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Individualiste : fuir les villes ??
L’une des réputations de l’anarchiste également, est celui d’un naturiste (dans les deux sens possibles de la définition), d’un tempérament campagnard né et j’ai lu dernièrement sur le site de l’En Dehors (hors journal) que « l’anarchiste individualiste fuit les grandes agglomérations urbaines ». Là aussi, je dois dire, je suis l’exception sur toute la ligne, fuyant plutôt les campagnes et pour cause ! Si l’indépendance et la tranquillité sont les caractéristiques par excellence de l’individualiste, étant une revendication, elles dépendent forcément premièrement de sa volonté avant les conditions de leur mise en œuvre et on peut demeurer replié sur soi parmi des milliers de personnes comme totalement socialisé au milieu d’une dizaine. Et il est communément reconnu en France que c’est précisément sur les petites communes qu’il est le plus difficile d’avoir une vie privée. Et ceci paraît logique : il est beaucoup plus facile de se mêler des oignons des autres là où ils sont 4000 que là où ils sont 200000. Question mentalité aussi, c’est quand même très différent, les campagnes sont réputées être le siège du conservatisme par excellence (la grande majorité de nos sénateurs sont des ruraux, c’est pour cette raison que les progressistes de pouvoir réclament la suppression du Sénat !), du catholicisme traditionaliste et les plus sincères en la matière étant rarement ceux qui affirment l’être, les églises rurales s’avèrent souvent plus être des boîtes à commérages que de véritables lieux de prière ! (rien de nouveau sous le soleil, les « vendeurs du temple » de l’époque du Christ existent toujours, sous d’autres formes !) Ce n’est pas mon vécu personnel qui me fera affirmer le contraire. Ayant habité les 25 premières années de ma vie sur une commune de 5500 habitants, j’ai été à la fois témoin et victime de l’assujettissement constant de ma famille à la langue des gens et à leur ingérence dans nos affaires privées. Jusqu’à la voisine d’en face qui a mis son nez dans la vie de couple de mes grands-parents (déjà en échec, elle l’a achevée, ayant provoqué la séparation qui sans cette ingérence extérieure n’aurait jamais eu lieu !) et s’est occupé de donner des conseils pour mon éducation ! Quant à moi personnellement, le jour où mon handicap n’a plus fait aucun doute et que mes différences choisies se sont clairement affirmées, je suis devenue un sujet de moquerie collective pour toute la commune. Entre vingt et vingt-cinq ans, je ne pouvais plus sortir de l’appartement sans que quelqu’un me demande si j’avais trouvé un emploi (l’expérience de la vie des gens plus âgés que moi de ma famille m’a assuré que c’était de la curiosité de leur part, non de l’amitié) sans nullement se soucier si à force d’accumulation d’échecs en la matière, il peut devenir difficile et humiliant d’en parler. Je sais bien que tout ceci est en totale contradiction avec ceux d’entre nous partisans de la communauté. Chacun ses opinions et ses désirs. Qu’ils n’oublient simplement pas un détail très important : la vie communautaire anarchiste doit être « volontaire », non imposée ! Outre cette volonté de fuir l’ingérence des autres dans la vie privée de l’individu, ayons aussi l’honnêteté d’admettre que la campagne n’est pas non plus forcément le lieu idéal pour vivre pleinement une vie d’anar. Question investissement culturel notamment, c’est plutôt le désert ! Juste à titre d’exemple parmi d'autres, imaginez un moment Radio Libertaire implantée en campagne ! Toutes ses initiatives depuis sa création auraient-elles pu voir le jour : cabaret alternatif, galas organisés… ? Car on n’exproprie pas des habitants de leur maison pour créer des lieux culturels faute de foncier disponible (attitude plutôt stalinienne !), toutes les communes rurales ne disposent pas d’une salle des fêtes pour accueillir un concert et il faut que l’artiste invité accepte d’y venir. Bien entendu toutes les réalités que je décris ici valent essentiellement en société archiste démocratique. Dans la future société anarchiste, il en sera peut-être autrement sous réserve de mentalités relationnelles radicalement différentes et d’une volonté majoritaire de mettre en place un aménagement du territoire radicalement différent, avec des communes alliant aspects ruraux et urbains.
tetatutelle
Mis en ligne par tetatutelle, le Mardi 10 Avril 2007, 18:22 dans la rubrique "Pour comprendre".
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Commentaires :
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Sator
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Bonjour tetatutelle,
à te lire, j'ai l'impression que l'anarchiste passe son temps à se mêler à la foule afin de se complaire dans la relative sécurité de l'anonymat, dans un mode de vie égocentrique voire égoïste, se regroupant de temps en temps afin d'échanger ses idées avec ses confrères.
"la vie communautaire anarchiste doit être « volontaire », non imposée !",
mais tout mode de vie devrait être volontaire, cependant on ne peut faire fi des obligations liées au fait que d'autres gravitent dans notre sphère.
Fuir les campagnes, mais celles-ci sont complètement dépeuplées, et la misère se trouve en majeure partie en ville, où aucune solidarité n'existe.
N'est-ce pas dans les campagnes que l'anarchiste pourrait trouver un mode de vie d'autogestion correspondant à la nature, sans parler de recréer des kolkhozes, mais ne serait-ce que par la culture de son propre jardin (matériel et spirituel).
N'est-ce pas dans les campagnes que pourraient se livrer les vrais échanges, car comment faire partager ses convictions si on les garde pour soi, et comment partager si on ne donne pas soi-même l'exemple de ce que l'on avance.
"ayons aussi l’honnêteté d’admettre que la campagne n’est pas non plus forcément le lieu idéal pour vivre pleinement une vie d’anar. Question investissement culturel notamment, c’est plutôt le désert !"
Plutôt réducteur et abrupt, la campagne n'est pas uniquement le siège de l'agriculture, la culture y est présente et largement, par l'initiative d'associations particulièrement actives.
L'homme doit se retrouver, et à mon sens, il ne peut se retrouver dans un univers inhumain.
En fait, à mon avis, la société ne pourra réellement changer que lorsque l'homme lui-même aura changé, mais cela ne pourra se faire contre sa volonté ni par la force.
Enfin, une dernière notion me heurte un peu, et se trouve en antinomie avec une bonne partie de ton exposé, c'est lorsque tu évoque une "société anarchiste". Tu sembles vouloir ériger l'anarchie en système politique, et là, je dois l'avouer, je ne te suis plus vraiment.
Cordialement.
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Panoramix
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Tetatutelle, j'ai le sentiment que tu as un certain nombre de choses qui te tiennent à coeur et qui sont liées à ton vécu et que tu explores le monde des pensées politiques pour voir ce qui te sembles le plus attrayant, ou le moins déplaisant.
C'est une approche qui en vaut une autre, je n'ai rien à en dire.
Mais il me semble que tu commets une erreur importante : je crois que tu es parfois trop hâtive Dans l'expression de tes inquiétudes car tu confonds un peu les 150 ans d'histoire de l'anarchisme en France et dans le Monde et ce qui se dit dans les commentaires du journal l'En Dehors.
Je te donne une image qui devrait te permettre de bien comprendre ce que je veux dire : imagine que sur l'Internet il y ait un site qui parle de sport, et imagine que pour diverses raisons, assez courantes pour qui connaît l'Internet, dans les commentaires de ce site consacré au sport finissent petit à petit par s'exprimer plutôt des amateurs de Rugby et Natation, et que donc le Rugby et la Natation deviennent des sujets importants, en proportion, de discussion sur ce site. Et bien quelqu'un qui arriverait sur ce site et qui ne connait rien, ou peu, ou mal, ou pas assez, au sport, pourrait être ammené à penser que dans le monde du sport le Rugby et la Natation tiennent une place centrale, alors que dans la réalité ils ne sont que 2 sports parmi tant d'autres.
Tes interrogations sont souvent intéressantes, car assez rares finalement, et ta sincérité n'est pas très commune dans le monde politique, mais dans ton article, tu pars du principe que le projet anarchiste consiste à vouloir nous faire tous vivre dans des petits villages où nous irions tous labourer les champs en chantant après la réunion du matin et avant celle du soir. Ce n'est absolument pas le cas.
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tetatutelle
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J'ai bien compris que tu es de l'avis totalement contraire au mien. Alors apparemment deux solutions : soit tu es du courant "communautariste" que j'évoque, soit tu ne sais peut-être pas qu'il existe deux grandes tendances en anarchie : l'anarchie communautaire (certains l'appellent anarchie communiste) et l'anarchie individualiste et les deux sont antinomiques. Pour te le prouver, tout simple. Lis "L'Unique et sa propriété" de Max Stirner (anarchiste individualiste) et lis ensuite Proudhon, Reclus et d'autres et dans une moindre mesure Bakounine (anarchistes communautaires) et tu auras compris tout de suite, tu verras que Stirner évoque effectivement la situation que tu décris : l'anar "individualiste" ne se lie à d'autres que dans son propre intérêt, selon son bon vouloir et souvent uniquement pour peu de temps ou en cas d'urgence, dans des structures qui n'ont pas d'objectif collectif mais se donnent pour unique but la satisfaction des besoins et désirs de chacun. Et il se trouve que c'est à cette doctrine là que j'adhère et donc que je défends, non par "adhésion" telle qu'on l'entend presque toujours comme conformisme mais parce que c'est ce que je pense, ce que j'ai en moi depuis ma naissance. Désolée de te le dire mais à te lire tu imposes quand même certaines choses (il faut que les gens changent , mais on peut changer dans plusieurs sens et moi je souhaite un changement dans le sens de plus d'indépendance pour l'individu, et il faut que l'autogestion soit liée à la nature, indépendamment des goûts personnels de chacun alors ? On a le droit d'imposer la nature à des gens qui sont de tempérament pas très "nature" ? Plutôt autoritaire !) et il y a même, et ça c'est très regrettable, un brin de résignation lorsque tu laisses entendre que le choix d'un mode de vie ne peut qu'être forcément limité par les obligations sociales : c'est déjà ce que disent les gens aujourd'hui, c'est ce qu'on répète à longueur de journée aux enfants et qu'on érige en "bonne" éducation, alors quel changement dans l'anarchie dans ces conditions ? Une anarchie individualiste serait quand même une société anarchiste car il y a plusieurs formes de société. Les deux grandes formes d'anarchie ont quand même quelques points commun, comme par exemple la suppression de l'argent. Têtatutelle
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Anonyme
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« j'ai le sentiment que tu as un certain nombre de choses qui te tiennent à coeur et qui sont liées à ton vécu et que tu explores le monde des pensées politiques pour voir ce qui te sembles le plus attrayant, ou le moins déplaisant. C'est une approche qui en vaut une autre, je n'ai rien à en dire ». Merci d’avoir tout compris et de ne pas me désapprouver comme le font beaucoup de personnes. « Tes interrogations sont souvent intéressantes, car assez rares finalement, et ta sincérité n'est pas très commune dans le monde politique ». Là c’est très intéressant car ça fait aussi appel à mon vécu, je m’y arrête quelques secondes. Ayant adhéré à un parti politique « de pouvoir », c’est justement « la remarque principale » qui m’était faite mais en immense majorité comme reproche. Ayant lu par la suite de nombreux textes anarchistes, et bien il est très visible que tous s’accordent à dire que cette sincérité dont tu parles serait au contraire commune et l’une des principales différences avec les comportements rencontrés dans les partis de pouvoir. Et là, cherchant précisément à faire de la politique sans avoir à endurer ces comportements là, il est essentiel pour moi de ne pas m’illusionner par naïveté à ce niveau. Il est évident que la tendance naturelle quand on veut défendre une doctrine et un système politique, c’est d’en cacher au maximum les défauts et qu’à partir de là la personne extérieure mature doit tout lire d’un regard constamment critique et averti ; ceci dit, avoue quand même que cette tendance est « un tantinet commerciale », alors dans un système fuyant radicalement l’esprit marchand, nous devrions y faire attention plus que tout : faire de la politique et faire de la pub sont normalement deux choses différentes. « Tu pars du principe que le projet anarchiste consiste à vouloir nous faire tous vivre dans des petits villages où nous irions tous labourer les champs en chantant après la réunion du matin et avant celle du soir ». Certains conçoivent bien les choses ainsi, tel par exemple le copain qui m’a répondu juste avant toi. "Ce n'est absolument pas le cas. » C’est précisément ce que je cherche à savoir. Il est vrai que la diversité des opinions dans un mouvement, toute première garantie de liberté individuelle, augmente par ailleurs la difficulté à saisir la caractéristique essentielle de la doctrine de ce mouvement. Petite précision essentielle : ne prends pas pour toi ma réponse suivant directement ton premier commentaire. Elle répond au commentaire du copain précédent. Nous avons rédigé nos deux commentaires ensemble, ça fait la deuxième fois que ça m’arrive, c’est très marrant (la féerie de l’Internet !) Têtatutelle
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Anonyme
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L'argument du conservatisme des campagnes est souvent évoqué quand on parle du monde rural mais je le trouve un peu bancal. A la campagne on veut pouvoir tuer son cochon soit même (et sans douleur, d'une balle dans la tête, (je vois déjà le troll vegan qui se profil à l'horizon...)) et puis aussi on fait son jardin et on ne mange pas trop de produits exotique mais des produits qui suivent les saisons et qui viennent "du coin" et puis ça fait de nombreuses générations que l'on fait comme cela. Et là certains crient au traditionnalisme, au conservatisme au manque d'ouverture sur le monde...et bien je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas parce que l'on est contre cela qu'il faut au nom de cette cause se fourvoyer ou manquer de discernement. Ne pas utiliser l'avion, ne pas faire de grand déplacement, pas trop bouffer de produit exotique et rester dans sa campagne c'est plutot positif non ? De plus quand tu dis une ville de 5000habitants c'est pas vraiment la campagne pour moi, c'est la ville ! En plus du dis que tu vivais dans un appartement alors... Et puis j'ai quelques experiences dans les soirées rurales et bien crois moi on n'attend pas la création d'une salle des fêtes pour poser du son (créatif), expos de peintures ou autre, attend pas la création de lieux culturels dans les coins paumés, crée les lieux par toi même et qu'importe si ils ne sont jamais à la même place (dans le respect de la nature!!!), va a la rencontre des autres tu seras surprise, la culture est cachée trouve la ! créé la ! invente la ! (c'est une constatation et c'est bien dommage) Et bien quand tu dis "les églises rurales s'avèrent souvent plus êtres des boites à commérages que de véritables lieux de prière" ça me fait bien rire ! :-) Et bien tu t'attendais à quoi ? Ne va pas à l'église tu n'entendras pas ces commérages. On comprend tout de même une certaine souffrance dans ce message mais ce n'est pas parce que tu as une mauvaise expérience de la campagne ou des petites villes qu'il faut theoriser dessus. L'endroit ni changera rien on peut être anarchiste n'importe où n'importe quand, c'est une question de volonté ! Je crois même qu'il y a plus d'anarchiste qui ne savent pas qu'ils sont anarchistes que d'anarchistes revendiqués qui sont réellement anarchiste.
