en Afghanistan, ou encore au Portugal.
Cette stratégie est en fait profondément pessimiste.
Elle est l’expression du repli sur soi d’un courant politique qui
estime qu’on ne peut rien changer aux politiques publiques locales,
nationales, internationales sans tomber dans la gestion sans fard du
capitalisme. Le temps ne serait plus à la transformation sociale ou
écologique. Puisque la société dérive à droite, il faut tenir, en
organisant son pré carré en attendant des jours meilleurs. Comme si,
quarante ans après mai 68, il s’agissait de construire des partis de
témoignage qui gèleront un capital de voix de 5 à 10% de l’électorat,
en attendant un hypothétique "Grand Soir". Est cela que les chômeurs,
les salariés, les paysans, les jeunes attendent de la gauche ?
J’estime pour ma part qu’il existe un espace à gauche,
très important, c’est l’espace de ceux qui veulent à la fois une gauche
majoritaire, une gauche de gouvernement et une gauche alternative qui
ne succombe pas au social libéralisme et à la tentation gestionnaire ;
une gauche qui refuse de s’asseoir sur le démantèlement du code du
travail, sur les discriminations et sur les aspirations écologiques ;
une gauche qui s’assume comme telle et ne cède ni aux sirènes de la
globalisation ni à celle du repli sur les certitudes d’antan. Cette
gauche ne se réduit pas aux Verts, évidemment. Mais l’écologie, au-delà
de l’anticapitalisme, en est la matrice, tout simplement parce qu’elle
répond à l’urgence du temps, marqué par la convergence des crises
climatique, alimentaire et des ressources naturelles. La LCR, comme le
PCF ou le PS, ne pourront en constituer l’ossature s’ils refusent de
changer de paradigme.
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leslibertaires
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" comprendre que la vie comme la politique n'est pas une science " "http://www.mouvements.info/spip.php?article300
Une autre gauche est-elle possible ? L’espace électoral du NPA Vincent Tiberj, du CEVIPOF, analyse pour Mouvements l’électorat du Nouveau Parti Anticapitaliste. 22 juin 2008.
Entendre les voix de 2007
La dernière présidentielle a été interprétée très
souvent avec 2002 en tête. Le contraste est en effet saisissant :
mobilisation exceptionnelle quand 2002 marquait un record d’abstention
et la crise de défiance politique dans l’électorat, retour en grâce des
partis de gouvernement contre les votes aux extrêmes de 2002,
bipolarisation des voix face à l’extrême dispersion des suffrages cinq
ans auparavant, come-back des monopoles PS et UMP sur leur camp
respectif. Autant d’éléments qui convergent vers une dynamique de bipartisme à la Française [1] et, conséquemment, on voit de nouveau poindre au PS la tentation blairiste d’une « troisième voie ».
Ainsi brossée, la scène politique ne laisserait guère
de place à la création d’un « nouveau parti anticapitaliste » initiée
par la LCR. L’essentiel des regards et des stratégies présidentielles
entre les deux tours se sont portés sur l’électorat centriste. Pourtant
un candidat est sorti indemne du vote utile, Olivier Besancenot.
Premièrement, face une offre politique saturée à la gauche de la
gauche, ses suffrages équivalent quasiment aux électorats Laguiller,
Buffet et Bové additionnés. Deuxièmement, il est le seul dans la gauche
non-socialiste à avoir progressé en nombre de voix. 2002 n’aurait pu
être qu’un accident, dans la logique des partis-flash [2]
qui apparaissent et disparaissent régulièrement dans les démocraties
modernes, sa reproduction en 2007 plaide au contraire pour une
installation durable dans le champ politique.
Enfin, la dernière présidentielle a renforcé l’image du
porte-parole de la LCR. La cote d’avenir d’Olivier Besancenot mesurée
par TNS-Sofres depuis octobre 2004 fait apparaître une rupture en
2007 : avant, en moyenne 24.5% des Français voulaient lui voir jouer un
rôle important à l’avenir ; après, ils sont désormais 37.5% en moyenne.
En juin 2008, il intègre le top 10 des personnalités politiques
« d’avenir » faisant jeu égal (43%) avec Ségolène Royal (41%) ou
Dominique Strauss-Kahn (45%). Les résultats des municipales et
cantonales de 2008 masquent de fait un renforcement au plan local de la
LCR. 110 listes sur 200 présentées ou soutenues par la LCR ont dépassé
la barre des 5% ; dès le 1er tour, la Ligue compte 72 élus et, même si
ces résultats [3]
s’expliquent souvent par la présence d’une liste de la gauche plurielle
unie, ce parti continue dans cette phase de construction locale initiée
dès le début des années 2000.
2007 ne sanctuarise donc pas le bipartisme hexagonal.
Il existe bien un espace pour une autre gauche dans lequel, pour
l’heure, Olivier Besancenot fait figure de premier leader potentiel. Il
s’agira ici de déterminer les raisons de ce « succès d’estime » qui
amène le porte-parole de la LCR à s’imposer face à des partis et
leaders pourtant installés durablement dans les gauches électorales,
d’en identifier le potentiel de progression mais également d’en cerner
les limites.
Olivier Besancenot, la synthèse des gauches non-socialistes
L’ascension d’Olivier Besancenot se comprend dans
l’évolution des peuples de gauche. Schématiquement elle s’ancre dans
une double « nouvelle donne » : l’une sociale, avec une assise qui
s’appuie de moins en moins sur l’usine et les cols bleus et de plus en
plus sur les classes moyennes et diplômées ; l’autre normative, avec
l’apparition en sus de la gauche économique d’une gauche sociétale
portée par la montée de valeurs culturelles [4] (écologie, ouverture culturelle, tolérance sexuelle, etc…), prégnante particulièrement dans les générations [5]
d’après 1968. Cette nouvelle donne n’est pas si nouvelle et travaille
la relation électorat / offre politique, depuis deux décennies [6],
avec, du côté de l’offre, un recentrage des partis sociaux-démocrates
sur des enjeux sociétaux au détriment des enjeux sociaux, l’émergence
de nouvelles organisations politiques dont les Verts qui s’ancrent sur
ces nouvelles valeurs, et du côté de l’électorat, l’érosion du vote
populaire en faveur de la gauche, la montée d’un électorat
sociocritique qui ne se reconnaît pas dans la course au centre des
partis de gauche et le fait savoir, soit par l’abstention, soit par le
rejet des grands partis, en France et ailleurs.
