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![]() L'ETAT LIBERAL
--> Matière à réflexion
L’expression semble être contradictoire dans ses termes… pourtant, paradoxalement la présence de l’Etat, dans ses fonctions régaliennes, se fait de plus en plus pressante alors que les libéraux nous annoncent de moins et moins d’Etat. Alors ? En fait, ce problème renvoie à la nature de l’Etat. L’ETAT EST-IL NEUTRE ? Disons le tout de suite : non, mais les apparences sont trompeuses. D’ailleurs l’Etat joue sur ces apparences pour paraître autrement que ce qu’il est en réalité. Un système économique est une organisation sociale issue de rapports de forces, de conflits de pouvoirs et d’intérêts, fondé sur des valeurs, des règles, des lois imposées par ceux qui ont, à un moment donné, imposé leur domination. L’Etat est l’instrument de la cohésion à défaut de cohérence de cet édifice social. A ce titre il n’est bien évidemment pas neutre. Il représente l’intérêt du groupe dominant, c'est-à-dire celui qui détient les moyens de vie, les moyens qui permettent aux hommes et aux femmes de physiquement exister. Aujourd’hui l’Etat est le garant de l’existence d’un système social particulier, le salariat, il a pour cela des règles, des lois qu’il entend faire respecter. Il est totalement exclu pour lui de les remettre en question et toutes les solutions qu’il propose pour résoudre les conflits (économiques comme politiques) ne peuvent se concevoir que dans le cadre du système qu’il représente et garanti. Ceci explique que rien ne change et rien ne peut changer, même si à la tête de l’Etat on change le personnel. Qu’est ce que le libéralisme ? Pourtant, les conditions historiques et géographiques du développement de ce système ont fait que ce principe de liberté a subi des aléas :
- le développement concurrentiel des « capitaux locaux » dans le cadre de l’Etat-nation a imposé des règles pour sauvegarder les intérêts nationaux de ces capitaux. - les conflits nés du salariat ont imposé des limites, des réglementations pour les désamorcer et sauver l’essentiel : le système. … LIBERALISME DE L’ETAT
- comment expliquer la démission progressive de l’Etat au profit des exigences du capital aujourd’hui largement mondialisé ? - comment expliquer que les Etats acceptent, dans le cadre de l’OMC, la déréglementation progressive des économies ?
Le capital n’a aujourd’hui plus besoin de béquilles institutionnelles qui puissent garantir ses intérêts – la seule chose dont il ai besoin c’est d’un « Etat gendarme », c'est-à-dire d’une institution qui garantisse par la force la soumission de la « force de travail » à ses intérêts – l’Etat devient, ce qu’il a d’ailleurs toujours été, mais sous des formes plus sociales – le gardien du système marchand. VIA L’ETAT, POINT DE SALUT Le recours à l’Etat comme éventuel arbitre ou régulateur est donc aujourd’hui extrêmement problématique. Les salariés veulent aujourd’hui faire jouer à l’Etat un rôle qu’il ne veut plus jouer… C’est ce qui explique l’impression d’abandon, de trahison, d’incompétence dans l’esprit des citoyens à l’égard d’un Etat qui n’agit plus dans le sens de leurs intérêts. Encore faut-il comprendre que l’Etat n’a jamais joué fondamentalement que dans le sens des intérêts du capital et que, quand ces derniers coïncidaient avec les intérêts immédiats des salariés, l’illusion était parfaite. Mis en ligne par Patrick Mignard, le Samedi 20 Mai 2006, 12:19 dans la rubrique "Pour comprendre".
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