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Sator
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Oui, je ne suis pas d'accord avec toi, ou plutôt je suis 'un autre avis que le tiens, si j considère que ton post correspond à une réponse à mon intervention.
Tu donnes l'impression d'être anarchiste plus intellectuellement que viscéralement, c'est bien d'avoir lu et de citer Proudhon, Reclus, Stirner, mais c'est mieux de les comprendre.
C'est bien de se réclamer d'un courant individualiste, mais c'est mieux de se poser la question de savoir si ce courant est adapté à la situation économico-sociale d'aujourd'hui, et mieux encore d'essayer d'y répondre.
C'est bien de se rappeler l'ancien bon temps des barricades sur lesquelles on s'affichait en keffieh, capuche ou cote velours noire, c'est peut-être mieux de savoir si demain on devra dresser d'autres barricades.
Je ne vais pas dissimuler que je n'ai compris que de fraîche date ma possible appartenance au courant de pensée anarchiste, non que je ne pensais pas auparavant, mais en exprimant mes idées, je me suis peut-être mis à réfléchir et me suis aperçu qu'aucun courant politique traditionnel ne correspondait réellement à mes idées.
Mais malgré tout, j'étais, et reste un individualiste avant tout, mais l'individualisme, pour moi est différent de l'égoïsme. Chacun est une individualité, mais la vie amène forcément son inclusion dans des structures communautaires, à commencer par la cellule familiale, d'où des règles à fixer et à respecter, le tout est de savoir qui doit fixer ces règles et comment les faire respecter.
Appelons cela contraintes, mais à, preuve contraire, nous ne pourrons jamais nous en dégager totalement, au mieux nous pouvons les adoucir.
Lorsque j'entendais un système d'autogestion rurale, je voulais dire que l'individu produisant lui même sa première contrainte, l'alimentaire, était déjà en voie de prétendre à une autogestion plus large, dans son esprit, et vis à vis des autres.
Un changement de mentalité ne pourra jamais se faire de façon rapide, mais je crois qu'il est temps d'embrasser la situation avec un large angle de vue, les actions futures vont peut-être dépasser le cadre des luttes ouvrières occidentales.
Tu l'auras compris, je suis en quête.
Sator
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Panoramix
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Je crois que l'on se comprend, mais je trouve que tu lis les messages, y compris le mien, avec une inquiètude excessive
Dialogue :
Panoramix : "Ce n'est absolument pas le cas. »
Tetatutelle : C’est précisément ce que je cherche à savoir
Tu te souviens peut-être qu'à l'occasion d'un de tes articles précédents, certains commentaires t'avaient signalé que l'anarchisme ne s'occuppe pas de gastronomie, et t'avaient invité à le vérifier par toi-même, non pas en lisant les comentaires des discussions du journal l'En Dehors, mais en allant lire les textes fondateurs, et ceux des organisations, etc.etc.
L'as tu fait ?
Si oui, tu dois être maintenant totalement rassurée concernant la question "anarchisme et alimentation", si par contre tu éprouves encore de l'inquiétude, alors je crois que c'est cette même inquiétude qui t'empêche de lire avec sérénité et objectivité certains textes. Pour ma part j'ai beau lire et relire les textes de la FA ou de la CNT-AIT ou etc. et je n'y ai jamais vu une volonté de m'empêcher de manger ce que je veux.
Méfies-toi cependant de ceux qui te donneront des liens précis vers des textes précis, en effet il peut arriver qu'un esprit soucieux de "bien faire" t'aiguille comme par hasard vers un texte de la FA ou du ML qui parlera justement de la vie rurale et de ses enchantements. Moi je ne te donne aucun lien vers aucun texte, ni même de nom d'auteurs. Lis tout, ne lis aucun texte en particulier , même s'il t'es chaudement recommandé, et je te garantis à 100% que tu finiras par comprendre qu'en anarchie il y aura aussi des villes et pas seulement des hameaux.
Tetatutelle, j'espère que maintenant tu es rassurée sur le fait qu'en anarchie, tu pourras vivre en ville si tu le souhaites, et manger ce que tu as envie de manger.
=
J'attire aussi ton attention sur le fait que beaucoup d'anarchistes sont facétieux. Beaucoup de types d'humour y coexistent plus ou moins pacifiquement, l'humour paillard, l'humour rap, l'humour féministe, l'humour barricadier, l'humour post-situationiste, l'humour individualiste, l'humour marxiste (!), etc. etc.
La règle de base : ne jamais s'inquieter.
Comme tu es individualiste, tu peux faire tout ce que tu veux, utiliser l'humour qui te conviens le mieux selon l'humeur du moment, ou être très sérieuse, en retour tu dois t'habituer à lire parfois des messages dont le sens t'échappera peut-être dans un premier temps.
Si tu hésites à faire un peu d'humour car tu voudrais aborder avec rigueur des points qui te semblent importants : ne te force pas , l'humour vient automatiquement au bout d'un moment. Par exemple si tu répètes 24 fois que tu n'aimes pas les légumes, et que 24 fois on te répond en te suggérant de manger quand même des légumes, et bien à la 25 ème fois une sorte de sentiment joyeux devrait s'emparer de toi qui t'ouvriras d'autres portes d'expression.
Il faut s'entraider, chacun fait ce qu'il peut.
Parfois il y a des dialogues de sourds, des incomprehensions, mais l'un dans l'autre on finit pas s'en sortir.
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lanarko
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Yo Téla ! Peux-tu m'expliquer en quoi l'individualisme anar revient à un repli sur soi ? Parce que pour moi c'est plutôt exactement le contraire mais peut-être me trompe-je, à toi de m'éclairer...
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Philippe
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Salut à toutes et à tous,
Le texte de Tetatutelle met avec bonheur les pieds dans le plat sur deux questions, au moins :
1. L'idéalisation de la société campagnarde.
2. L'individualisme, le rapport à la société, les courants anarchistes.
1. L'idéalisation de la société campagnarde (et donc du "retour à la campagne", "à la nature") est une chose répandue dans les milieux libertaires, écologistes et alternatifs. C'est compréhensible au vu des conséquences rencontrées par les sociétés hyper industrialisées et urbanisées qui sont souvent les nôtres. Mais le rejet de la grande ville et de ses tares, pour ne pas dire la réaction, n'est pas nouveau. Ce phénomène (qui remonte aux romantiques, au moins ; aux curés qui ont toujours protester contre la "vie dissolue" ou le "vice" des sociétés urbaines, cf Sodome et Gomorrhe) doit nous inciter à une certaine prudence. Le vidage de Pnomh Penh par les Kmers Rouges en 1975 sous le prétexte de la grande ville nocive (et intellectuelle) a été une tragédie. A l'épqoue, je me bagarrais contre certaines tendances, notamment chez les tenants de l'écologie profonde, qui regardaient ça d'un bon œil, tandis que les éternels soutiens aux luttes anti-impérialistes s'évertuaient à voir un progrès dans le régime de Pol Pot. La façon dont tout cela s'est terminé a permis de mettre les choses au point. A priori, si l'on garde un peu de mémoire. (Ne pas oublier que Pol Pot avait fait des études universitaires en agronomie à Paris).
Plus globalement, on ne peut pas comprendre les phénomènes d'exode rural et d'émigration (interne ou internationale) qui posent de sérieux problèmes sans considérer que les villes attirent aussi, qu'il n'y avait pas que des aspects répulsifs. Elisée Reclus expliquait cela très bien il y a déjà un siècle (dans le tome 5 de "L'Homme et la Terre" notamment), faisant la balance entre les facteurs répulsifs et attractifs aussi bien de la ville que de la campagne, sans diaboliser ni l'une, ni l'autre.
Teratutelle met en avant de façon parlante à mon sens ce qu'une petite société rurale peut avoir d'étouffant, d'oppressif, de sclérosant. On pourrait en dire autant de certaines petites îles. "Une" ou "certaines", c'est-à-dire pas forcément toute. On peut en dire autant de certaines villes. Dans le passé, dans le présent comme dans le futur (dans la construction du projet social).
L'individu en ville peut trouver et créer d'autres liens sociaux, et tenter de s'y épanouir, même dans le système en place.
2. Ce "même" m'amène au deuxième point, et au deuxième pied dans le plat. Car bien que ce ne soit pas forcément dit de façon explicite, du moins à ce que j'en ai compris, le propos de Tetatutelle laisse entendre que même dans la société actuelle - et je dis bien "société", c'est à dire pas la "communauté" - on (l'individu, à la base) peut avoir une certaine émancipation. Et on peut aussi partir de là pour le projet social.
Pour moi, et c'est peut-être là que j'aurais une appréciation différente dans le débat, la relation individu-société-projet social est indéfectible, que l'individu le veuille ou non. Pour paraphraser Bakounine ("ma liberté n'est rien sans celle des autres"), mon émancipation individuelle n'est rien sans celle de la société : elle est ni possible, ni désirable (sauf pour les égoïstes au sens bourgeois du terme). Pareil pour les "communautés" construites par des affinitaires, ou bien l'individu qui se réfugie dans une île déserte : il y a bien un objet (un clou ? un livre ? un couteau ?) qui a été fabriqué par la "société", et avec laquelle il a forcément un lien (que je ne qualifierais pas de "dépendance" contrairement à certains posture égotistes sous peine de se planter). Je ne parle même pas des idées dont il faudrait être prétenteiux pour croire qu'elles viennent toutes seules dans notre cerveau (à moins de croire, comme Sarkozy, que c'est génétique !!).
C'est comme l'adage selon lequel "la famille, on ne la choisit pas" (sous-entendu : on la subit). Personnellement, je n'y crois pas et je n'y adhère pas. Je pense au contraire que, en tant qu'individu, on participe - consciemment ou inconsciemment - à la construction incessante de la famille, qu'on peut même l'infléchir (même si ce n'est pas facile, je ne prétends aucunement le contraire), qu'on peut même librement - à chacun d'essayer - choisir cette posture volontariste. Sinon, c'est une forme de résignation, non ? Résignation qui peut s'étendre ailleurs…
Ce raisonnement est valable pour la société. Sans même parler de posture explicitement politique, je reste persuadé qu'une démarche éthique est indispensable dans la société à tous les niveaux pour faire avancer celle-ci, qu'il ne s'agit pas de s'exonérer systématiquement de notre comportement et qualifier cette attitude de moraliste est une fuite. Une certaine gauche s'ets pris les pieds (encore des pieds !) dans le tapis avec cette histoire et, en France au moins, on en voit les conséquences.
Au fond, c'est tout le débat sur l'aliénation, principe cher aux marxistes car il permet de dé-responsabiliser les individus et de mettre la responsabilité sur les lois historiques, l'avant-garde, le bureau politique, le petit père des peuples, le leader bien-aimé, le grand timonier, le sous-commandant…
Je pense que l'un des mérites de l'anarchisme est précisément d'avoir réfléchi sur la relation entre responsabilité collective et responsabilité individuelle, et d'avoir proposé des pistes. Je crois aussi que nous n'avons pas toujours su résister à l'air du temps et au discours gauchiste - souvent proche de nous de par la force des choses, des luttes - qui nous a bassiné sur la responsabilité collective (sociale).
Sur ces bases, on pourrait s'interroger sur cette "fameuse" distinction entre "anarchisme individualiste" et "anarchisme social", distinction qui m'exaspère personnellement car je vois mal un "anarchisme social" (pléonasme) sans une révolte individuelle et sans un "anarchisme individualiste" (pléonasme bis).
Pour clarifier ? Hum, cela fait des décennies que le mouvement rame là-dessus et je me demande si, quelque part, ce n'est pas faire le jeu des adversaires de l'anarchisme que de s'y attarder. Mais je ne creuse pas plus cette hypothèse car pas de parano, il y en assez dans nos milieux !
Philippe.
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marcel
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Philippe,
J'ai une question à te poser
Tu as dit, en parlant du Cambodge et de l'évacuation de PP :
"A l'époque, je me bagarrais contre certaines tendances, notamment chez les tenants de l'écologie profonde, qui regardaient ça d'un bon œil"
Est-ce que par le plus grand des miracles tu aurais encore dans tes cartons des textes de ces profonds écologistes vantant les vertus des pratiques des KR ?
Si tu n'en a pas , as-tu une idée de ou il serait possible de trouver ces textes ?
Cela m'interesserait beaucoup de pouvoir les lire.
Merci d'avance
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Lucienne
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Salut Philippe, je trouve ton commentaire intéressant, et comme Marcel, si tu avais des pistes pour des textes concernant ton premier point, je serais preneuse moi aussi.
Sur ton deuxième point, cela m'intéresserait que tu développes ou que tu puisses renvoyer à des pistes de réflexion. Je suis entièrement d'accord et sur l'indéfectible relation individu-société-projet social, et sur la démarche éthique et le comportement individuel... Cependant je trouve que cette articulation individu/collectif est particulièrement difficile à "penser et agir ensemble" en ce moment, et plus particulièrement dans certains milieux. Et entrevoir des pistes pour dépasser ce clivage entre le "tout individuel" ou le "tout collectif" (je schématise un peu...), sur le plan politique et concret me paraît très souhaitable.