Pourquoi Besancenot en réponse ? Après tout des
alternatives à gauche, il en existe d’autres, certaines anciennes comme
le PCF ou LO, d’autres plus récentes comme les Verts ou la candidature
Bové. Si on analyse non les votes mais les potentiels électoraux [7]
en 2007, Olivier Besancenot est cité par 34% des électeurs de gauche
comme choix possible, certes moins que Ségolène Royal (72.5%), mais
presque deux fois plus que ses autres concurrents – Arlette Laguiller,
Marie-George Buffet et José Bové n’étant cités que par 17 à 19% des
électeurs de gauche. Surtout à la différence de ses concurrents
non-socialistes, le porte-parole de la LCR est un candidat de synthèse
à même de capitaliser à la fois sur l’antilibéralisme économique et le
libéralisme culturel, de réconcilier les gauches en quelque sorte.
Deux cas typiques se distinguent, Voynet et Laguiller :
la première progresse essentiellement avec la montée du libéralisme
culturel (entre +17 et+29 selon l’attitude à l’égard du libéralisme
économique), quand la seconde progresse sur l’antilibéralisme
économique (entre +20 et +14 selon l’attitude autoritaire ou
libertaire). Olivier Besancenot fait aussi bien que ses deux
concurrentes dans les groupes qui leurs sont les plus défavorables mais
profite mieux qu’elles du libéralisme culturel et de l’antilibéralisme
économique. Il devance la candidate verte sur ses terres électorales de
22 points et sa concurrente trotskyste de 12 points. Il obtient ainsi
une « double mention », ouverture sociétale et résistance sociale,
fruit probable du positionnement idéologique spécifique de la LCR, à la
fois à la pointe des combats matérialistes pour la sauvegarde des
emplois (terrain partagé avec LO) et des combats postmatérialistes
(sociétaux et environnementaux, partagés aussi avec les Verts).

Reste le cas Buffet, dont le potentiel électoral
réplique la structure d’Olivier Besancenot, avec un succès bien
moindre. Ici se dessine une autre ligne de force pour la LCR, celle du
renouvellement générationnel. Le PCF aurait pu incarner la gauche
sociocritique, ne serait-ce qu’à travers une organisation partisane
encore incomparablement plus structurée que tous ses concurrents
non-socialistes. Mais sa mue inachevée et son alliance avec le PS
l’handicapent. Surtout, d’un point de vue électoral, le communisme
c’est du « passé en devenir ». Ses réserves à gauche sont celles
socialisées lors de son ancienne grandeur : les générations nées entre
1933 et 1961, entrées en politique quand le PCF incarnait encore la
lutte des classes, sont les seules à lui donner 23% de potentiel
électoral ; dans les cohortes nées après 1967, il n’est plus que de 15%
et se situe derrière Arlette Laguiller ou Dominique Voynet. Les
soutiens d’Olivier Besancenot présentent le cas de figure inverse : ils
sont minimaux (19%) chez les électeurs nés dans les années 30, appelés
à quitter la scène électorale, et maximaux chez les électeurs nés dans
les années 70 et 80, appelés à gagner en importance, avec une pointe de
42% parmi les « nouveaux électeurs » de 2002.
Vers une crise de croissance ?
Une synthèse des antilibéraux, l’avenir pour son
candidat, le Nouveau Parti Anticapitaliste dispose d’un réel potentiel.
S’il avait fait le plein des possibles, Olivier Besancenot aurait
obtenu 15% des suffrages d’avril 2007. Pourtant ses succès ou échecs
futurs dépendent pour beaucoup de la stratégie du PS. En 2007, Ségolène
Royal rassemblait toutes les gauches, devançant même Olivier Besancenot
chez les antilibéraux (59% contre 44% chez les autoritaires, 77% contre
60% chez les libertaires). Si le PS s’engage sur la 3ème voie, alors le
NPA verra son potentiel grandir ; si au contraire le PS tourne à
gauche, c’est l’espace politique qui manquera. N’oublions pas que
l’installation de l’extrême-gauche dans les urnes s’est stabilisée sous
le gouvernement Jospin. La cure d’opposition du PS lui évite la
dialectique entre idées et « réalités » qui lui a tant nui en 2002.
Enfin, va se poser la question de
l’institutionnalisation du NPA, sa capacité à exister au-delà de la
figure charismatique qui l’incarne. Pour l’heure, seuls 2% des
électeurs se disent proches de la LCR. Cette phase passe par un
maillage territorial mais aussi par la création d’un réseau d’élus. Or,
le système électoral français s’avère particulièrement conservateur
face aux nouveaux venus. Le FN et les Verts en ont fait déjà
l’expérience et pourtant ceux-ci bénéficiaient d’une structure
d’opportunité électorale plus favorable, notamment la représentation
proportionnelle. Aujourd’hui, si on excepte les Européennes, les modes
de scrutin pratiqués obligent quasiment à l’alliance pour exister. Le
NPA ne pourra donc calquer le succès fulgurant de die Linke. Ne
sera-t-il alors qu’un porte-voix pour une autre gauche ?
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leslibertaires
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remarquer svp, le risible graphique ci-dessus . http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article273bonne article du courant alternatif de cet hiver 2008 (début) Mais que font les trotskystes ?
lundi 4 février 2008, par Courant Alternatif
Depuis
l’été dernier, les deux grosses organisations trotskystes que sont la
Ligue Communiste Révolutionnaire et Lutte Ouvrière semblent effectuer
un revirement stratégique. D’un côté, L.O. envisage de se présenter sur
des listes communes avec le PS, en vue des Municipales de Mars
prochain. De l’autre, Besancenot, le leader de la L.C.R. lance un
« appel pour constituer un nouveau parti », qui s’appuierait sur des
« discutions locales dans les lycées, les facs, les quartiers », dans
le but de fédérer ceux et celles qui luttent pour constituer une
dynamique anticapitaliste.
Les commentaires valent la lecture ( et dire que certains étaient au salon du livre LIBERTAIRE )
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Kamajor
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J'ai un peu de mal à comprendre le graphique sur les votes potentiels dans la gauche non socialiste , question ouverte à qui pourrait le commenter ?
Un "antilibéral totalitaire" je sais ce que c'est : un stal ou un trot dans toute leurs splendeurs... Mais du reste , à quoi correspond par exemple un "libéral autoritaire " dans la gauche non socialiste ?
De plus je m'étonne qu'il y aie 22% de libéral libertaire qui sont supposés voter pour le petit facteur? Ca représente quelle population 100% de libéral libertaire ? Je m'étonne qu'on puisse les quantifier... Auriez vous accès à des listes noires des RG ?
D'ou viennent ces chiffres , qui les a collectés , quelles sont les sources ???
Dans quel coin placeriez vous les "anars-abtentionistes" sur ce graphe ? Ce serait bien de les rajouter (en dehors du cardre besancenotiste bien sûr) , car apparemment c'est à eux que tout ces petits commentaires s'adressent...
