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![]() Je suis partie comme un prince, mais sans un sous !
--> La France, pays des droits de l'homme...
Bonjour camarades !
Juste quelques lignes suite à tout ce qui à déjà été soulevé sur un sujet tabou en France : les correspondants locaux de presse, existent-ils vraiment ? Et bien moi, je peux vous dire OUI ils existent ! Ils existent pour mettre en valeur un secteur, pour prendre en photo des petits élus locaux, avide de pouvoir comme ceux que l'on voit à la télé, ils existent pour les associations, ils existent pour couvrir et enquêter sur des sujets litigieux, faire gagner du fric au journal en augmantant les ventes des jouraux, en évitant à un journaliste salarié de se déplacer... J'ai travaillé durant 2 ans dans un quotidien (le plus gros) en Haute-Savoie, j'ai traité tout les sujets, accidents, politique... J'ai vu les vieux journalistes (ceux qui faisaient leur travail avec conviction) se faire pousser dehors, pour être remplacés par des cons de journalistes ressemblant plus à des petits cadres ambitieux, qu'à autre chose. Et nous pauvres correspondants de Merde, poussés à bosser deux fois plus, sans que personne n'en n'ai rien à faire de nos conditions de travail, puisque ce n'est pas un travail.... Sans que personne n'en ai rien à faire des problèmes rencontrés dans notre vie privée dû à notre poste de jouraliste. Oui de journaliste, c'est ce que nous sommes, nous aussi. Sur le terrain, les gens rencontrés ne font pas la différence, certains pensent même que nous gagnons beaucoup d'argent. Que tout ce qui passe ou ne passe pas dans le journal est sous notre responsabilité... Pour ma part, j'ai supporté beaucoup de choses, croyant qu'un jour peut-être mon statut évoluerait. Très vite j'ai compris que ce ne serait jamais le cas, j'ai quand même poursuivi prise dans l'engrenage de l'écriture et pour mettre du beurre dans les épinards aussi. Un jour, la semaine dernière, un maire de mon secteur (10 communes) a téléphoné au journal pour dire son désaccord sur un article paru un mois auparavant. Le chef de rédaction me demande de me rendre à la rédaction pour discuter de plusieurs points qui n'allaient pas. Tout ça pour m'annoncer que ce maire ne voulait plus me voir sur sa commune et donc qu'il avait chosi un ami à lui (adjoint au maire d'une autre commune) pour me remplacer... La rédaction accepte. Mais il y a pire, dans une commune hors de mon secteur c'est le maire qui est aussi correspondant pour sa commune ! Et vive la démocratie ! Donc le mieux c'est que les élus fassent eux-même ce job, qu'ils s'éclatent entre eux. Lorsque j'ai souligné que mon statut non protégé était un problème, que j'avais déjà prouvé ce que je savais faire, que le journal était plutôt satisfait de mes reportages et que je ne pouvais continuer si le journal ne me soutenait pas. Le chef de rédaction m'a dit de laisser tomber cette commune, de continuer à me concentrer sur des articles comme je savais les faire (articles de fond) et si cela me posait des problèmes dans ma vie privée et bien qu'il suffirait que je fasse l'enquête et que je donne les infos à la rédactions qui ferait intervenir un journaliste au dernier moment. Ainsi personne ne me soupçonnerait et le papier sortirait quand même. Et mais il m'a pris pour une espionne ce con ! C'est de nouveau le temps de la collaboration ou quoi ???? Bref ce que j'ai trouvé de mieux à faire c'est de partir du jour au lendemain, pas de contrat de travail, pas de préavis... J'ai écouté les conseils de mon père, qui a connu la dictature dans son pays, il me disait sans arrêt d'envoyer chier ces exploiteurs, que le temps du fascisme c'est du passé... Moi j'étais contente de voir mon nom marqué en bas des articles, mon père lui me disait, "s'ils veulent ton nom, qu'ils payent pour ça"... A part ça mon expérience ressemble à toutes les autres, il faut presser le citron jusqu'à la dernière goutte... Je suis partie avant. J'espère qu'un jour ce statut changera, pour cela il faudrait que nous tous refusions de servir ce capitalisme sauvage, que tous fassent comme moi. Ceux qu'ils exploitent le plus, sont souvent ceux qui ont du talent pour ce métier. Ce n'est pas donné à tout le monde et ils auront du mal à nous remplacer. Beaucoup ne peuvent assurer un secteur de 10 communes, sans refuser de couvrir, allant sur le terrain... C'est la seule solution, les manifestations ne fonctionnent plus, alerter les médias est impossible, reste le "je m'en vais comme un prince". De toute façon nous n'avons rien à perdre... C'est une idée, qui peut marcher. En tout cas, attention aux nouveaux sur la liste, ne marchez pas dans la combine. C'est partout pareil, plus d'évolution possible, nous somme condamnés à rester pauvre. Faire un travail intellectuel, mais rester pauvre. Une femme de ménage gagne plus que nous ! Alors les nouveaux ne vous laissez pas embarquer dans ce système qui vous prend de plus en plus de temps, sans vous rendre quoi que ce soit... Mis en ligne par conlocpress, le Dimanche 21 Juin 2009, 00:03 dans la rubrique "Social".
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à 10:37