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Vladimiryapadchef
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1. L'idéalisation de la société campagnarde (et donc du "retour à la
campagne", "à la nature") est une chose répandue dans les milieux
libertaires, écologistes et alternatifs. C'est compréhensible au vu des
conséquences rencontrées par les sociétés hyper industrialisées et
urbanisées qui sont souvent les nôtres. Mais le rejet de la grande
ville et de ses tares, pour ne pas dire la réaction, n'est pas nouveau.
Ce phénomène (qui remonte aux romantiques, au moins ; aux curés qui ont
toujours protester contre la "vie dissolue" ou le "vice" des sociétés
urbaines, cf Sodome et Gomorrhe) doit nous inciter à une certaine
prudence. Le vidage de Pnomh Penh par les Kmers Rouges en 1975 sous le
prétexte de la grande ville nocive (et intellectuelle) a été une
tragédie. A l'épqoue, je me bagarrais contre certaines tendances,
notamment chez les tenants de l'écologie profonde, qui regardaient ça
d'un bon œil, tandis que les éternels soutiens aux luttes
anti-impérialistes s'évertuaient à voir un progrès dans le régime de
Pol Pot. La façon dont tout cela s'est terminé a permis de mettre les
choses au point. A priori, si l'on garde un peu de mémoire. (Ne pas
oublier que Pol Pot avait fait des études universitaires en agronomie à
Paris).
Plus globalement, on ne peut pas comprendre les phénomènes d'exode
rural et d'émigration (interne ou internationale) qui posent de sérieux
problèmes sans considérer que les villes attirent aussi, qu'il n'y
avait pas que des aspects répulsifs. Elisée Reclus expliquait cela très
bien il y a déjà un siècle (dans le tome 5 de "L'Homme et la Terre"
notamment), faisant la balance entre les facteurs répulsifs et
attractifs aussi bien de la ville que de la campagne, sans diaboliser
ni l'une, ni l'autre.
Teratutelle met en avant de façon parlante à mon sens ce qu'une petite
société rurale peut avoir d'étouffant, d'oppressif, de sclérosant. On
pourrait en dire autant de certaines petites îles. "Une" ou
"certaines", c'est-à-dire pas forcément toute. On peut en dire autant
de certaines villes. Dans le passé, dans le présent comme dans le futur
(dans la construction du projet social).
L'individu en ville peut trouver et créer d'autres liens sociaux, et tenter de s'y épanouir, même dans le système en place.
Dans tout ce passage, je ne vois qu'un seul anarchiste cité qui ne diabolisait ni l'une ni l'autre. Or le passage commence en disant : ."L'idéalisation de la société campagnarde (et donc du "retour à la
campagne", "à la nature") est une chose répandue dans les milieux
libertaires, écologistes et alternatifs." Donc peut-on m'indiquer tous ces milieux libertaires idéalisant les campagnes ?? J'en trouverai surement beaucoup plus idéalisant les usines des grandes villes. Epanouissantes, crétrices de solidarité prolétarienne comme chacun sait... Sinon, les campagnards qui nourissent les ouvriers épanouis des villes, c'est pas mon idéal non plus. Et dans un projet social libertaire, je trouve carrément obsolète l'opposition ville/campagne. Maintenant, je voudrai un peu de concret s'il vous plait. Des villes comme Tokyo, Mexico, New-York, telles qu'elles se développent actuellement, sont-elles un idéal libertaire ?? Vous en connaissez beaucoup des gens épanouis là-bas ? Qui de vous a des idées pour y mettre en place l'autogestion ?
Les "vices" de Sodome et Gomohrre, si je m'y réfère, j'y trouve quoi sur les sociétés urbaines ?? J'pose seulement la question, j'ai pas de bible... M'enfin, au moins les papes vivaient à Rome, à quelques rares exceptions près. Et c'est sans doute pas ce qui exaspéra le plus ce pauvre Meslier...
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Anonyme
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"On peut être anarchiste n'importe où n'importe quand, c'est une question de volonté !" Alors ça veut dire qu'on peut aussi être anarchiste en ville ! Ma question n'est pas de savoir si on "peut"mais si le cercle anarchiste "en donne le droit", si le choix du lieu de vie fait partie à part entière de la liberté de l'individu ou si c'est "tu dois habiter à la campagne, un point c'est tout"(pour ceux qui peuvent avoir ce choix, bien sûr). Et puis la volonté ne regarde que toi, elle n'empêche en rien que d'autres te mettent des bâtons dans les roues. Je pourrais te citer le nom de quelques petites communes ( de bien moins de 5500 habitants) et te dire d'essayer d'aller t'y affirmer comme anar. Je crois que malgré ta volonté, tu serais obligé de déménager, "l'église à commérage" ne reste pas cantonnée dans ses murs, ces conservateurs à la limite du royalisme s'attaquent de front à la liberté d'opinion, absolumnent tout le monde le dit, pas que moi. "Je crois même qu'il y a plus d'anarchiste qui ne savent pas qu'ils sont anarchistes que d'anarchistes revendiqués qui sont réellement anarchiste." Là, toujours par expérience personnelle (pardonnez-moi), je suis d'accord à 100 %. Socialiste pendant 25 ans de ma vie, dont 12 ans de militantisme actif, je viens seulement de réaliser que j'étais à côté, que je suis en réalité anar, que c'était ça le sens des reproches continuels des autres mais exprimés pas du tout clairement. Mais aussi anar que je reconnais être depuis l'enfance, désolée, je ne suis pas attirée par la campagne. Quand ma grand-mère me sortait (environ entre 3 et 10 ans), j'appréciais toutes les promenades mais préféraient celles en ville. Le dynamisme de celle-ci m'emballait (d'accord, je suis sincère, fallait aussi qu'elle ait pris assez d'argent dans son porte-monnaie mais on a droit aussi de temps en temps à ces petits plaisirs là !) Alors je dis qu'à ce niveau, c'est constitutif de la personnalité et ne pas respecter ça, pour soi et pour les autres, est donc contraire à l'un des principes anarchistes : celui de vivre conformément à sa personnalité. Têtatutelle
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tetatutelle
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"C'est bien d'avoir lu et de citer Proudhon, Reclus, Stirner, mais c'est mieux de les comprendre". Je trouve que tu contredis sans t'en apercevoir. D'abord tu me dis intellectuelle et ensuite tu mets en doute le fait que je comprenne ces textes. Loin de considérer "'Unique et sa propriété"comme un texte d'examen du BEPC, en étant pourtant que bachelière c'est le livre que j'ai le mieux compris de tous ceux que j'ai lu depuis mon enfance ! Et justement parce que cette compréhension est viscérale. A chaque mot, j'ai l'impression que ce livre écrit (vers 1880) l'a été exclusivement pour moi (née en 1971) ! Tu as faux sur toute la ligne.
"C'est bien de se réclamer d'un courant individualiste, mais : c'est mieux de se poser la question de savoir si ce courant est adapté à la situation économico-sociale d'aujourd'hui." Te poser cette question est déjà sortir de l'individualisme puisque tu évoques, un collectif avec le souci de t'y conformer. Et là excuse-moi c'est trop, c'est précisément le genre d'argument que je ne peux plus entendre, faisant partie de ceux qui m'ont amené à quitter le parti politique dans lequel je militais auparavant. Je ne confonds pas individualisme et égoïsme. En fait, je me demande si le vocabulaire employé est vraiment adapté. Moi j'emploie le mot indépendance qui me paraît beaucoup moins équivoque ; et vivre indépendament des autres, en refusant leurs conseils de vie, ce n'est pas de l'égoïsme, ça n'empêche pas d'être généreux et de service quand l'occasion se présente. Moi, je suis toujours prête à rendre service mais par contre je n'aime plus qu'on m'en rende, les autres ne fonctionnant pas comme moi à ce niveau. En retour d'un service, je suis obligée après d'écouter tous leurs conseils. Il ne comprenne pas que je sollicite leur aide dans un domaine "précis" et basta ! En fait, ils confondent service et tutelle (et mon pseudo ? Il n'est pas anodin. Certains y ont-ils déjà pensé ? Dans ton premier texte aussi tu parles de la "violence" des villes. Mais tu oublies qu'en ville il y a aussi les artistes bohème et les clochards, pour ne prendre que l'exemple de Paris. Et ils sont tout sauf en sécurité puisque justement exposé à tout moment à la violence des délinquants. On devrait plutôt saluer leur témérité plutôt que de les traiter avec une telle indifférence révélatrice d'un reproche de leur asocialité. Je crois qu'à l'évidence, toi et moi ne pourront jamais être d'accord. Têtatutelle
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tetatutelle
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"Par exemple si tu répètes 24 fois que tu n'aimes pas les légumes, et que 24 fois on te répond en te suggérant de manger quand même des légumes, et bien à la 25 ème fois une sorte de sentiment joyeux devrait s'emparer de toi qui t'ouvriras d'autres portes d'expression." Là je ne vois vraiment pas où tu veux en venir et je t'avoue que dans ce genre de situation c'est bien plus l'énervement que la joie qui s'empare de moi. Et surtout qu'on ne confonde pas goûts et capacités : j'espère qu'il est suffisament ressorti que mon rejet des légumes est une incapacité physiologique, non un choix alimentaire. Si je pouvais en manger, je le ferais (mais sans pour autant rejeter le reste). Contraindre quelqu'un à faire ce qu'il ne peut pas faire, c'est de la tyrannie, désolée. Le gros problème est que (presque) personne ne veut comprendre que c'est un cas physiologique insurmontable, on met des oeillères sur un manque de volonté absolument inexistant. Or, j'attendais de l'anarchie tout autre chose à ce niveau mais peut-être aussi que j'en attends finalement des choses et des gens un peu trop différents de ceux du cercle démocratique ? Têtatutelle
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tetatutelle
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Bakounine c'est un peu mieux que Proudhon c'est vrai, c'est un espèce de milieu entre communautarisme et individualisme c'est vrai, mais étant d'un individualisme (ou d'un caractère indépendant, expression que je préfère) inné et né, je n'y peux rien, je ne peux pas être sociable tout simplement parce que j'en souffre, je ne trouve aucun épanouissement dans la concession aux autres. Et puis si, moi je suis absolument certaine qu'une large majorité de mes idées ne sont issues que de ma petite tête et surtout (et beaucoup trop c'est le problème !) de mes sens un peu trop développés. Et ça n'a rien de génétique : personne de ma famille n'est comme moi ! Alors, question centrale : les anars vont-t'ils me dire, comme mon "brave" socialiste de médecin (généraliste) que je suis tout simplement malade psychologique. Ne pas répondre SVP, ça me fait trop peur ! Têtatutelle
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Philippe
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Salut à toutes et à tous,
Je rebondis sur certains propos, et j'essaie notamment de répondre à Marcel et à Lucienne qui me posent directement une question.
Sur l'appréciation positive de la "désurbanisation" façon Khmers rouges, je n'ai pas d'archives qui me viennent à l'esprit (je chercherai). Ce sont des choses que j'avais lues et entendues à l'époque. C'est notamment à partir de là (mais pas seulement) qu'est apparue l''expression "Khmers verts". Peut-être faut-il chercher de ce côté-là ? Ou dans les anciens numéros de la revue britannique "Green anarchists" dont le programme et le contenu sont très "écologie profonde" ?
Yapadchev laisse entendre qu'il n'y a pas beaucoup de libertaires (et j'ajouterais "et d'alternatifs") qui aspirent à un retour à la campagne et/ou à la nature. Hum… cela dépend de qui on fréquente. Et je parlais de notre époque, actuelle, pas celle de Reclus ou d'autres !
Au fond, mon propos concernait une idée communément véhiculée par une partie de la population actuelle (ou alors en suis-je trop resté à la période "Volorem vivre al etc." ?). Ce genre d'air du temps qu'on retrouve de partout, qui se décline de différentes façons ("sauver la planète", "écologiquement correct", "la planète est foutue"…) et qui crée une sorte de conditionnement général, avec ses bons côtés (réfléchir sur les modes vie, la production, la consommation) mais aussi ses mauvais (ce jeune PDG français vu hier à la télé sur "Envoyé spécial" qui était fier de fabriquer (en Chine) des chaussures de sport écologiques, avec une colle écologique, colle remplaçant les solvants qui abîme habituellement les travailleurs - travailleuses en l'occurrence - mais ce progrès-là semblait passer au second plan chez lui… De toute façon, les ouvriers-ouvrières chinois sont payés moins chers, vive le capitalisme vert !!).
Quant à la suppression de l'opposition ville/campagne, très ancienne thématique du socialisme en général (là aussi, il y a encore Reclus), on pourrait en causer pendant des heures. Ce qui me paraît nouveau, cependant, c'est internet en tant que moyen de communication à la fois ubiquiste, a-spatialisé et enraciné. Cela dit sans tomber dans tout le discours sur la blogosphère, le monde virtuel, etc. Mais en démultipliant les liens (sociaux mais aussi d'échanges économiques, culturels, etc.), le web complète la fonction anthropologique de la ville qui est "espace de confluence humaine". Complète, mais ne s'y substitue pas, ni ne la pallie.
Sur la question des "choix", de la "liberté" (de l'endroit où s'installer, où vivre, etc.), cela me fait penser à l'ultime réflexion de Tétatutelle : elle a été anarchiste "sans le savoir" (j'ai mis les guillemets car j'interprète), avant de s'en apercevoir. Je suis bien d'accord (et je ne suis pas le seul) :
- d'abord, l'étiquette ne fait pas l'essence, et inversement ; mais à un moment donné, c'est utile ;
- ensuite, nous sommes plus nombreux qu'on ne le croit sur des bases proches, "sans le savoir" ;
- enfin, le problème (mais ce n'est pas le seul) du mouvement libertaire est qu'il a du mal à fédérer toutes ces personnes…
Franchement, même si je ne me reconnais pas dans Stirner (qui me semble plutot correspondre à une époque : un cri d'alarme contre les débuts de la société de masse…), l'exigence que pose Tétatutelle me semble essentielle dans les rapports "militants" (et autres). C'est vrai que c'est une culture qui nous a échappé, plus ou moins bouffés que nous sommes par les curés du militantisme d'un côté, les j'men-foutistes de l'autre (pour caricaturer). Une culture qui hésite à se formaliser par écrit car elle est d'essence vivante ("viscérale"). Moi, je pense qu'on en a besoin, mais qui va se risquer à écrire un "Manuel du comportement anarchiste" ????!!!!