Soyez certains en tous cas qu' il y en restera toujours un dans la marge qui n'ira jamais voter pour qui que ce soit.
Emancipez votre esprit de l'esclavage mental !
Vive l'anarchie.
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Alcide
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Le libéralisme a deux facettes. L’une est économique : elle concerne le marché. Son but est la pacification de la société via le commerce, celui-ci devant apporter « bonheur » et « prospérité » à tous. L’autre est politique ou culturelle : elle concerne le droit. Son but est d’autoriser juridiquement chacun à mener sa vie selon ses désirs à partir du moment où cela ne « nuit pas à autrui », les conflits se réglant (souvent devant les tribunaux) en fonction d’un rapport de force dans l’opinion publique produit par des intermédiaires (lobbies, syndicats, média, partis, assos etc.) Pour faire simple, on peut dire que le libéralisme économique (le capitalisme) est plutôt l’affaire de la droite, tandis que le libéralisme politique concerne plutôt la gauche. Toute l’illusion de cette dernière (et à mon avis les anarchistes d’aujourd’hui inclus) est de penser que ce libéralisme politique, c’est-à-dire la conquête infinie de droits pour telle et telle parcelle de la population, est une façon de lutter contre le capitalisme.
Par exemple, donner plus de droits aux travailleurs clandestins. C’est bien. Mais n’est-ce pas donner une couverture légale à l’exploitation toujours plus grande de la fluidité de la main d’œuvre par les patrons ? Certains d’entre eux n’ont-ils pas soutenu cette lutte ? Est-ce donc vraiment lutter contre le capitalisme ? Qu’en est-il des travailleurs dont le statut est légal ? Ne sont-ils pas eux aussi exploités ? Donner plus de droits en terme écologique, par exemple en favorisant le développement du vélo en ville ou bien en développant les énergies alternatives. C’est bien aussi. Sauf que la plupart du temps, ceci se fait au profit du système marchand : voir les systèmes Decaux de location de vélos ou bien les entreprises privées de production d’énergies renouvelables. D’un côté, le droit en terme d’environnement progresse mais le marché aussi. De même par le passé, le combat pour les radios libres qui aboutit à leur légalisation en 1981. Quelques années plus tard, n’ont survécu que quelques radios associatives emblématiques mais sur le reste de la bande FM, c’est la bêtise marchande qui a finit par agrandir son emprise. On pourrait multiplier les exemples dans tout les domaines. À partir du moment où l’on veut étendre les droits des individus - ce qui est en soi généreux - on doit fatalement à un moment ou un autre faire des concessions au marché. Un peu comme si à l’extension sans fin des droits correspondait l’extension sans fin du marché qui est symbolisée par le mythe de la Sainte Croissance.
Aujourd’hui dès qu’on utilise le mot peuple, on est immédiatement suspect de démagogie ou de populisme. Jamais peut-être dans l’histoire récente le divorce entre le peuple et les élites n’a été à ce point consommé. Le sentiment dominant et totalement justifié est qu’il n’y a aucune différence entre la droite et la gauche. Le fait est qu’une partie importante de ce qu’on appelait autrefois les prolétaires vote à droite. Une autre moins importante vote à gauche. Une dernière partie s’abstient. Si des prolos se rangent à droite, ce n’est pas par acceptation réelle du capitalisme mais par ce qu’ils ont l’impression que la gauche est le fait d’intellectuels ou d’artistes dont les préoccupations sont totalement déconnectées des leurs. On dirait aujourd’hui qu’une partie de ceux qui croient encore une révolution sociale possible veulent la faire sans le peuple dans sa totalité sous prétexte que celui-ci est conditionné par le marché, TF1 etc. Sans doute mais les militants sont-ils eux-mêmes à l’abri de cette propagande capitaliste ? À l’évidence non puisque leurs combats ne gênent en rien le marché. Aucune révolution n’est possible sans le peuple aussi conservateur ou apathique qu’il peut sembler. Vive l’anarchie et l’abstention bla, bla, bla…
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leslibertaires
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sur acrimed (intro ) : http://www.acrimed.org/article2924.html article entier Olivier Besancenot devant ses juges médiatiques Compromis inévitable (qui permet de
s’adresser à des millions de téléspectateurs) ou compromission
inacceptable (qui contribue à dépolitiser la politique) ? Le passage
d’Olivier Besancenot dans l’émission de divertissement du très
sarkozyste Michel Drucker relance le débat sur les rapports entre les
contestataires et l’ordre médiatique existant, auquel nous avons
plusieurs fois contribué ici même [ 1].
Parce qu’elle permet d’éclairer ce débat, la réception médiatique de la
prestation médiatique d’Olivier Besancenot, lors de l’émission
« Vivement Dimanche », animée par Michel Drucker sur France 2, le
samedi 11 mai 2008, mérite qu’on s’y arrête.
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leslibertaires
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Alcide le terme "libéralisme" peut il être entendu dans d'autres acceptations ( valeur du pluriel , du multiple , de la polysémie des mots et des concepts) ?
C'est le sens de notre recherche actuelle.
exemple typique d'article nul
"Le NPA, une gauche radicale comme nulle part ailleurs, promet Besancenot"
http://www.mediapart.fr Article de Stéphane Alliès.
Le dernier discours vient de se terminer à la tribune.
Les gens ont applaudi, puis se lèvent. Moment de flottement. Un coin de
salle lance alors "l’Internationale". Timidement, puis plus franchement
de plus en plus de poings se lèvent. Jusqu’à un refrain final repris
par deux gros tiers de l’assistance.
Si l’hymne révolutionnaire n’apparaît plus comme une
évidence dans les rangs d’une LCR en mutation, il n’a toutefois pas été
sacrifié sur l’autel du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). « C’est
vrai qu’on a un peu hésité à la chanter, mais le naturel de ce parti
reste finalement révolutionnaire », sourit François Sabado, l’une des
figures historiques d’une "Ligue" en cours de dissolution.
Ce week-end à la Plaine Saint-Denis, ils étaient huit
cents délégués à s’être réunis pour se rencontrer, débattre en
commissions (féminisme, écologie, processus, etc.) et se donner une
direction de transition jusqu’au congrès de fondation prévu en janvier.
Ou plutôt une « structure de coordination », car le mot "direction" est
presque tabou pour les responsables de la LCR, qui sont persuadés que
la crédibilité de leur entreprise passe par l’ouverture.
« La Ligue était minoritaire dans toutes les
commissions, et c’est ce qu’on voulait. Le contrat est plus que rempli.
