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![]() L'infanticide en série : un crime politiquement correct ?
L'actualité récente des faits divers concernant plusieurs infanticides en série, montre le traitement différent de la société face au crime selon que l'on soit homme ou femme. L'infanticide est d'ailleurs devenu un crime invisible puisqu'il a disparu du code pénal. On parle aujourd'hui d'« homicide aggravé sur mineur de moins de quinze ans ». La société en effet, juge l'infanticide comme le crime d'une victime, l'un des arguments principaux pour l'excuser, étant de dire que les femmes infanticides considèrent le bébé non comme un être humain mais comme un objet. On pourra s'étonner qu'un tel argument puisse être retenu à la décharge d'une femme, on n'ose imaginer que l'on puisse faire de même, à la décharge d'un homme dans le cas d'un crime "passionnel", argument qui serait, à juste titre rejeté. Justifier le crime "passionnel" par le fait que la femme ne serait plus que "l'objet" de la passion et non un être humain sera retenu à charge contre l'homme, le nouveau-né devenu objet et non être humain, sera retenu à décharge de la femme. C'est ce que l'on peut appeller une différence de traitement selon le sexe. Dernier
sujet d'étonnement : le fait que l'infanticide soit politiquement
correct et invisible en France et soudainement sexocide et scandaleux
lorsqu'il se passe en Asie et concerne les filles uniquement. Ainsi des campagnes de protestation s'élèvent pour stigmatiser l'infanticide féminin dans certains pays exotiques mais nulle voix ne s'élève, ici, pour dénoncer le silence sur ce qui se passe chez nous. Comme quoi infanticide de bébés masculins et féminins n'ont pas le même poids. Il est vrai qu'en France l'ampleur du phénomène n'est pas comparable et que les infanticides concernent filles et garçons. Mais avant de donner des leçons et de s'indigner à bon compte et sans frais, ne vaudrait-il pas mieux balayer devant sa porte ? On constate que selon le sexe du criminel, les circonstances atténuantes sont acquises quoi qu'il arrive et refusées d'emblée dans l'autre cas. Crime de "victime" d'un côté, crime de "dominant" de l'autre, sans s'interroger un instant sur la capacité de défense du nourrisson comparée à celle d'une adulte que l'on affuble, du statut "d'éternelle victime". Loin de réclamer la répression, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui ( c'est à l'antipode de nos conceptions anarchistes ), cette différence de traitement est l'occasion de réfléchir sur le sexisme caché de notre société, au-delà des apparences : le droit de vie et de mort du Pater familias sur ses enfants a changé de main, le premier était l'apanage du patriarcat triomphant. Le droit de vie et de mort sur les nourrissons, serait-il le symptôme d'une forme de domination encore aujourd'hui invisible mais déjà réelle puisqu'elle peut en prendre les pires caractéristiques ? L'infanticide du passé avait l'excuse de l'avortement et de la contraception interdits. De quelle légitimité peut-il se prévaloir aujourd'hui, sinon celui de la force pure du droit de vie et de mort ? Libertad A lire, pour compléter l'information sur le sujet : Infanticides en série : étrange clémence des décisions judiciaires Mis en ligne par libertad, le Vendredi 19 Octobre 2007, 18:01 dans la rubrique "Le privé est politique".
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