Les anthropologues ont écrit beaucoup de choses intéressantes sur les trois sphères (à partir de l'individu) du don et du contre-don (famille, voisinage et société). A ma connaissance, ce sont des éléments que n'a pas repris l'anarchisme dans un peaufinement de sa réflexion sur l'organisation sociale.
(au fait : l'anonymat des villes - parfois pratique, donc - ne vous fait pas penser à l'anonymat de l'argent ?…).
Ce qui nous renvoie à la question du lien individuel-lien collectif. Avant même de penser à l'idéal d'une autre société, je regarde (désormais) comment nous fonctionnons déjà, ici et maintenant. Nous sommes quelques-uns à avoir été insatisfaits de la façon dont le mouvement libertaire et certaines organisations se sont comportés sur le plan humain, un paradoxe pour l'idéal anarchiste ! J'allais écrire "purement humain" mais, outre le fait que la pureté est illusoire sinon dangereuse (disons "strictement" alors), ce serait un pléonasme. Humain suffit.
J'ai quelques réflexions sociologiques là-dessus mais je n'ai pas creusé davantage. Pour le moment.
Notamment sur le fait que par sa "libéralité", le mouvement anarchiste est utile à la société qui lui "envoie" ses éléments mal à l'aise (au minimum), mais qui ne font pas forcément d'eux des anarchistes conséquents et constructifs (c'est une réflexion inspirée par une camarade "chevronnée" de la FA et de Bonaventure).
Pour essayer de répondre plus précisément à Lucienne, je pense que nous ne coupons pas à une certaine réflexion collective sur ce plan. Certains s'y essaient. Cela me paraît totalement nécessaire car depuis l'Espagne 1936 - pour le dire vite - l'histoire nous a poussé dans un angle mort, le petit nombre a été plus un facteur d'auto-destruction que de clarification et de renforcement. Le mouvement libertaire a souvent appliqué, quoiqu'il en dise, la fameuse et funeste maxime léniniste : "Le parti se renforce en s'épurant". Et on peut parfaitement appliquer le mot "parti" à "organisation" (libertaire), "fédération", "groupe" ou "petit groupe" : qui ne l'a pas vécu ?
Le risque serait de tomber dans la pure introspection. L'idéal est de coupler cette réflexion critique sur soi-même de façon positive et constructive avec l'action. Mais là, les clivages et les tensions arrivent. Beaucoup prennent leurs désirs pour des réalités - je ne dis pas cela de façon condescendante, mais parce que cela nous enferme dans des illusions ou dans la secte - tandis que d'autres, parfois les mêmes, pensent que l'anarchisme est un extrême de l'extrême, une super outrance, dans la philosophie comme dans la tactique (l'action), ce qui me semble une grave erreur.
Enfin, la décomposition de l'empire soviétique et du communisme marxiste n'a pas ouvert ipso facto, comme certains l'ont cru, une voie royale à l'anarchisme pour lequel tout aurait été plus facile !
Philippe.
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Anonyme
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Je ne vois vraiment pas pourquoi un cercle anarchiste ne donnerait pas le droit de vivre en ville. Quel est ce sens un peu plus développé qui t'a mis cette question dans la tête ? Plusieurs de tes raisonnements me surprennent tetatutelle. Tu les construit à partir de ton expérience personnelle. Je n'ai rien contre cela. mais... ""la voisine d’en face qui a mis son nez dans la vie de couple de tes grands-parents (déjà en échec, elle l’a achevée, ayant provoqué la séparation qui sans cette ingérence extérieure n’aurait jamais eu lieu !) et s’est occupé de donner des conseils pour ton éducation !"" n'existerait pas en ville ? Le traditionalisme catholique, vive l'épouvantail, ne se retrouve pas en ville ? On ne pourrait pas y rajouter les évangélistes et autres témoins de jéovah qui arpentent les rues à la recherche de clochards ? Tu me diras quand-meme pas que c'est pour les protéger des délinquants ? As-tu déja essayé d'aller dire que tu étais anarchiste à St Nicolas de chardonnet ? La connais-tu ? C'est une église parisienne . fais donc des recherches internet associant "opus dei/paris", et tu y trouveras pas mal d'influences qui ne se contentent pas de soulever l'idée de supprimer le sénat. J'aime beaucoup me ballader dans paname. Mais ça ne m'empêche pas d'y être quelques fois mal à l'aise à la vue de toutes ces vitrines de magasins. Et je ne trouve pas ce monde de marchandises qu'avenue des champs elysées. J'aime Paname, mais tous les squares sont fermés la nuit. Le clochard comme tu l'appelles qui a un chien ne rentrera jamais dans le Père lachaise. Il y a pourtant des ballades superbes à y faire, sans la crainte de trouver du monde qui te demandera " alors, t'as trouve un boulot ?"
Bref... J'aimerai pouvoir retrouver le contexte du texte de ce copain qui aurait écrit : l'anarchiste individualiste fuit les villes. Naïf comme je suis, je me dis encore que ce contexte changera bien des choses à l'injonction que tu retires de cette phrase.
Comme un précédent intervenant, j'aimerais aussi que tu m'expliques le lien entre anarchiste individualiste et repli sur soi. Ce serait obligatoire ?
Je ne connais pas beaucoup Stirner. Peut-on résumer sa pensée à un seul livre aussi unique soit-il ? J'ai lu quelques extraits de ses écrits mineurs qu'on retrouve dans le tome 1 de ni dieu ni maitre, à propos des faux principes de notre éducation. Les pistes qu'il propose alors ( tres en avance pour son époque ) n'ont elles qu'une portée que tu réduis à : ""souvent uniquement pour peu de
temps ou en cas d'urgence, dans des structures qui n'ont pas d'objectif
collectif mais se donnent pour unique but la satisfaction des besoins
et désirs de chacun." N'est on pas en droit de penser que la satisfaction des besoins et des désirs des enfants prend beaucoup de temps ?
P.S : je suis un malade. Ca te donne don,c le droit de ne pas perdre ton temps à me répondre. lool.
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Vladimiryapadchef
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Salut philippe, Yapadchev laisse entendre qu'il n'y a pas beaucoup de libertaires (et
j'ajouterais "et d'alternatifs") qui aspirent à un retour à la campagne
et/ou à la nature. Hum… cela dépend de qui on fréquente. Et je parlais
de notre époque, actuelle, pas celle de Reclus ou d'autres !
Au fond, mon propos concernait une idée communément véhiculée par une
partie de la population actuelle (ou alors en suis-je trop resté à la
période "Volorem vivre al etc." ?). Ce genre d'air du temps qu'on
retrouve de partout, qui se décline de différentes façons ("sauver la
planète", "écologiquement correct", "la planète est foutue"…) et qui
crée une sorte de conditionnement général, avec ses bons côtés
(réfléchir sur les modes vie, la production, la consommation) mais
aussi ses mauvais (ce jeune PDG français vu hier à la télé sur "Envoyé
spécial" qui était fier de fabriquer (en Chine) des chaussures de sport
écologiques, avec une colle écologique, colle remplaçant les solvants
qui abîme habituellement les travailleurs - travailleuses en
l'occurrence - mais ce progrès-là semblait passer au second plan chez
lui… De toute façon, les ouvriers-ouvrières chinois sont payés moins
chers, vive le capitalisme vert !!).
Oui. Et alors ? Tu connais beaucoup de libertaires qui encensent le capitalisme vert ? Moi aucun. Ma question ne visait pas à connaitre les milieux alternatifs écolos qui se servent de ces prétexte pour retourner à la bougie ou les milieux d'affaire qui pensent encore faire longtemps du fric écolo. Mais de connaitre les libertaires qu'il faudrait mettre en garde parce qu'ils risqueraient de ne pas prendre en compte les programmes génocidaire ou de déplacements massifs des populations du temps du Cambodge pour n'aller plus qu'y labourer les champs. Là aussi, désolé, mais j'en connais pas. Des milieux libertaires, j'en trouve bien plus dans les villes comme Paris, Toulouse, Montpellier, Marseille ou Rennes. J'en trouve bien plus dans de grands établissements scolaires ou à la Poste que dans les champs à cultiver la terre au nom d'un retour à la nature. Voilà ce que je laisse entendre quand je demande : peut-on m'indiquer tous ces milieux libertaires idéalisant les campagnes et rejettant toutes villes au nom d'un retour à la nature ? Hey, et pour ce qui est de la France en tous cas, j'ai croisé bien plus de Philippe Pelletier et consorts que de Murray Bookchin, Ronald Creagh et d'autres squatteurs des villes se servant du compost pour mieux se parer de mauvaises récupes sur marchés éventuelles. Oui, production alimentaire naturelle dans les villes, c'est bien ce que je laisse entendre. Et pourtant, j'en ai connu des squatteurs comme ceux-celles là ! Moi, les libertaires que j'ai fréquentés me semblaient vouloir ramener beaucoup plus de nature* DANS les villes plutot que de s'échapper/s'épanouir/se replier sur soi à la campagne. Mettre des freins à l'urbanisation excessive qui pose bien des problèmes qui ne se résoudraient pas en montrant à 300 qu'on peut faire autrement. Agir local penser golbal, je l'ai bien plus entendu que fuis dans les campagne mon frère ! C'est là-bas qu'est le salut. Mais bien sur, si on mélange tout ça aux illuminés des rainbow, on pourra en tirer toutes les conclusions qu'on veut.
* entendre par là autre chose que d'immenses ponts d'autoroute ou d'immenses tours de béton gorgés d'eau, bref, entendre des espaces urbains à taillle humaine. Ce qui ne suffit toujours pas pour s'y épanouir évidement.
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marcel batifolle
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Il me semble Vladimir que tu ne parles pas de la même chose que Philippe, en fait il y a 2 réalités qui coexistent
Toi Vladimir, tu sembles voir l'anarchisme en lutte, pour beaucoup organisé, qui évidemment apparaît comme principalement urbain. Manifestations, réunions, concerts, cela se passe rarement dans les campagnes. Tu vois aussi un anarchisme intime, celui de la confidence, celui où l'on peut encore dire "oui, j'aime bien les villes" ou "oui, j'aime aussi les villes".
Mais Tetatutelle, en atterrissant sur la planète anarchiste, se pose la question "mais moi j'aime bien la ville, me laisserez-vous demain y vivre ?" Pourquoi se pose-t-elle cette étrange question si, comme tu le dis Vladimir, l'anarchisme est surtout urbain et manifeste son désir aussi d'urbanité ?
Et d'une certaine façon Philippe lui répond, mais à partir du revers de la médaille anarchiste de Vladimir. Mon petit doigt me dit, mais Philippe me démentira peut-être, que Philippe n'aurait pas dit la même chose en 1955 ou en 1965.
Tout simplement je crois parce que le temps passe, et que nous sommes aujourd'hui au temps de N.Hulot, étape finalement salutaire du parcours écologiste. Et si nous sommes au temps de N.Hulot, les anarchistes y sont aussi pour quelque chose car lorsque l'écologie à fait son entrée, certes souhaitable et indispensable, par la grande porte, événement que l'on peut dater historiquement avec une certaine précision, l'anarchisme y a en grande partie investi sa radicalité, la ville restant de fait parfois un terrain de lutte - c'est encore là qu'on manifeste - mais un terrain de lutte d'arrière garde, tandis que l'avenir semblait se construire dans les campagnes.
Et tetatutelle voit bien que l'anarchisme ne pense plus l'urbanité. Et ca tout le monde peut le voir : si les "idées" abondent d'une autre ruralité - et un journal comme l'En Dehors n'est pas avare en la matière, d'ou peut-être le sentiment un peu excessif que semble éprouver Tetatutelle, identique à celui qu'elle éprouva sur les questions alimentaires dans un autre article - il n'y a plus aucune pensée de l'urbanité, exception faite du "squat" mais qui n'est pas un projet global du vivre ensemble urbain même s'il peut -enfin pouvait, car aujourd'hui le squat bat de l'aile lui aussi - participer d'une volonté de reconquète des villes, mais d'une reconquête dont ne sait plus très bien quelle serait la perspective : détruire la ville ou faire la ville "autrement". La ville est-elle le refuge du diable ? Si oui, l'exorcisme anarchiste s'en verrait simplifié : plus de ville = plus de diable.
Cherchez l'autre urbanité, vous ne la trouverez pas, ou si peu. Et bien courageux serait l'anarchiste qui proposerait des idées d'une ville moderne libertaire. Oh en privé bien sûr, mais le faire publiquement c'est prendre des risques aujourd'hui, et ils doivent être grands puisque personne ne les prend. Par contre tout échaufaudage intellectuel basé sur la ruralité peut s'exprimer, l'autre village, la communauté -toujours rurale ou semi-rurale-, l'autre facon de faire pousser des tomates, etc. il n'y a pas de problème : il y aura des pour, des contre, des sans avis, mais là la pensée anarchiste vit encore, elle construit encore, à l'ombre des grands arbres, et en tout liberté, sans restriction aucune, l'imagination n'est pas bridée : villages de toutes les époques, histoire ou même préhistoire, tout est source d'inspiration à partir du moment ou l'on ne voit plus la ville, ou l'on voit peu la machine, ou l'on ne voit plus ou et comment se fabriquent les trains (dont l'utilité est d'ailleurs contestée - il y avait-il des trains il y a 10 000 ans ? Non? Et pourtant on vivait pas si mal il y a 10 000 ans, alors c'est bien la preuve que ...)