Il y a une hétérogénéité politique et générationnelle incroyable. Et il
y a des vocabulaires différents pour souvent dire les mêmes choses,
assure l’ancien leader Alain Krivine. Par exemple, on parle de
travailleurs et certains nous disent qu’ils sont chômeurs. »
Son comparse Sabado ajoute : « Sur la Palestine, on est
tous sur la même ligne, sur l’islamisme il y a des divergences… Ce qui
compte, c’est d’être d’accord sur l’essentiel. On n’en est pas encore à
la synthèse générale des points de vue, mais tout le monde a la volonté
d’arriver à cette synthèse. Et puis on comprend l’aspiration des
"non-Ligue" à contrôler le processus. Il y a forcément un peu de
méfiance vis-à-vis de nous, c’est normal. On lève les malentendus s’il
y en a. Moi, par exemple, je suis intervenu en commission pour
expliquer ce qu’est la IVe Internationale… »
Ces "non-Ligue", ce sont ceux que Libération appelle
les "fans de Besancenot", convaincus par le discours et la présence
militante du dernier candidat à la présidentielle de la LCR. Lui arbore
un grand sourire et aura passé le week-end au milieu des "copains" et
des "camarades", soucieux de ne pas se mettre trop en avant et de la
jouer collectif.
Il aura parlé trois minutes, comme les autres, en se
présentant au micro comme « Olivier, du comité poste-Fedex ». Dimanche,
il tentait de tempérer son optimisme : « C’est un peu tôt pour parler
de réussite. Mais c’est un très bon rapport d’étape. Maintenant, ils
nous reste six mois d’engueulades et d’étincelles pour parvenir à se
mettre d’accord sur tout. Mais c’est quand même plus excitant qu’un
train-train militant à gérer. »
Soucieux « d’avancer par étape », Olivier Besancenot
vise « une dynamique boule de neige » et se dit certain « que bien
d’autres attendent encore de voir et pourraient nous rejoindre après le
congrès ».
Parité hommes-femmes et Ligue-"non-Ligue"
Le NPA aurait d’ores et déjà réunit « 9000 personnes,
de près ou de loin, depuis des anciens de LO jusqu’à des réformistes
radicaux », annonce François Sabado. Les ex-partenaires de la "gauche
de gauche" à l’époque du référendum européen sont toujours frileux face
à l’initiative trotskyste de recrutement par le bas. L’intellectuel
altermondialiste Raoul-Marc Jennar et Clémentine Autain, qui a
récemment signé l’appel de l’hebdomadaire Politis pour un rassemblement
sur le modèle allemand de Die Linke (qui rassemble des anciens du SPD
et des héritiers des communistes du PDS), étaient présents ce week-end.
Le premier est convaincu, et a conclu son intervention
d’un « notre parti » à la tribune. La seconde est intriguée et s’est
dit « frappée par l’enthousiasme et agréablement surprise par le nombre
important de jeunes ».
L’ancienne adjointe apparentée communiste de Bertrand
Delanoë reconnaît que « cette proposition politique n’existe pas
ailleurs, de la part des autres partis. Mais il reste une série de
questions sur le rapport au pouvoir qui ne me semblent pas tranchées.
Je comprends l’indépendance vis-à-vis du PS, mais il ne faut pas fuir
non plus les possibilités de créer les conditions d’une alternative
politique ».
Clémentine Autain souhaite que « l’ouverture de la
Ligue se fasse aussi vers les responsables des autres courants
politiques, et non pas seulement vers les "simples héros du
quotidien" ». Pour l’instant, l’ex-minorité de Lutte ouvrière (dite "la
fraction étincelle") et le groupe de la Gauche révolutionnaire ont tous
deux des représentants « observateurs » dans la « structure de
coordination ».
Multiplié par trois, l’effectif militant du parti en
gestation se répartit sur quasiment tout le territoire (« environ 400
comités, et seulement deux ou trois départements qui ne connaissent
pour l’instant aucune implantation »). Ces comités ont désigné en fin
de matinée dimanche un « comité d’animation », par consensus. Sur la
soixantaine de membres qui vont « coordonner la transition » jusqu’à
janvier, ils ne seront que 25 issus de la LCR.
Avec l’université d’été prévue en août (dont une bonne
partie du temps sera consacrée au NPA) et une réunion d’étape déjà
fixée à l’automne, le nouveau parti est en cours de structuration. Le
principe d’une carte d’adhésion de "membre fondateur" a été acté, afin
de « permettre de financer un peu nos participations aux luttes »,
explique la direction de la Ligue. Si le montant n’a pas encore été
décidé, « il devrait tourner autour de 10, 20 euros », explique Sabado.
Quant au nom de la nouvelle Ligue, il confie que, pour
l’instant, « ça oscille entre quelque chose autour de la gauche
révolutionnaire et un acronyme sur le modèle du syndicat SUD ». Olivier
Besancenot détaille la procédure : « Chaque comité fera des
propositions en janvier, et on organisera un vote pour trancher au
congrès. » Un congrès dont il assure ne pas vouloir « sortir en n°1. Il
y aura plusieurs porte-parole et une direction collective, paritaire
entre Ligue et "non-Ligue" et entre hommes et femmes. Et avec de
nouvelles têtes ».
De “Peugeot Mulhouse” à “Jeudi noir”
Parmi ces « nouvelles têtes », on retrouve Leïla, jeune
militante dans l’association parisienne Jeudi noir pour le logement, ou
Vincent Duse, quadragénaire responsable CGT chez Peugeot à Mulhouse.
Leïla a rejoint le NPA « en prenant la Ligue au pied de la lettre : ils
nous ont dit : "Le parti sera ce que vous voudrez bien en faire, créez
un comité et vous vous rendrez bien compte." Et on l’a fait. Pourtant,
je vous assure que je n’ai jamais lu Trotsky. Je respecte ces
idéologies, mais elles me dépassent complètement ».
Vincent, lui, est un syndicaliste qui avait déjà fondé
un « petit groupe politique, Union 68, qui regroupait des anciens de
LO, des inorganisés et des anciens anarchistes, et qui diffusait un
journal devant l’usine ».
L’initiative de la LCR et le charisme de Besancenot ont
fait le reste : « On était dans l’attente d’une telle structure et
c’est tombé pile-poil. Désormais, on est 150 "stabilisés" et on a 850
contacts. Beaucoup d’ouvriers, la majorité des cégétistes de "Peugeot
Mulhouse" sont au NPA. Mais aussi beaucoup d’immigrés, car on s’est
beaucoup investis dans les luttes contre les expulsions de
sans-papiers. Comme à l’usine avec le syndicat, on est un peu un parti
de services, qui fait beaucoup d’aide juridique. »
Quand il s’agit de s’exprimer sur le rapport à
entretenir avec le parti socialiste, Leïla et Vincent sont presque plus
critiques et radicaux qu’Olivier Besancenot. Elle « n’en peut plus du
PS qui ne fait rien ». Lui estime que « ceux qui font le jeu de la
droite sont ceux qui ne s’opposent plus à la droite ».