Mais tetatutelle aurait pu aller plus loin encore, et peut-être Philippe aussi : montrez-moi les abondantes bibliothèques qui contiennent les textes récents anarchistes parlant des utilisations positives possibles de nouvelles technologies - "nouvelles" évoluant , ce qui était "nouveau" en 1975 l'était moins en 2005 etc. - vous ne trouverez rien, strictement rien, à une seule exception près : les technologies écologiques, c'est tout, et encore il faudrait nuancer car ce sont rarement les anarchistes qui ont étudié sous l'angle pratique ces questions, ils ont récupéré le travail des autres (écolos divers, scientifiques critiques, même des industriels etc.)
Et cela est si vrai qu'aujourd'hui il n'y a plus que dans la science-fiction qu'un libertaire oserait éventuellement s'exprimer. Et encore : il ne faudrait pas que le roman soit trop urbain, car il n'est pas sûr que... Ou alors oui, mais Blade Runner, donc l'épouvante, le diable.
Que serait un anarchiste fou, suicidaire aujourd'hui ? Ce serait celui qui viendrait parler de Biochime, de Physique fondamentale, de Robotique, de Génétique, de.de.de. , et qui le ferait non pour en décliner l'horreur - là il est au contraire le bienvenu et à tout moment - mais pour en suggérer des utilisations bénéfiques. Songez un instant à un anarchiste venant parler de quelques bienfaits possibles des nanotechnologies ? Hein, vous voyez bien, déjà le mot seul de nanotechnologie suffit, un radical ne peut y voir qu'éffrois , seul un réformiste complice du système pourrait songer à y voir aussi autre chose qu'une manifestation du démon.
L'anarchiste dubitatif ose parfois encore dire "des technologies adaptées aux vrais besoins" etc. etc. des phrases courtes, sans jamais le moindre developpement, vestiges d'un passé ou les anarchistes étaient capables aussi de se projeter vers l'avenir sans regarder vers le passé, ce qui était d'ailleurs une de leurs grandes qualités. Vestiges d'un passé ou l'anarchisme parlait encore à partir du monde qu'il connaissait, qu'il arrivait à observer.
Si Vladimir détient sur les rayons de sa bibliothèque un petit traité de génétique libertaire, je le supplie de me le faire connaitre, j'aimerais tant le lire. Si un de ses amis détient le "De la production et distribution de composants éléctroniques et d'ordinateurs en anarchie" je paye les frais de poste et de photocopie dans la seconde. Pour le moment je reste perplexe, j'attend, et finalement j'ai beaucoup d'espoirs en N.Hulot. J'en ai eu en Brigitte Bardot aussi, mais ils ont été décus.
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Vladimiryapadchef
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Si Vladimir détient sur les rayons de sa bibliothèque un petit traité
de génétique libertaire, je le supplie de me le faire connaitre,
j'aimerais tant le lire.
Voilà le genre d'arguments foireux et bancals. De la génétique libertaire, ça serait quoi ça ?? Attends, on pourrait aussi essayer de chercher de la physique nucléaire libertaire non ?? Là où je vais attendre longtemps moi, c'est quand je vais te demander de me trouver le seul écrit libertaire qui m'interdise de lire langaney ou jacquard ou monod ? vas-y, j'te paye le magnum de champagne ! A part ça, l'utilisation des sciences a toujours été soumise à une condition dans les milieux libertaires : qu'en fera t-on dans une société capitaliste. Si tu crois que les ogm vont nourir le monde, j'y peux rien moi. Par contre idem, toujours pour un magnum de champagne : tu dois me trouver l'écrit libertaire qui se joint à la campagne de l'église contre les thérapies géniques et qui en fait un eugénisme. J'aurai pour ma part aucun mal à te trouver des écrits libertaires anti-eugénistes. Donc, s'il y a un lien, t'auras pas de mal toi non plus. Enjoy Marcel ! Mais Tetatutelle, en atterrissant sur la planète anarchiste, se pose la
question "mais moi j'aime bien la ville, me laisserez-vous demain y
vivre ?"
Je pense qu'elle en fait trop. Et tetatutelle voit bien que l'anarchisme ne pense plus l'urbanité. Et
ca tout le monde peut le voir : si les "idées" abondent d'une autre
ruralité - et un journal comme l'En Dehors n'est pas avare en la
matière, d'ou peut-être le sentiment un peu excessif que semble
éprouver Tetatutelle, identique à celui qu'elle éprouva sur les
questions alimentaires dans un autre article - il n'y a plus aucune
pensée de l'urbanité, exception faite du "squat" mais qui n'est pas un
projet global du vivre ensemble urbain
Ha bon ? Plus rien sur les transports en communs gratuits ( ou rien qu'à la campagne alors ), plus rien sur les dévelopments de solidarités de quartiers ( juste dans les hameaux de campagne alors ), plus rien sur les moyens de cultiver sur son balcon ou son toit ( rien que dans son immense jardin à la campagne alors ), plus rien sur le développement du co-voiturage ( ou rien que pour relier deux hameaux de campagne entre eux alors ), plus rien... ho et puis merde : ça concernerait que les squats tout ça ? Google est ton ami marcel : urbanisme/libertaire : j'te paye le magnum à toi et tetatutelle si tu trouves rien à part sur les squats. Tetatutelle n'a jamais mis les pieds trois soirs de suite dans le même café fréquenté d'un quartier populaire parisien ( genre 20ème arrondissement ). Je l'sais. parce qu'elle aurait entendu causer de la vie de village de ces quartiers ( où les travailleurs du jour sont anonymes, mais certainement pas les fêtards qui sortent le soir ). Tetatutelle n'a pas non plus beaucoup fréquenté de banlieusard. Elle les aurait entendu critiquer les habitants de la ville d'à côté, surtout les parisiens. Tetatutelle n'a jamais mis fréquenté de stéphanois qui haissent les lyonnais, elle n'a jamais mis les pieds dans un stade de foot lillois et écouter les nazillons qui y chantent à poumons perdus ( anonyme ?? Si elle est blanche, ouais, et encore ). Magnum de champagne encore marcel : j'parie qu'à 2, têtatutelle et moi on file fouttre le boxon athée dans son église de village. Et j'parie que si tu nous rejoins pour ensuite aller à St Nicolas du Chardonnet pour y mettre le même boxon, on sera toujours pas assez. Tu tiens les paris avec moi ? ou bien tu vas encore la conforter dans son numero de calimero longtemps ? La ville est-elle le refuge du diable ? Si oui, l'exorcisme anarchiste s'en verrait simplifié : plus de ville = plus de diable.
Ah ah...Le diable n'existe pas marcel. Aucun libertaire ne te l'a donc affirmé ? Mais tetatutelle aurait pu aller plus loin encore, et peut-être
Philippe aussi : montrez-moi les abondantes bibliothèques qui
contiennent les textes récents anarchistes parlant des utilisations
positives possibles de nouvelles technologies - "nouvelles" évoluant ,
ce qui était "nouveau" en 1975 l'était moins en 2005 etc. - vous ne
trouverez rien, strictement rien, à une seule exception près : les
technologies écologiques, c'est tout, et encore il faudrait nuancer car
ce sont rarement les anarchistes qui ont étudié sous l'angle pratique
ces questions, ils ont récupéré le travail des autres (écolos divers,
scientifiques critiques, même des industriels etc.)
En d'autres termes : snif, snif, il n'y a pas suffisament d'anarchistes scientifique. Qu'est-ce que t'attends pour commencer ?? T'as peur de te faire engueler ? Songez un instant à un anarchiste venant parler de quelques bienfaits possibles des nanotechnologies ?
T'habites Périgueux ? A-infos te rappele que le 20 avril il y a une conférence à ce sujet... mais fais gaffe, on sait jamais, y'aura ptet le diable. ah ah http://www.ainfos.ca/fr/ainfos06598.html Alors, c'est bon, arrête tes délires maintenant. Si toi aussi tu veux me prendre pour un demeuré, ça va pas le faire. lol.
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Vladimiryapadchef
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Et ça tombe bien. Acl laisse un long article sur un livre que je viens de commander. C'est sur que si vous n'tenez qu'à vous conforter sur ce que vous croyez concernant l'écologie libertaire, il va pas vous plaire...
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Vladimiryapadchef
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D'ailleurs, pour revenir sur l'angle pratique des sciences. Il est plutot évident que cet angle s'est développé de manière exponentielle depuis Kropotkine. Or j'ai encore en mémoire quelques uns de ses propos adressés aux scientifiques de son époque ( dont quelques uns aujourd'hui ne se privent pas d'emprunter ses pistes quant à l'entraide comme facteur de l'évolution ). Il leur disait grosso-modo que le développement pratique de leurs recherches étaient déjà à des niveaux suffisament élevés lorsque dans le même temps les prolétaires ne songeaient qu'à conquérir leur pain, et qu'il était donc temps de répartir le fruit de ces progrès scientifique au sein des populations rurales comme urbaines, plutot que de toujours de se satisfaire d'en savoir plus et toujours plus, en strict égoïste. Quel scientifique aujourd'hui peut se vanter de l'avoir suivi ? Quel scientifique peut se vanter d'avoir une vue globale de l'évolutions de toutes les sciences ? Qu'ai j'en ai à fouttre qu'ils connaissent le nombre d'étoiles ? Qu'ai j'en ai à fouttre que la navette ariane décolle 1000 fois d'affilée sans se scratcher ? Qu'avons nous besoin de produits toujours dépassés 6 mois après ? Qu'avons nous besoin qu'ils mettent au point des petites machines qui identifieront mon oeil, de petite puces qui contiendront tout ce qu'il y a à savoir sur moi, de bracelets electroniques qui feront office de nouveaux barreaux de prison. C'est ça qui va les abolir peut être ? Ton role ici, c'est quoi ? D'être aveugle et toujours soumis au "progrès scientifique" ? Ben me soumet pas steplait. Parce que moi en plus j'ai jamais dit à tetatutelle qu'elle devait aller vivre à la campagne ou qu'il lui était interdit de manger de la viande. Réfléchis bien avant de te lancer dans l'idée de me faire passer pour un anti-progrès demeuré. T'aimeras surement pas le retour du boomerang. En virtuel, c'est peut même être encore pire... lol.
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marcel batifolle
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Vladimir : halte là. Fumons de suite le calumet de la paix. Je te citais avec affection, tu me cites avec suspicion.
Vladimir : tu sais bien que nous sommes sur l'internet. Il t'arrive souvent dans tes interventions de glisser l'idée que certaines personnes te prendraient pour un con, un demeuré, ou je ne sais quoi encore. Ce n'est absolument pas le cas je peux te le certifier.
Sans déconner faut pas être trop paranos non plus sinon la vie internautique devient dure ...
Revenons à nos moutons
Donc tu dis que les anarchistes aujourd'hui (je parle pas d'avant hier) parlent beaucoup des alternatives urbaines, des perpectives parfois alléchantes de la technologie, et bien je dirais que si tu percois les choses de cette facon tu es indubitablement plus optimiste que moi (stp : pas de parano, je dis bien "optimiste" au sens du dico et ne sous-entend rien de désagréable ou méprisant , ou etc.etc.)
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libertad
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Débat intéressant que celui de la technologie, de l'urbain et de la campagne mais me semble-t-il un peu mal posé de telle sorte qu'il risque de n'aboutir à rien et ce serait sans doute dommage. Un peu d'histoire tout d'abord, j'aime bien l'histoire quand ça peut servir à des discussions modernes. Le mouvement anarchiste est depuis sa naissance un mouvement urbain et n'a jamais été implanté sur une longue période en milieu rural ou même "sauvage". Depuis sa naissance la majorité des anarchistes n'a jamais développé une critique très virulente de l'urbain et s'est investi sur de nombreux autres fronts, se désinterressant plutôt de cette question. Une minorité, au sein de la mouvance individualiste a au contraire définit une politique d'opposition à la ville et à l'industrialisation, pronant même un retour à l'état naturel. Ce courant fut appellé les naturiens, il préconisait effectivement un retour à la terre dans des colonies anarchistes. Il donna en grandepartie naissance au mouvement des milieux libres qui s'intallèrent pour la plupart à la campagne ( avec quelques exceptions urbaines ). Les naturiens et autres naturistes n'ont jamais fait l'unanimité chez les anarchistes, bien au contraire, les anarcho-communistes et les anarcho-syndicalistes les ont toujours considérés avec un certain mépris. Il n'y a donc jamais eu aucne injonction dans notre mouvement à retourner à la terre, ceux qui le voulaient l'ont fait et c'est ainsi que ça fonctionne chez les anarchistes. Ceux qui ont quitté la ville pour s'installer à la campagne étaient des urbains critiques de la ville, la majorité est resté en ville. La question de la technologie maintenant, elle ne recoupe pas vraiment la question urbaine, en effet on peut habiter en ville et être anti-technologie, à ma connaissance d'une partie du milieu anar plutôt anti-technologie, il me semble d'ailleurs que ses militants sont surtout des urbains. Je ne vois pas non plus d'injonction anti-techologie chez les anarchistes. Prenons le cas le plus extrème, celui de Zerzan et des primitivistes, bien qu'ils soient anti-techologie ( Zerzan a d'ailleurs brisé symboliquement des ordinateurs à une époque ) il utlisent bien des ordinateurs et même le réseau internet ( voir leur site Green anarchy) on voit que leur critique a une limite dans leur pratique. S'ils sont très "extrémistes" en théorie, ils sont assez pragmatiques dans les faits. Ca relativise déjà. Après vouloir lancer une discussion sur la techologie à partir de l'exemple des nanotechnologies me semble un peu provocateur, ce serait pareil à propos des OGM ou du nucléaire. Partir des technologies les plus contestables et les plus contestées risque de ne pas aboutir loin. Par contre il est des technologies que nul ne conteste : les piles cardiaques, les fauteuils électriques pour les myopathes, les bras artificiels pour les victimes de mines, etc.... Ca me semblerait un moyen de discuter plus sereinement sur l'utilité de la technologie. Sinon j'ai relevé des allusions assez désagréables dans ce fil concernant les "khmers verts", propos rapportés par Philippe, c'est le genre de propos qui a pour effet de me mettre assez en colère lorsqu'il ne sont étayés sur rien, sinon sur quelque ragots.