De son côté, Besancenot assure que « le NPA n’est pas
un parti contre le PS, mais contre la droite. Et nous, contrairement à
eux, on n’a pas créé une commission pour surveiller ce qu’ils font.
Nous, nous voulons une autre société et pas une société capitaliste. Ça
fait déjà une grosse différence ». Besancenot prépare un livre pour
faire le point sur l’expérience du NPA. Date de sortie prévue : le 17
novembre. Au lendemain du congrès socialiste.
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mecano
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Réflexions autour du Nouveau parti anticapitaliste
Il y a eu la chute du mur de Berlin et l’évanouissement des régimes communistes, il y a eu les chutes des tours à New York et le début de la guerre en Irak, tout cela sur fond de mondialisation et d’échec du marxisme-léninisme. En même temps, il y a eu l’émergence de manifestations géantes autour des G8, de mouvements sociaux revendicatifs, ouvriers ou étudiants, et même de luttes sociétales. Tous, sous des formes apparemment différentes, ont mis en œuvre des pratiques que l’on peut décrire comme libertaires à un moment ou à un autre, c’est-à-dire privilégiant l’auto-organisation et l’action directe. Si cette évolution réjouit les anarchistes, elle ouvre l’appétit à bien des généraux en mal de troupes. Une place de libre à gauche L’arrivée de Sarkozy au pouvoir a fait éclater une gauche qui ne s’était pas relevée de sa disqualification à la présidentielle de 2002, ni de son désarroi devant le référendum sur le Traité constitutionnel européen. La présidentielle de 2007, avec le « hold-up » de Royal sur le Parti socialiste, a fait éclater les structures politiques encore en place. L’appétit sarkozien assumé pour un pouvoir tous azimuts et le succès de sa tactique de débauchage ont eu pour conséquence de faire apparaître les organisations de gauche pour ce qu’elles étaient : des écuries de prétendants au pouvoir et seulement à cela. Elles sont toutes en faillite. Elles ne sont pas discréditées par leur incapacité de gérer le pays, mais par l’absence totale de différence fondamentale entre leur programme et le tsarkozisme. Le seul message que le PS et le PC comme les Verts sont désormais capables d’émettre est le suivant : « Gardons nos places à défaut d’en conquérir d’autres. » Il n’y a plus de programme politique, si tant est qu’il y en ait eu un. Une place traditionnelle, celle que l’on nomme « tribunicienne », longuement occupée par le PC dans le passé, est donc à prendre. Ce rôle est tenu aujourd’hui par la Ligue communiste révolutionnaire. Jamais elle n’a été aussi importante et avec autant de personnes capables de tenir des débats. Jamais un leader trotskiste n’a été aussi haut dans les sondages : Besancenot est actuellement la principale personnalité de gauche à passer dans les médias bourgeois ; il est dans ce contexte le politicien le plus féroce contre Sarkozy. La caractéristique fondamentale de la Ligue, c’est, à défaut d’être une organisation nouvelle, de rassembler un grand nombre de jeunes gens représentatifs d’une société où la classe ouvrière s’est diluée dans une multitude de sous-divisions sociologiques. Elle est en train de créer une « nouvelle orga » : le Nouveau Parti anticapitaliste pour affirmer cette image « jeune », « récente ». C’est l’une des clés de son succès. Elle devient de fait la référence visible pour tous ceux qui, venant du mouvement contre le CPE ou bien contre le référendum européen ou encore des grèves sans débouchés, cherchent une issue « constructive ». Un nouveau parti ? Le PS n’offrant plus de perspective transformatrice de la société, la LCR pense avoir un créneau dans la recomposition de la gauche : celui délaissé par un PC toujours en crise. Cette vision traditionnelle de la classe politique et une pratique autoritaire au sein de l’organisation sont en fait les seuls restes de sa référence au trotskisme. Pour le reste, elle vise à présenter un visage rénové à un public jeune qui n’a plus les références idéologiques des « anciens ». Les conséquences idéologiques sont la dilution de la contestation dans la référence « 100 % à gauche »; ce faisant, la LCR espère capter ceux et celles qui sont révoltés sans références idéologiques nettes. Dans ce cadre, le mot « libertaire » a la même fonction que « féministe » ou « écologiste » : il vise d’abord à rassembler autour du parti des pratiques qui existent de fait dans la société. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas ignorer les appels du pied répétés de Besancenot vers les anarchistes : ils sont évidents, et souvent explicites. La mise en avant de ses propres références libertaires, culturelles ou politiques (Louise Michel, les Béruriers noirs, etc.) s’accompagne de nets clins d’œil idéologiques. Il affirme ainsi la dimension individualiste comme déterminante dans sa propre réflexion ; Philippe Corcuff, qui est un des membres idéologiquement influents de la LCR aujourd’hui, ne cesse de mettre en avant l’héritage de Proudhon. Cela n’empêche pas la LCR de se référer aussi au Che, icône mondiale du modèle révolutionnaire. En oubliant de mentionner ses crimes, commis autant contre le peuple cubain que contre tous les autres révolutionnaires, dont les anarchistes. Pour créer cette nouvelle organisation, les dirigeants de la LCR n’ont pas hésité à solliciter Alternative libertaire qui s’en est tirée par une pirouette : d’accord pour créer un parti anticapitaliste mais non à l’électoralisme. Penser que cela pourrait être une opération sans lendemain serait ne pas voir la réalité. Cette démarche doit nous alerter. L’objectif de créer un « parti révolutionnaire » qui serait un creuset de toutes les sensibilités révolutionnaires, du marxisme à l’anarchisme, n’est pas nouveau. Ces rassemblements ne se sont guère soldés par des réussites jusqu’à maintenant, même si les raisons des échecs sont diverses. En revanche, ils se sont toujours accompagnés de la neutralisation et de l’affaiblissement des forces libertaires au bénéfice des autoritaires. Eux et nous S’il peut sembler exclu de voir ce NPA participer un jour au pouvoir national, rappelons-nous pourtant la participation formelle de la LCR aux pouvoirs régionaux. Malgré cela, on peut s’attendre à ce que le slogan « Autogestion ! » redevienne d’actualité, de la même façon que les revendications écologistes sont devenues des mots d’ordre du capitalisme moderne. En effet, comment le capital ne souhaiterait-il pas avoir des ouvriers, des techniciens et des employés qui assumeraient volontairement sa loi d’airain ? Quand Philippe Corcuff cite Proudhon, il le fait dans le cadre d’un concept politique qu’il baptise du nom de « social-démocratie libertaire ». Quand Daniel Bensaïd, autre mentor de la LCR, critique les positions de John Holloway, il dénonce en fait les conceptions antiétatistes libertaires. Il les qualifie de « fétichisme » ou « d’illusion symétrique » au socialisme étatique et dont « les ultimes conséquence seraient ce paradoxe libertaire de l’individualité absolue dressée contre "la tyrannie de l’entraide" et contre toute forme d’organisation collective ». On touche alors du doigt ce qui fait notre singularité. Nous ne sommes pas anticapitalistes ou antifascistes ou anti quoi que ce soit, nous sommes anarchistes ! Si nous nous élevons contre l’exploitation économique, nous n’oublions pas non plus de dénoncer la domination étatique. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire qu’il suffirait de ne plus avoir de patrons pour ne plus avoir d’Etat. Car, au fond, ce que pensent ces nouveaux généraux en quête d’armée, c’est qu’il faut conquérir l’Etat pour se défaire du capitalisme. C’est le retour de la vieille illusion qui, de Lénine à Mitterrand en passant par Castro ou Chavez, n’en finit pas d’accumuler les démentis et, plus grave, de discréditer l’idée même d’un changement social. Nous sommes d’accord avec les dirigeants de ce futur parti : la conquête de l’Etat nécessite une organisation structurée efficace et disciplinée ! Mais ce sera sans nous. Les anarchistes ont payé par le passé un trop lourd tribut à ce genre de conception pour s’y fourvoyer. Les divergences entre la LCR et les anarchistes ne sont donc pas seulement idéologiques ; elles se retrouvent dans les finalités mêmes des combats où nous sommes souvent amenés à côtoyer les militants trotskistes. Notre démarche y est résolument tournée vers l’autonomie des individus et l’autogestion des mouvements sociaux en lutte. Nous ne voulons pas de parti qui parle et agit en notre nom, pour mieux institutionnaliser nos aspirations, dans des mécanismes dont la seule fonction est de gérer l’intolérable capitaliste et étatique. En outre, nous savons le prix des trahisons et des renoncements politiques autant que syndicaux. C’est bien pour cela aussi que les stratégies de prise de pouvoir nous laissent froids, car l’essentiel est ailleurs : il est de réhabiliter l’idée, le projet et les pratiques révolutionnaires, de faire naître et durer les oppositions aux capitalistes et aux gestionnaires de l’Etat et de ses rouages, de fédérer les secteurs de la société qui sont en lutte, à partir de modalités porteuses d’émancipation individuelle et collective, pour aujourd’hui et pour demain. Et, surtout, loin des écuries électorales. En conclusion Nous pensons que la rupture ne peut arriver que par l’auto-organisation des luttes. Pour cela, il faut chercher et construire des alternatives autogestionnaires. Celles-ci doivent être anticapitalistes et tendre à nous émanciper des tutelles institutionnelles qui, sous le manteau de la social-démocratie, participent à la gestion d’un système qui ne profite qu’aux puissants et à leurs complices. Les anarchistes ont été et sont toujours acteurs de ces alternatives dans les champs syndical, culturel, pédagogique, féministe, associatif, écologique. Nous continuerons à rencontrer dans ces diverses luttes des militants du futur NPA – s’il voit le jour – quand ils ne seront pas, malheureusement, accaparés par des tâches politiciennes. Et si nous ne devons pas faire l’économie d’un examen critique de nos cultures, de nos organisations, de nos pratiques, de nos partenariats, etc., il est certain que nous ne gaspillerons pas nos efforts à construire le NPA.
Publié dans l'hebdomadaire de la Fédération anarchiste le Monde libertaire n°1506 du 28 février 2008
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libertad
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Tout à fait d'acord avec ton analyse Mecano mais je crois aussi qu'il ne faut pas faire l'impasse sur nos propres responsabilités en tant que courant anarchiste. Si l'opération politique de la LCR a des chances de réussir c'est en grand partie par notre incapacité comme courant politique à offrir une alternative anarchiste pour aujourd'hui. Je veux dire qu'il n'est plus possible de se contenter de nous référer à nos grands penseurs à notre glorieuse histoire et à tous nos acquis car cette carence ne peut simplement nous amener qu'une vague sympathie ( ce qui est le cas aujourd'hui ) que d'autres tenteront de récupérer et cette sympathie ne fait pas une alterntive. Il faut dresser un constat lucide de la situation du courant anarchiste : - une ossification sur des courants et des orgas qui n'ont plus aucune raison d'être par rapport à la situation politique et économique, basées sur des divergences idéologiques dépassées ne servant qu'à justifier des querelles de boutiques et de petits espaces de pouvoir ( "nous sommes mieux que les autres" ) - une statégie politique remontant à l'échec de 68 ( échec non analysé ce qui fait que nous persistons dans l'erreur ) qui fait des luttes sociales le coeur de l'action politique alors même que la période démontre amplement que les luttes sociales ne sont au mieux que réformistes et n'apportent rien question alternative politique. Il faut en finir avec le suivisme vis à vis de luttes qui seraient censées monter jusque la grève générale et la révolution, ce scénario ayant été démenti à chaque fois par la réalité -construire une alternative économique en théorie déjà, on ne peut ressasser Proudhon sans l'actualiser, faire des alternatives éconmiques le coeur de notre action politique ce qui voudra dire d'accepter de mettre ses mains dans le cambouis, comme Proudhon qui avait tenté de créer sa Banque du peuple. -réfléchir sur notre inacapacité à traduire politiquement certains mouvements sociaux comme celui des banlieues dont nous sommes pourtant logiquement le débouché polique naturel. La LCR ne croît que sur nos faiblesses, elle va prendre la place du PC et laisser aussi un espace libre celui des révolutionnaires qui ne passent pas de compromis avec l'Etat. A nous de nous saisir de cette opportunité. Mais ce n'est pas avec des salons du livre et autres manifestations culturelles que nous obtiendront autre chose que de la sympathie.Et la symathie c'est bon pour l'estime mais ce n'est pas de cette façon qu'on changera la société.
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PatrickMignard
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Tout à fait d'accord avec toi Libertad ! ! ! !
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leslibertaires
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ROUILLAN Y VA
Besoin d’orga ? Envie d’orga ? « Il vaut mieux un mauvais parti que pas de
parti du tout. » C’est en citant Rosa Luxemburg que Jann-Marc Rouillan
assume publiquement son ralliement au NPA. « Vu la décomposition des
forces de résistance, je pense qu’il y a là un espoir pour plein de gens qui
en ont marre de vivre sans instrument de lutte. » L’ex-d’Action directe a vraiment
l’air emballé. D’autant qu’en causant avec le camarade Olivier, il a
été « surpris par ses positions vraiment à gauche, alors qu’on pouvait s’attendre
à un discours un peu béni oui-oui ».Même pas un peu de méfiance
vis-à-vis d’une O.P.A. trostkarde ? « Je pense que la Ligue va exploser et que
ce n’est pas une magouille de leur part. C’est moi qui suis allé vers eux, j’ai
été reçu très simplement. C’est quand même assez courageux de leur part
d’accepter un mec dans ma situation judiciaire, puisque je suis tenu à ne pas
faire de politique. Et puis, je ne suis pas sectaire non plus, la preuve j’ai même
écrit pour CQFD ! » Bon ben tu nous raconteras hein…
Publié dans CQFD n°57, juin 2008. par ? Anatole Istria
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satya
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C’est quand même assez courageux de leur part
d’accepter un mec dans ma situation judiciaire, puisque je suis tenu à ne pas
faire de politique
j'en avais entendu parler et je n'avais pas voulu le croire justement parce qu'il risque le retour direct en prison vu la condition (entre autres) de ne pas faire de politique.... or dans l'une de ses interview il exprimait qu'il resterait volontiers plus dehors et avait fait de l'humour sur les 35 heures. cela me surprend et franchement je ne vois pas en quoi ce serait courageux de la part du parti quui ne risque absolument rien, il serait le seul à trinquer! le futur nous dira ce qu'il en est vraiment.
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leslibertaires
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Je réécris ton nom, libertaire
Lu sur Indymédia Paris :
"L'analyse de l'OPA (Opération pirate sur les anarchistes) de la LCR,
présentée ici, s'inscrit dans le propos plus large d'un ouvrage paru
aux éditions Paris-Méditerranée (Coll. « Les Pieds dans le plat ») : Je
réécris ton nom, Révolution. Le « petit facteur »
de la LCR n'aura pas eu besoin qu'on le sonne deux fois pour annoncer
la bonne nouvelle : Le libertaire nouveau est arrivé ! Les prospectus
qu'il distribuait, entre les deux tours des présidentielles, au
printemps 2002, semblaient pourtant la contredire : Aux urnes, à
nouveau, citoyens ! Il faut bouter Le Pen hors des murs de la
République ! L'isoloir serait-il devenu un passage obligé pour tout
libertaire qui se respecte ? Tel était, en tout cas, le message urgent
qu'Olivier Besancenot avait à faire passer, avec l'aide empressée de
médias soudainement intéressés, à l'issue d'une tournée des calendriers
électoraux pendant laquelle il lui fut donné de sentir d'où viendrait
le vent pour les prochaines consultations. En
fait de vent, il s'agit tout simplement de revivifier d'un « souffle
libertaire » le marxisme révolutionnaire, comme nous l'apprend le
dernier numéro de Contretemps, revue théorique de la LCR.1 Un
changement de cap idéologique périlleux, si l'on songe au passé - pour
ne rien dire du présent - de cette organisation. Aussi le pilotage du
numéro a-t-il été confié à deux barreurs hors pair : Philippe Corcuff
et Michaël Löwy. Sociologue, politologue et
surtout idéologue tout terrain, le premier nous inflige comme à
l'accoutumée, mais cette fois aux dépens de Rosa Luxemburg, un laïus
sans consistance truffé de falsifications où il donne libre cours à son
penchant pour les mésalliances de mots les plus déconcertantes et prend
assez de libertés avec l'histoire pour nous faire oublier pourquoi Rosa
et ses camarades finirent par ne voir dans la social-démocratie qu'un
« cadavre puant » qu'aucun artifice langagier ne pourrait rendre à la
vie. Ainsi en profite-t-il pour nous resservir l'une de ses trouvailles
préférées : le « concept » - terme à prendre ici non dans son acception
théorique, mais au sens que lui ont donné les publicitaires - de
« social-démocratie libertaire ». Second pilote à
la manœuvre, Michaël Löwy, directeur de recherche médaillé du CNRS et
directeur de conscience écouté parmi les adeptes du marxisme lénifiant,
se pose en héritier présomptif et surtout présomptueux du mouvement
surréaliste pour nous saouler de sa rhétorique sur l'« ivresse
libertaire » de Walter Benjamin érigé en maître à tout penser. Une
manière comme une autre de montrer que la LCR aurait définitivement
rompu avec l'avant-gardisme, l'autoritarisme et le dogmatisme que des
esprits aussi chagrins que mal informés persistent à lui imputer. Pour
prouver que la page d'un certain trotskisme est définitivement tournée,
nos experts en détournement n'y sont pas allés de main morte. Le numéro
de Contretemps s'ouvre, en effet, sur un scoop de taille : rien moins
que la naissance d'une « première Internationale au xxie siècle », une
fois dépassées les « vieilles querelles » entre marxistes et
libertaires. Exit, donc, la IVe Internationale dont la LCR attestait la
survivance en France. Il est vrai que son nouveau porte-parole avait
déjà révélé au Monde qu'avant de devenir trotskiste, il avait été
« libertaire ». Et qu'il le serait, par la suite, plus ou moins resté.
Libertaire, donc, Alain Krivine qui, au soir des élections européennes
de 1999, s'écriait avec enthousiasme, en apprenant qu'il avait gagné
son ticket d'entrée au parlement de Strasbourg : « On a des élus, c'est
le plus important. »2 L'important, pour les rénovateurs trotskistes, ce
n'est plus le rouge ni même l'orange qui l'a remplacé sur leurs
nouvelles bannières : c'est la couleur des sièges dans lesquels ils
allaient pouvoir enfin se caler, à Strasbourg ou ailleurs. Libertaires,
le sont, d'une façon plus générale, avec Besancenot, Bensaïd et
consorts, toutes les girouettes que leur sensibilité aux trous d'air
électoraux pousse à « coller à l'air du temps contestataire », comme le
dit si bien Libération qui, à défaut de toujours savoir de quoi il
parle, sait à qui il a affaire avec les apparatchiks de la Ligue et ses
penseurs attitrés. « Changer le monde sans
prendre le pouvoir ? » Sous son allure de sentence faussement
interrogative, le titre aguicheur de la revue Contretemps est des plus
trompeurs. Car prendre le pouvoir, c'est avoir le pouvoir de changer le
monde, et y renoncer revient à le laisser à ceux qui le possèdent déjà.