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Vladimiryapadchef
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Vladimir : halte là. Fumons de suite le calumet de la paix. Je te citais avec affection, tu me cites avec suspicion.
Vladimir
: tu sais bien que nous sommes sur l'internet. Il t'arrive souvent dans
tes interventions de glisser l'idée que certaines personnes te
prendraient pour un con, un demeuré, ou je ne sais quoi encore. Ce
n'est absolument pas le cas je peux te le certifier.
Sans déconner faut pas être trop paranos non plus sinon la vie internautique devient dure ...
Ok, c'est vrai, excuse moi. mais ne mets pas de shit dans le calumet, parce que faudra pas être surpris par le résultat après. nan, lol, c'te fois, c'est vraiment pour taper un tchek. Mais mes excuses sont honnêtes, ça c'est sur. C'est vrai que j'ai un peu trop l'impression qu'on me teste. mais bon, j'vais réussir à revenir de cette idée ne t'en fais pas. Donc tu dis que les anarchistes aujourd'hui (je parle pas d'avant hier)
parlent beaucoup des alternatives urbaines, des perpectives parfois
alléchantes de la technologie, et bien je dirais que si tu percois
les choses de cette facon tu es indubitablement plus optimiste que moi
(stp : pas de parano, je dis bien "optimiste" au sens du dico et ne
sous-entend rien de désagréable ou méprisant , ou etc.etc.)
Non. Ce que je dis c'est que la réapprpriation de l'urbanisme urbain par les populations citadines est aussi un de leurs objectifs. si on dit qu'il y a des clochards dans les villes qui meurent l'hiver et qu'il est possible de les reloger qu'à condition de briser la spéculation immobilière, c'est bien essentiellement dans les villes que ça se passe et pas exclusivement dans les campagnes. Ce que je veux surtout exprimer, c'est que j'ne sens pas les anarchistes comme des anti-villes aussi irréductibles que ce fil pourrait vouloir les faire passer. Les excès d'urbanisation sur lesquels nous n'avons aucun controle, oui. Si têtatutelle imagine encore que les anarchistes vont l'interdire de vivre en ville ou qu'une fois pas mal de luttes abouties elle serait sous la menace de méchants khmers libertaires qui s'apprêteront à la déplacer dans une campagne où elle ne veut pas aller, elle s'inquiète pas un peu excessivement, mais trop. Un peu comme moi dans mon précédent message si on veut aller par là.
La totalité des exemples qu'a pris tetatutelle se retrouvent aussi bien en ville qu'en campagne. Comment établir une théorie à partir de ça ? Je connaissais une agoraphobe sur paname qui est bien mieux aujourd'hui chez sa mère et à s'occupper de chevaux qu'à devoir toujours justifier 'mais pourquoi tu sors ? c'est pas psychosomatique ton truc ??' Moi, il m'a pas fallu 6 mois pour apprednre ce qui lui était arrivé, pas besoin de faire de dessin. Et repliée sur elle-même ne lui aurait servi à rien. Et si c'est pas la voisine d'en face dans le 20ème de paname, c'est la boulangère qui renseigne les keufs si ton attitude lui parait bizarre. Ah ça te tombera ptet sur le nez sans que tu l'ais vu venir oui... mais bon, si j'établissais toute une théorie générale à partir de ça, bof, bof...
En ce moment je vis à la campagne si on peut dire. Un village plutot fermé sur lui même. Mais tu fais 12 km et c'est plus du tout la même. Pourtant c'est aussi un village de campagne. Quand j'vivais en Bretagne, j'ai vu bien plus de fest noz réunissant toutes les générations, avec des gouts musicaux pour tout le monde, dans les petis bleds paumés que de réunions d'anarchistes individualistes, vivant dans les grandes villes et causant de s'émanciper en se repliant sur eux mêmes. C'est aussi sur Montpellier que les enfants peuvent aller dans des écoles recourant aux pédagogies Freinet, pas dans les centaines de petits villages de l'hérault. Donc, si un jour je m'en rapproche, ça sera pas juste pour trouver du boulot ou vivre dans l'anonymat. Bref, tisser des liens sociaux ça peut aussi bien se faire dans les villes que dans les campagnes. Vivre cloitrés chez soi dans la peur de l'autre peut se faire aussi bien dans les unes que dans les autres. Chercher à opposer systématiquement les uns aux autres me semble naturellement obsolète. Elle n'est pas là pour moi la fracture, encore moins la solution. Sauf à vouloir dénigrer les délinquants en se servant de gens qu'on appelle des clochards, j'vois pas l'intérêt de ramener l'anarchisme là-dedans. Qu'elle veuille vivre en ville, c'est son droit. Elle me semble plus vouloir vivre seule surtout... Bon, ben les personnes agées que j'ai croisé dans les grandes et qui en sont à subir de telles situations me semblaient pas tres épanouies non plus. C'est tout. J'vois pas comment on peut lier l'un à l'autre, comme ça, en claquant des doigts, juste parce que c'est écrit. Vivre à la campagne n'est pas une norme anarchiste. Souhaiter vivre en ville n'en ferait pas des déviants. Y'a tellement de place sur cette planète, mais pourquoi s'emmerder la vie avec des paranos pareilles ? Pour sembler différentEs ? Uniques ??
Maintenant concernant les technologies, pour qu'elles soient émancipatrices faut pouvoir en disposer. Sinon, elles peuvent fort bien devenir aliénantes et sources de profondes inégalités. Et puis surtout, je vois pas du tout pourquoi ça serait des domaines hors du controle des populations. Les scientifiques aussi ont des comptes à rendre. Et pas seulement des promesses à me faire que ça guérira le cancer.
Bon, attend, je tire une dernière taffe ( aspire... ), et j'te refile la calumet. A+
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Vladimiryapadchef
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Libertad, à propos des naturiens et de leur appartenance à la mouvance individualiste, que penses tu de ce commentaire : - Critiques:
"La tendance "naturienne" et "néo-naturienne" apparaît
sympathique en tant que considérée comme réaction contre le surmenage
fiévreux, insensé de l’industrialisme et du commercialisme spéculateurs
et rationalisés. Mais que cette tendance prétende représenter
l’individualisme anarchiste, c’est ce qui ne saurait se concevoir !
(...) Ce que les individualistes entendant par naturisme, c’est la
réalisation de leur nature individuelle ; c’est la faculté, la
possibilité – la liberté – de vivre, chacun d’eux, selon leur nature
ou, ce qui revient au même, selon leur conception particulière et
personnelle du "naturel" (...) Il y a un naturisme individualiste qui
revendique pour chacun de ceux qui le veulent "le droit" de vivre sa
vie selon sa nature (tempérament, instincts, goûts, imagination, etc.),
à ses risques et périls, sous réserve de la réciproque à l’égard
d’autrui et sans empiéter sur la façon de vivre de cet autrui (...)
sans se soucier si cela ne concorde pas avec le critère moral des
salariés de la haute ou basse police des sociétés – sans se soucier si
c’est ou non d’accord avec le naturisme des ascètes, des abstinents,
des réformateurs des moeurs publiques ou privées, dont le moins qu’on
puisse dire est qu’on ne les voit jamais désavoués par les dirigeants
politiques et les profiteurs économiques " Le Naturisme individualiste, (suppt à l’En-dehors, n° 212-213, 15 août 1931) retrouvé dans Sa vie, sa pensée, son oeuvre, La Ruche Ouvrière, Paris, 1964, p. 362-367
- Emile Armand
Quand à ce qui est l'origine des idées écologistes chez les anarchistes, il en existe qui font remonter cela à.. Bakounine. Qu'en penses tu ? Tu dis aussi : Le mouvement anarchiste est depuis sa naissance un mouvement urbain et
n'a jamais été implanté sur une longue période en milieu rural ou même
"sauvage".
On ne peut quand même pas mésestimer les paysans qui ont suivi Makhno. Et Gaston Leval ou Murray Bookchin par exemple insistent -le premier- sur les expériences rurales de l'espagne libertaire ( bien plus efficaces que dans de nombreuses usines ) et -le second- sur l'esprit de liberté encore présent chez les anarcho-syndicalistes espagnols venant pour la plupart des campagnes pour trouver du travail alors dans les villes. Je serai donc plus mitigé, même si la tournure du mouvement anarchiste considéré d'un point de vue global est essentiellement ouvrière, donc urbaine.
Pour le reste de ce que tu dis, notament sur l'utilité de la technologie, je suis content que tu ais montré qu'on n'était pas non plus forcé de tomber dans la provocation.
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Vladimiryapadchef
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pas non plus forcé de tomber dans la provocation.
Ce qui vaut aussi pour moi... naturellement.
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libertad
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Vlad, en fait Armand n'était pas naturien bien qu'il ai eu une certaine sympathie pour eux, pas plus qu'il n' a crée de milieu libre, bien qu'il en ai été le principal propagandiste à traveers ses journaux. Le naturisme ( à ne pas confondre avec le nudisme ) était un mouvement large qui allait bien au-delà des anarchistes et qui pronait une vie saine au niveau nourriture, grand air, etc... Pour Bakounine, il me semble que c'est un aspect un peu secondaire de ses écrits et qu'il a peu développé mais Bakounine écolo, j'en connais un qui va faire une crise ;-)
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marcel batifolle
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Je suis content de voir tant d'optimismes rassemblés concernant la capacité des anarchistes contemporains à penser le futur sans avoir les yeux uniquement dans le dos. Mais pour ma part je reste d'un grand scepticisme. J'étends d'ailleurs ce scepticisme à la pensée de la ruralité. Car si la technologie et l'urbanité sont délicates pour des raisons historiquement faciles à comprendre - il aurait été difficile pour le mouvement anarchiste de s'immuniser contre les virus ambiants, il n'était pas d'ailleurs à l'époque, toute fin des années 60 et années 70, dans un état de santé général qui lui aurait permi de le faire avec force, quand bien même l'aurait-il souhaité - la campagne n'a guère été mieux traitée.
Et cela également nous en voyons quotidiennement les conséquences encore aujourd'hui, et toujours avec cette même difficulté à s'extraire d'un contexte général d'impuissance à penser le monde. Là une autre cause vient se surajouter aux précédentes, à savoir que les temps "prospères" de l'anarchisme étaient des temps où il était plus difficile de penser vraiment le monde autrement que comme une accumulation d'entités dissociées qu'une simple extension théorique du fédéralisme permettait de gerer. Symptomatiques sont ces replis constant sur ce qui parait, illusoirement bien souvent, accessible, faisable. Au point que parfois, dans les cas les plus extrêmes, la ruralité alternative devient simple addition de micro-collectifs, nécessairement dans des états d'autarcie plus ou moins avancés. L'idée par exemple en économie de circuits courts, supposés rapprocher le "producteur" du "consommateur" -on lutte contre des mots maintenant, la réification est déjà advenue - participe bien de cette incapacité grandissante à penser le global. Comme si le rétrécissement du cadre, l'élimination de circuits supposés par définition être contraires au projet émancipateur - on finit pas se demander si les cargos dans une société libertaire navigueront par magie, spontanément, ou même s'ils circuleront tout court, était la bonne clé de la bonne porte. La nanotechnologie percue comme thème "provocateur" - ce qui est en soit est une confirmation presque suffisante - laisse la place aux infrastructures médicales (on notera d'ailleurs que c'est justement dans le soin du corps que les nanotechnologies pourraient bien...mais passons) qui semblent encore être reconues d'utilité publique - plus pour tout le monde ne l'oublions pas, puisque les végétaux des forets tropicales les remplaceraient avantageusement pour certains - et bien si on maintient l'hosto comme consensus temporaire, ca tombe à pic car il se trouve par chance qu'il est à lui seul un concentré suffisant de presques toutes les technologies, de tous les flux de marchandises, et de marchandises qui poussent dans des usines ou encore des mines et non spontanément dans au bois de Vincennes,
Il suffirait donc, effectivement, de penser l'hôpital pour en fait tout penser. Evidement il faut le penser pour tout le monde, égalité des peuples devant l'accès aux scanners ou à la chirurgie au laser. J'approuve donc entièrement l'idée de penser l'hôpital - que je préfère à l'école parce que en fait l'école permet de tricher, on met quelques tables et quelques chaises, un tableau noir et une jeu de craies, et le tour, si on le veut vraiment, est joué :-).
L'anarchisme, dans un mouvement contre (sa) nature, participe désormais à sa manière aux replis qui traversent tous les mouvements en délicatesse avec la mondialisation marchande, qu'ils soient de droite ou de gauche, certes il ne pose pas la nation (encore que parfois...) ou l'Europe comme cadre, ce qui lui donne encore une certaine force, mais je ne suis même pas très convaincu que si rien n'était fait dans un avenir raisonablement proche dans le temps, il ne finisse pas lui aussi par être tenté de se replier sur des frontières, celles-là même qu'il refuse par ailleurs. (Mais la frontière, tant décriée par ailleurs, n'est en définitive bien souvent qu'une réalité historique guère différente de celle que pourrait établir, ou serait tentée d'établir, la communauté de 30 personnes ou de 8 copains. Qu'on le veuille ou non l'impuissance - contemporaine et contrenature dans le cas de l'anarchisme - à penser le monde comme un tout ne peut que conduire à des formes de replis, de protection, de... protectionnismes :-))
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tetatutelle
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Au contraire, j’ai tellement de choses à répondre que je ne peux m’en empêcher.
"La voisine d’en face qui a mis son nez dans la vie de couple de tes grands-parents (déjà en échec, elle l’a achevée, ayant provoqué la séparation qui sans cette ingérence extérieure n’aurait jamais eu lieu !) et s’est occupé de donner des conseils pour ton éducation !"" n'existerait pas en ville ? »
Je ne suis pas aussi radicale, on peut toujours tomber sur une exception. Je dis simplement que plus le périmètre d’une commune est grand, moindre sont les risques de subir ce genre de situation, le périmètre créé de la distance entre les gens, c’est reconnu par tous (les Français). Et si je le crois, c’est que ça paraît logique. Je le répète : s’occuper des oignons de 400000 personnes nécessite tellement de temps du premier au dernier que les plus acharnés essayant de s’y atteler quand même se découragent en général avant la fin. Et la majorité préfère y renoncer tout de suite.
« Le traditionalisme catholique, vive l'épouvantail, ne se retrouve pas en ville ? »
Bien sûr que cela dépend aussi à quel prêtre on a affaire. Mais c’est pareil, il est plus facile de surveiller de près la vie personnelle de 200 paroissiens réguliers pratiquants que d’en surveiller 1000. Et je tiens ceci d’un fervent pratiquant catholique de la petite ville où j’habite (36000 habitants) (et pas un traditionnaliste puisqu’il est militant ou sympathisant du PCF !), il m’a dit, sûr de lui, que l’œcuménisme (offices et réunions communs entre catholiques et protestants réformés ou luthériens) dans les campagnes, c’est encore loin d’être entré dans les esprits et accepté. Des villageois catholiques en sont encore aujourd’hui à considérer un protestant comme un démon. Il connaît l’exemple d’un prêtre qui s’est fait viré par ses paroissiens pour motif de simplement « trop de complaisance » dans ses relations avec les protestants. Sincèrement, si ce genre de comportement se rencontre à Paris, on en entend pas beaucoup parler !
« J'aime beaucoup me ballader dans paname. Mais ça ne m'empêche pas d'y être quelques fois mal à l'aise à la vue de toutes ces vitrines de magasins. »
A bon, mais dis-moi voir tu ne manges jamais alors ? Et tu te ballades tout nu ? (Attention à l’arrestation pour attentat à la pudeur !). Ou tu attends que tes vêtements soient déchirés pour en acheter des autres ? Tu ne portes pas de montre (on peut savoir l’heure à partir du soleil, il suffit de se le faire apprendre). Si tu es une femme, un petit bijoux de temps en temps ne te fait pas plaisir ? Si en tant qu’homme tu as une femme ou une petite amie, tu n’aimes pas non plus lui faire plaisir ? A moins, comme les primitivistes, de prôner le retour à la vie préhistorique, explique-moi comment on peut se passer des magasins. Et je le répète, quand ma mère et ma grand-mère m’y emmenaient promener entre cinq et dix ans (à l’âge où la pourriture du profit n’a pas encore eu le temps de nous atteindre), moi je m’y sentais plutôt à l’aise et je n’y peux rien.
« Bref... J'aimerai pouvoir retrouver le contexte du texte de ce copain qui aurait écrit : l'anarchiste individualiste fuit les villes. »
Et bien c’est simple et je l’ai indiqué dans mon article mais je le répète une fois de plus. C’est tout simplement l’article du site de « l’En-Dehors » (mais pas le journal, le site !) expliquant ce qu’est l’individualisme anarchiste. Tu vas dans « philosophie libertaire ». Ceci dit, à part ce truc-là et le fait d’être considéré esclave si on suit ses penchants, je suis d’accord avec tout le reste de ce texte.
« Comme un précédent intervenant, j'aimerais aussi que tu m'expliques le lien entre anarchiste individualiste et repli sur soi. Ce serait obligatoire ? »
Le texte que je viens de te citer le dit, puis bien sûr « l’Unique et sa propriété » de Stirner. Bien sûr que non que ce n’est pas obligatoire puisque le propre de l’individualisme anarchiste est justement de n’obliger à rien. Mais c’est la seule philosophie, à ma connaissance, qui érige clairement l’asocialité comme « un droit inaliénable ».
Sur mon « soit-disant » état maladif, tu n’as pas compris. Je voulais seulement dire que j’avais peur des réponses des copains mais c’est bien entendu de l’humour : si je ne souhaitais vraiment pas de réponse, je n’aurais pas posé la question !
Têtatutelle
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tetatutelle
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"Il y a un naturisme individualiste qui revendique pour chacun de ceux qui le veulent "le droit" de vivre sa vie selon sa nature (tempérament, instincts, goûts, imagination, etc.), à ses risques et périls, sous réserve de la réciproque à l’égard d’autrui et sans empiéter sur la façon de vivre de cet autrui (...) sans se soucier si cela ne concorde pas avec le critère moral des salariés de la haute ou basse police des sociétés – sans se soucier si c’est ou non d’accord avec le naturisme des ascètes, des abstinents, des réformateurs des moeurs publiques ou privées, dont le moins qu’on puisse dire est qu’on ne les voit jamais désavoués par les dirigeants politiques et les profiteurs économiques." Ah, enfin un texte en exact accord avec ma pensée ! C'est rassurant d'en voir un de temps en temps et j'ai un plaisir particulier à y voir figurer le mot "ascète". Je n'ai rien à ajouter à cela, voici exactement présentée là ma manière de vivre. Têtatutelle
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tetatutelle
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« Je connaissais une agoraphobe sur paname qui est bien mieux aujourd'hui chez sa mère et à s'occupper de chevaux qu'à devoir toujours justifier 'mais pourquoi tu sors ? C'est pas psychosomatique ton truc ??' Moi, il m'a pas fallu 6 mois pour apprednre ce qui lui était arrivé, pas besoin de faire de dessin.
Et repliée sur elle-même ne lui aurait servi à rien ».
Cette affirmation est-elle « la sienne »….ou la tienne ? Moi je considère comme la pire des autorités le fait de décider à la place d’un individu la thérapie qu’il lui faut (de quelque nature qu’elle soit et quel que soit le mal à traiter), même si on pense le savoir mieux que lui-même, je trouve ça contraire au principe d’autonomie pourtant si cher à l’anarchisme. On agirait ainsi pour lui éviter de se planter ? C’est alors un réflexe possessif. Sa vie lui appartient et s’il se plante, il assumera lui-même son erreur. Il peut mettre la faute sur les autres ? Sont-ils obligés de se laisser accuser ainsi accuser à tort ?
« Elle me semble plus vouloir vivre seule surtout... Bon, ben les personnes agées que j'ai croisé dans les grandes et qui en sont à subir de telles situations me semblaient pas tres épanouies non plus ».
Il se trouve que je suis à un âge où la santé permet largement de n’avoir besoin de personne. Quand je serai vieille (mais ce sera vraiment à la dernière limite, crois-moi !) je serai bien évidemment obligée de recourir aux autres. Si pour cette unique raison, on veut m’obliger à les intégrer dans ma vie personnelle et écouter leur conseil dès maintenant, je considère que c’est là un cas « d’abus d’incitation à la sociabilité » et de la fausse réciprocité. Dire amen aux autres parce qu’on aura besoin d’eux quarante ans plus tard, faut tout de même pas pousser, où allons-nous ?!
Têtatutelle
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tetatutelle
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"J'ai quelques réflexions sociologiques là-dessus mais je n'ai pas creusé davantage. Pour le moment. Notamment sur le fait que par sa "libéralité", le mouvement anarchiste est utile à la société qui lui "envoie" ses éléments mal à l'aise (au minimum), mais qui ne font pas forcément d'eux des anarchistes conséquents et constructifs (c'est une réflexion inspirée par une camarade "chevronnée" de la FA et de Bonaventure)." Nous y voilà ! Voici renvoyé d'une certaine manière cet argument de défense bien connu du milieu anarchiste dont le souci est de ne pas être assimilé à un "pot de chambre" se récupérant tous les partisants du cahots ! C'est beaucoup moins le vocabulaire négatif que le principe qui me gène là-dedans. On place déjà une limite et on laisse entendre qu'on exclut pas, le cas échéant, d'en recourir à certaines exclusions si la différence d'une petite minorité est vraiment trop marquée. Et bien les partis de pouvoirs en font autant, le sais-tu ? Dans l'optique individualiste, on a pas à exiger d'un militant qu'il soit "un anarchiste conséquent et constructif". Têtatutelle
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tetatutelle
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Comme dirait l'autre je conclurai par ces mots. La lecture de tout ça (sauf une ou deux exceptions allant dans mon sens) me laisse clairement voir que je ne suis pas dans le coup. Je suis à la fois pour la ville et sans auucne hésitation pour le progrès scientifique. Non mais j'en arrive à me demander quels sont vos âges à vous tous ? Entre dix et quinze ans ? Moi qui en aurai 36 dans un mois, j'ai eu le grand privilège d'apprendre de ma grand-mère (enfant et adolescente durant la seconde guerre mondiale) qu'elle a assisté à la mort à petit feu d'une de ses grandes soeurs d'un cancert qu'on ne savait pas soigner à l'époque. Elle a de suite ajouter que sa mère a eu simplement de la chance de ne pas attraper l'apendicite qui à son époque (fin 19ème - début 20e) ne se guérissait pas non plus ? Et oui ! Le saviez-vous ? Je n'ai qu'une question : est-ce à cela que vous souhaitez revenir ? Têtatutelle
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Rakshasa
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Si ça peut te rassurer je suis un infâme partisan de l'automation, mais c'est un autre débat...
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Anonyme
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A propos des voisines d'en face qui mettent leurs nez dans tes affaires en villes, Je ne suis pas aussi radicale, on peut toujours tomber sur une exception.
Et encore, si c'était qu'une exception... Peu importe la taille d'un périmètre, ta voisine d'en face restera toujours celle d'en face. Et si j'y crois, c'est parce que ça me parait logique... Humour à peine dissimulé dans cette remarque... :-)
A propos du traditionalisme catholique en ville :
Des villageois catholiques en sont
encore aujourd’hui à considérer un protestant comme un démon. Il
connaît l’exemple d’un prêtre qui s’est fait viré par ses paroissiens
pour motif de simplement « trop de complaisance » dans ses relations
avec les protestants.
Apparement, il semble que les communistes du PC soient encore au gout de certaines méthodes pravdaienne... Plutot que des ragots, j'aimerai avoir des noms, des lieux... que ça soit au moins possible de vérifier. Je n'ai rien à croire sur parole. Ce qui est affirmé sans preuves peut être rejeté sans preuves. Mais le pari de St Nicolas du Chardonet tient toujours... C'est d'ailleurs bel et bien l'endroit rêvé pour y trouver des catholiques farouchement opposés à l'oeucuménisme, tu n'auras aucun mal cette fois à le vérifier. Encore faut il que tu acceptes de t'en donner la peine. Pour ma part, je ne suis pas du genre à sortir de ma manche le bon protestant symbole de liberté religieuse et ne vois dans l'oeucuménisme qu'une simple stratégie. Catholiques et protestant n'ont jamais eu besoin de cela pour s'allier contre l'athée. Là aussi, toute l'histoire te le prouvera. Et leur histoire commune est pleine d'autres alliances de ce genre, contre des paysans trop désireux de vivre libres, contre les femmes, contre l'éducation libre et complète des enfants, contre les juifs aussi... bref, contre tout ce qui n'était pas du bercail. A ce sujet, savais tu que Bush n'était pas catholique...
A propos de TOUTES les vitrines de magasins, le ressenti décrit plus haut est implicitement contenu dans la formulation de la phrase. Il ne s'agit donc pas de se demander si je veux pouvoir connaitre l'heure ou manger...
A propos de l'agoraphobe maintenant.
repliée sur elle-même ne lui aurait servi à rien ».
Cette affirmation est-elle « la sienne »….ou la tienne ?
La sienne. Chaque fois qu'elle me demandait de l'emmener là-bas du moins et encore aujourd'hui lorsque nous nous avons au telephone. Comprend bien que l'anonymat n'est pas suffisant pour une agoraphobe. La peur du monde et de la foule est son malaise. Mon autorité en ce domaine n'a fait que se contenter de répondre présent lorsqu'elle en faisait la demande, même si j'eu parfois à rappeler ma disponibilité tout en écartant pour elle la possibilité de se culpabiliser de la refuser. la pire des autorités la concernant aurait été de la gaver de médicaments en attendant qu'elle prenne conscience de ses volontés d'autonomie. entre discours à son sujet et celui de sophrolmogue qui l'aurait guérit à 75 euros la scéance, je n'y vois aucune différence. Ton "je m'en foutisme" rejoint à l'évidence son exploitation de ses souffrances.
Ah oui, petite précision au sujet du telephone puisque nous en causons ici. J'ai toujours le même depuis 6 ans... lol.
Pour ton affirmation que tu es à un âge où la santé permet largement de n’avoir besoin de personne. Je ne la commente pas. Surtout d'une personne ayant besoin de tout ce système marchand exposé dans toutes les vitrines de magasins, et donc de ce qui va avec. Ta propre expérience, et je n'évoque pas cette virtuelle expérience d'internet, je parle de ton expérience dans la vie reelle, ta propre expérience donc, suffit - et je le sais bien- à montrer que tu ne vis même pas ce que tu écris... Il n'y a là aucun abus de pousser à la sociabilité de ma part. C'est seulement dirai-je le fruit de la longue ( ou courte ) histoire de l'humanité.
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Vladimiryapadchef
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Il y a eu d'ailleurs une erreur de frappe lorsque j'ai évoqué cette agoraphobe. Elle n'avait pas à se justifier continuellement de "pourquoi tu sors ?", mais bien de "pourquoi tu ne sors pas ?".
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Vladimiryapadchef
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Si ça peut te rassurer je suis un infâme partisan de l'automation, mais c'est un autre débat...
Si tu veux parler du remplacement du travail des hommes par le développement des machines, je le suis aussi. Je m'interroge toutefois... Sur la production d'énergie à mettre en place à cette fin, sur l'effet medical de certaines applications ( une centrale nucléaire est entièrement automatisée pratiquement, faire poser de l'amiante par des machines ne règlerait aucun problème, j'ai vu encore tellement de pauvres gars cantonés à propulser du béton grace à des systèmes de pompes et de longs tuyaux tout en continuant de se bousiller les poumons que je sais bien que l'usage des machines est encore sous-tendue à de nombreux autres critères... )
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Vladimiryapadchef
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Et cela également nous en voyons quotidiennement les conséquences
encore aujourd'hui, et toujours avec cette même difficulté à s'extraire
d'un contexte général d'impuissance à penser le monde.