On l'aura pressenti : ce « souffle libertaire » qui émane sans prévenir
de la LCR va surtout permettre à la bourgeoisie mondialisée de
souffler. Le social-opportunisme De
la part de tous ces néo- ou post-trotskistes spécialistes de l'entrisme
à tous crins, le sort - et le tort - qu'ils font maintenant subir au
mot « libertaire » n'a rien qui doive étonner. Encore faut-il, pour
s'en convaincre, rappeler d'où il vient. Déjà connu après la Commune
dans les milieux antiautoritaires, ce néologisme est né à la fin des
années 1850 de la plume acide d'un anarchiste, Joseph Déjacque, qui
n'eut de cesse de clouer au pilori les compromis et les compromissions
de la petite-bourgeoisie républicaine de l'époque.3 Elle avait mené le
mouvement révolutionnaire à une série de défaites et nourrissait un
respect viscéral pour toutes les procédures de la démocratie
parlementaire qui faisait alors ses premières armes en désarmant tous
ceux qui opposaient au culte de la légalité bourgeoise l'aspiration à
une lutte et à des formes d'organisation nées au sein du peuple même.
Au « crétinisme parlementaire », indissociable des pratiques
opportunistes de la social-démocratie, s'est donc tout aussitôt opposée
la pensée libertaire qui dénie aux délégués élus le pouvoir d'user et
d'abuser de l'autorité qui leur est conférée par le vote. Et si le
« libertaire » mettait plutôt l'accent sur la dimension individuelle de
la révolte, l'anarchie, issue parallèlement du mouvement ouvrier,
l'associait à une idée d'organisation collective autonome refusant
toute professionnalisation de la politique et, a fortiori, le rôle et
le règne des révolutionnaires professionnels. Ce sont donc toutes les
formes de la démocratie représentative qui, dès l'origine, seront
implicitement et explicitement prises sous le feu de la critique. Parole
de Besancenot : « Pour nous, l'erreur des bolcheviks, c'est d'avoir
sous-estimé la question démocratique [...]. Nous sommes évidemment pour
le pluralisme. »4 « Nous », c'est évidemment la minibureaucratie de la
Ligue qui, après avoir réussi à se faire une place « à gauche de la
gauche » comme supplétive de la « gauche plurielle », découvre qu'elle
peut damer le pion au PCF et jouer sa partition dans le concert des
grands. Reconnue et réévaluée dans ce contexte, la « question
démocratique » n'est autre que celle que l'on soumet d'ordinaire aux
étudiants de première année de Sciences Po et à laquelle ont déjà
répondu par avance, depuis des décennies, tous les propagateurs de
lieux communs sur les bienfaits de l'ordre politique bourgeois. Une
réponse qui rejette toute idée d'action révolutionnaire des dominés
contre cet ordre, comme non démocratique parce que relevant d'une
conception « totalitaire » et, depuis le 11 septembre 2001,
« terroriste » de la transformation de la société. On
peut, de la sorte, sous couvert de se libérer des « pesanteurs
idéologiques », se débarrasser tranquillement de tous les principes
révolutionnaires gênants, tout en conservant le principe d'autorité du
bolchevisme et de la social-démocratie, inhérent à des appareils dont
la structure et le fonctionnement sont calqués sur le modèle étatique.
On comprend, dès lors, qu'Edwy Plenel, journaliste d'investigation
policière toujours prêt à accueillir ses anciens camarades de promotion
trotskiste dans les colonnes du Monde, ait lui aussi découvert « ce
passage vers une pensée de liberté, vers une idée libertaire de
démocratie ». Pour dissimuler le sens de leur
adhésion au pluripartisme et aux « élections libres », c'est-à-dire à
la démocratie de marché, les néo-trotskistes se doivent de dévoiler ce
qui aurait été oublié par leurs prédécesseurs, à savoir la dimension
subjective de l'individu et son irréductible altérité, de traquer
l'aliénation dans tous les domaines du quotidien, de suggérer que les
combats des féministes et des écologistes transcendent les luttes de
classes - toutes choses qui auraient été mises sous le boisseau par le
marxisme qu'ils professaient la veille, quand ils assénaient leur
pédante leçon de matérialisme aux analphabètes de toutes confessions,
anarchistes, conseillistes et autres « basistes » saisis par le
« spontanéisme ». De même leur faut-il intégrer le possible,
l'aléatoire, l'utopique et, pourquoi pas pendant qu'on y est, le rêve,
la mélancolie et le prophétique dans leur conception de l'histoire, car
ils veulent désormais échapper au déterminisme, voire au fatalisme,
dont ils auraient été victimes bien malgré eux. Dans
ces conditions, le sénateur « socialiste » Henri Weber, ex-dirigeant de
la Ligue devenu bras droit (ou gauche) de Laurent Fabius était en droit
de demander, toujours dans les pages du Monde, à ses anciens camarades
ce que le « révisionniste » Eduard Bernstein réclamait jadis de la
social-démocratie : qu'elle « ose paraître ce qu'elle est », et qu'elle
devait si bien montrer avec son ralliement à « l'union sacrée », en
14-18. Que les soi-disant communistes révolutionnaires de la LCR, donc,
osent enfin paraître à leur tour pour ce qu'ils sont, malgré leurs
dénégations : « des réformistes de gauche, à peine plus radicaux » que
des renégats qui ont simplement poussé plus loin, et plus tôt,
l'abandon de leurs positions d'antan, tels Julien Dray, Jean-Luc
Mélenchon ou l'inspecteur du travail Gérard Filoche. Henri
Weber, en vérité, devrait plutôt prier pour que son souhait reste un
vœu pieux, car afin qu'il puisse sans crainte paraître lui-même pour ce
qu'il est effectivement devenu, un réformateur bon teint, c'est-à-dire
rose pâle, il est préférable que les néo-trotskistes continuent de
passer pour ce qu'ils ne sont plus : des « rouges ». Inviter la LCR à
se dépouiller de son label d'extrême gauche, comme elle l'a d'ailleurs
déjà fait en se revendiquant « 100 % à gauche », n'est-ce pas courir le
risque, pour Henri Weber et les politiciens de son acabit, de se
retrouver, du coup, catalogués à l'extrême centre, tout près du
« libéral-libertaire » Daniel Cohn-Bendit et non loin du libéral tout
court François Bayrou ? C'est pour ne pas avoir à
rendre publique leur propre dérive dans ce glissement général vers la
droite que les fins stratèges de la LCR ont encouragé l'un de leurs
idéologues maison à mixer la social-démocratie avec l'esprit libertaire
afin d'en extraire un « concept » aussitôt mis sur orbite médiatique,
grâce à leurs multiples accointances avec cette presse qu'ils ont cessé
de qualifier de bourgeoise. Sous peine de finir par être confondu avec
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à 22:09