Marcel, tu ne me parlais pas du tout de ça. Et maintenant, évoques tu l'impuissance à penser le monde tout seul ou bien l'impuissance à le penser tous ensemble ? L'un n'est pas l'autre. Tu m'a mis plutot devant des raisonnements qui consistaient à mettre les anrchistes devant l'obligation de comprendre toutes les évolutions scientifiques, ce qui n'existe pas même chez les scientifiques ( et je ne parle même pas de ceux qui ont l'esprit tordu ). Mais si tu veux croiser des guignols athées qui prétendront être à la page de côté, je peux t'en présenter sans aucun problème. Pour ma part, et définitivement, je ne vois aucune nuisibilité à penser des villes moins industrialisées, moins nocives à leur environnements. Merde, on a déjà tant de mal à rappeler à certains écolos ( les profonds par exemple ) que l'homme n'est pas un élément extérieur à la nature, si c'est en plus pour passer son temps à se justifier devant des anarchistes que les villes ne sont pas hors nature non plus, où c'est qu'on va ???
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Vladimiryapadchef
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Pour ma part, je ne suis pas du genre
à sortir de ma manche le bon protestant symbole de liberté religieuse
et ne vois dans l'oeucuménisme qu'une simple stratégie. Catholiques et
protestant n'ont jamais eu besoin de cela pour s'allier contre l'athée.
Là aussi, toute l'histoire te le prouvera. Et leur histoire commune est
pleine d'autres alliances de ce genre, contre des paysans trop désireux
de vivre libres, contre les femmes, contre l'éducation libre et
complète des enfants, contre les juifs aussi... bref, contre tout ce
qui n'était pas du bercail. A ce sujet, savais tu que Bush n'était pas
catholique...
Là aussi, quelque chose à sauter... J'ajoutais, mais son aile néocons antipaïenne, antilesbienne, antihomo, oui !!!
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ibubolo
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Comme dirait l'autre je conclurai par ces mots. La lecture de tout ça (sauf une ou deux exceptions allant dans mon sens) me laisse clairement voir que je ne suis pas dans le coup. Je suis à la fois pour la ville et sans auucne hésitation pour le progrès scientifique. Non
mais j'en arrive à me demander quels sont vos âges à vous tous ? Entre
dix et quinze ans ? Moi qui en aurai 36 dans un mois, j'ai eu le grand
privilège d'apprendre de ma grand-mère (enfant et adolescente durant la
seconde guerre mondiale) qu'elle a assisté à la mort à petit feu d'une de ses grandes soeurs d'un cancert qu'on ne savait pas soigner à l'époque. Elle a de suite ajouter que sa mère a eu simplement de la chance de ne pas attraper l'apendicite qui à son époque (fin 19ème - début 20e) ne se guérissait pas non plus ? Et oui ! Le saviez-vous ? Je n'ai qu'une question : est-ce à cela que vous souhaitez revenir ? Têtatutelle
Sérieux, ça serait bien que tu esseyes d'imaginer combien d'esclaves il faut pour ne pas revenir à ça... Le progrès scientifique est précisément ce qui fait qu'on crève toujours plus de cancer... Puis découvrir un remède ne signifie pas y avoir accès... à moins que tu sois persuadée d'être sur l'arche de la science qui sauvera ta télé de l'infâme bougie rupestre... C'est bien beau de parler de ta famille qui a souffert, mais en étant sans aucune hésitation pour le progrès scientifique, tu en feras souffrir bien plus... imagine juste...
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tetatutelle
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"Sérieux, ça serait bien que tu esseyes d'imaginer combien d'esclaves il faut pour ne pas revenir à ça..." Non, je n'arrive vraiment pas à imaginer, excuse-moi. Le progrès scientifique est justement ce qui a rendu le travail moins pénible : je préfère mille esclaves sur des ordinateurs qu'un seul dans un champ. Je t'inviterais bien à venir voir mon voisin d'à côté (d'une soixantaine d'année !) en train de mettre sa vie en danger à vouloir encore conduire avec ses jambes et ses reins complètement abîmés (qu'on lui rentre dedans à 20 à l'heure et il se retrouve à l'hôpital !). Il doit ça au travail du bois et de l'agriculture à partir de 13 ans. Bien sûr on ne lui a pas demandé son avis, il n'était pas fils d'anar, c'est pourquoi bien endoctriné de morale conservatrice, bien qu'ayant choisi le métier de gendarme (un défaut à lui pardonner, je n'en suis pas responsable) il a continué ça tous les week-end (voilà son loisir !) jusque largement après sa retraite. Voilà où ça l'a conduit ! Je demande en revanche à voir les résultats de la visite médicale de fin de carrière d'un informaticien ! Sa vue ? Il ne faut pas attendre d'être aveugle pour porter des lunettes, on m'en a fait porter pour ma part dès l'âge de trois ans, je ne dois donc pas mon problème à un excès d'utilisation de l'informatique. L'informatique n'était qu'un exemple. Si les ouvriers qualifiés d'aujourd'hui sont des esclaves, la technique n'y est pour rien. La solution, toute simple : obliger les patrons à réduire les cadences infernales que "eux" en tant "qu'humains" et non machines, imposent. Ils profitent justement de ce fait que le progrès rend le travail moins pénible pour en augmenter le rythme et en allonger les horaires. Et si malgré cet argument vous choisissez de persister dans votre position, je vous avoue sans aucune culpabilité qu'entre un malade du cancer hurlant sur son lit de mort (comme la soeur de ma grand-mère), une future maman hurlant sur son lit d'accouchement (ma propre mère avec le siège qu'elle a subit pour moi "sans péridurale" à l'époque !) et des gens qui simplement se fatiguent au travail, les premiers me font davantage pitié que les seconds. "Le progrès scientifique est précisément ce qui fait qu'on crève toujours plus de cancer..." Une partie seulement du progrès scientifique. Mais parallèlement ce même progrès à trouver comment en soigner un sur trois et même souvent à les prévenir, à condition bien sûr là encore qu'on attende pas là dernière minute pour passer des examens de contrôle. Je ne comprends pas cette constante façon radicale de vouloir résoudre les problèmes et elle m'indispose au possible. Est-ce interdit de se mettre autour d'une table et de réfléchir deux minutes au comment on pourrait ôter au progrès technique ces défauts constatés qui font que finalement il dessert l'humain au lieu de le servir ? Mais c'est tellement plus facile de se résigner en concluant d'office qu'il n'y a de toute façon aucune solution !
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tetatutelle
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Je te trouve particulièrement dur dans ce nouveau commentaire et suis tentée d’en déduire (dis-moi si je me trompe) que pour ta part tu ne me considères pas comme anarchiste.
« Ton "je m'en foutisme" rejoint à l'évidence son exploitation de ses souffrances. »
Voilà, exactement comme ces gens en question qui m’entourent et me poussent dans la solitude, ce que tu nommes « je m’en foutisme », moi je le nomme « respect de la volonté et de la décision autonome de l’individu ». Je préfère effectivement ne rien décider pour quelqu’un que de prendre à sa place une décision qui soit contraire à sa volonté, « même si je pense que c’est pour son bien » car qui suis-je (Dieu, l’Empereur, le Procureur etc…) pour déterminer « à sa place » ce qu’est son propre bien et son propre mal ? Sa vie lui appartenant en propre, je ne m’accorde pas le droit de me l’octroyer, même ne serait-ce qu’en infime partie. Si elle veut la mettre en danger d’une manière ou d’une autre, personne ne doit le lui interdire (sauf dans certains cas tels que mère d’enfants mineurs, un malade ou un handicapé à charge car bien sûr dans ce cas eux doivent passer en priorité par rapport à elle). Si tu ne comprends pas que mon attitude est tout le contraire de l’indifférence, alors je n’y peux rien. Les médicaments pour soins de la dépression, je suis contre aussi, rassure-toi. Cela me paraît impossible que les malades y consentent en faisant l’expérience reconnue de tous de tels effets secondaires. Et je suis des mieux placées pour savoir que les thérapies à 75 euros ne sont pas à la portée de chacun. Cela me donne en même temps l’occasion de répondre à ton invitation de me rendre dans l’église que tu me cites : provinciale, je n’ai plus les moyens de m’en rendre à Paris (je les ai eu) sauf si on me paye le voyage.
« Une personne ayant besoin de tout ce système marchand exposé dans toutes les vitrines de magasins, et donc de ce qui va avec. »
Non, avec ce « et donc ce qui va avec », tu es complètement à côté. Au lieu de toujours compter les travailleurs, compte voir un peu les chômeurs et autres exclus. Si chacun travaillait, on en serait à 25 ou 30 heures /semaine (et je suis peut-être encore au-dessus !) pour exactement le même rendement produit. Ajoute à cela l’autogestion et la suppression de l’argent, peux-tu me dire où est encore l’esclavage ?
Têtatutelle
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ibubolo
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tu t'es jamais demandé combien d'esclaves il faut pour produire un ordinateur ?
puis zut, tu veux quoi ?
viens chez moi ou d'autres... chez moi, t'es invitée
je sais pas ce que tu cherches...
bienvenue
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Rakshasa
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Engels dans "le droit à la paresse" calcule que déjà à l'époque avec les machines que l'industrie possède déjà, le temps de travail devrait-être de 3 heures par jour ! 3 heures au 19e siècle !Vous voyez le problême aujourd'hui, et comment l'écart entre riches et pauvre est démultiplié par la manière dont sont exploitées les technologie modernes.
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Rakshasa
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Scusez pensée a fourché, heure tardive... c'est évidemment Lafargue...on reste en famille...
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Digger
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Cela fait très longtemps que je
n'avais pas visité un site anar. Le hasard m'a conduit vers
l'En Dehors. On peut être absent quelques dizaines d'années
et reprendre le cours de la conversation. Ben oui, je commence à
me faire vieux.
Rassurez-vous, je vous épargnerai
les "leçons" et le "bon vieux temps".
"Anarchie" et "anarchiste"
sont des mots qui me sont devenus étrangers. Parce qu'ils
contiennent le danger de dogmes, aussi paradoxale que cela puisse
paraître. Ceux qui s'en réclament restent des compagnons
de routes.
Ville, campagne, quelle importance ?
L'homme libre - celui qui cherche à l'être le plus
possible - peut évoluer dans n'importe quel environnement. La
première différence est je pense, de savoir si cet
environnement est choisi ou subi. En cela tu as raison Tetatutelle
Mais je ne suis pas certain qu'il existe des caractéristiques
du citadin et du rural. Personnellement, j'ai besoin de la terre. Le
besoin physique d'avoir les pieds et les mains dedans. C'est mon
truc. Mais je n'en fais pas une valeur universelle.
Né rural, ayant vécu en
ville pendant un temps (subi) je suis revenu (choix) en milieu rural.
J'ai vu la solidarité et l'égoïsme dans les deux
milieux. Je suis vu sans doute comme quelqu'un d'un peu curieux, mais
intégré et accepté.
Désert culturel ? C'est aussi
une idée reçue, ou une conception de la "culture".
Prenons les choses à l'envers. Dans le désert, il n'y a
rien et il faut construire. En ville, tout est à portée
de mains. Il est toujours possible de trouver quelques personnes
intéressées pour organiser un concert, introduire des
auteurs et des bouquins dans une bibliothèque municipale,
discuter avec un instit d'une sortie scolaire, etc... Et il existe
des lieux alternatifs en campagne.
Le conservatisme rural. Oui, sans
doute, parfois. Mais la France n'est plus rurale et le conservatisme
demeure.... L'image du notable. Oui. Mais le notable urbain
indéboulonnable existe aussi.
Si je veux, quand je veux, je peux
aller à la mairie et rencontrer le maire. Dans une ville de
100 000 habitants, c'est plus difficile.
Vivons où nous souhaitons
vivre...mais vivons....
Digger
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tetatutelle
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Merci Rakshasa, heureusement que tu voles à mon secours de temps en temps pour remettre un peu en place ces partisans finalement du néant. Si on les écoute : on ne mange plus et on ne se soigne plus et donc "on est foutu" ! Problème réglé alors. Plus besoin de se poser la question de l'égalité entre l'homme et l'animal : ce sera la supériorité de l'animal sur l'homme puisque lui demeurera alors que l'homme sera mort. Voilà où nous aura conduit une conception aussi extrême que ridicule de l'égalité. Pardonnez-moi ce brin d'agressevité, j'atteins ici les limites de ma patience, c'est pourquoi je vous laisse continuer entre vous si vous voulez, moi je passe à d'autres sujets. Salut Têtatutelle
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tetatutelle
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"Tu t'es jamais demandé combien d'esclaves il faut pour produire un ordinateur ?" Comme je dis précédemment, on en finira jamais. Si vous voulez (presque tous, pas que toi) supprimer (ce que vous appelez) le travail et en supporter la conséquence apocalyptique que je viens d'évoquer dans mon précédent message (auquel j'ai répondu avant le tient, voilà pourquoi j'apparaît une dernière fois), libre à vous, mais ne comptez pas sur moi pour vous suivre dans cette voie. Je reconnais ton grand coeur Ibubolo, qui me formule ton invitation mais si je dois rentrer chez des anars je préfère commencer par ceux qui sont (presque) en tous points en accord avec mes idées. Je pense que l'apprentissage a ses étapes et pratiquer l'opposition politique (je parle bien sûr interne) avant le partenariat ne met pas forcément à l'aise un(e) nouveau(elle). Têtatutelle
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ibubolo
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c'est bien ce que je disais... par tes articles, tu es train de tester tout les petits points qui pourraient te froisser chez les anars, tout comme on tâte un matelas ou un melon dans la boutique avant de l'acheter...
La perspective de se faire mettre en sac pour tes besoins d'emplette politique n'est pas très agréable... mouille toi un peu, tu verras ça fait pas de mal, et tu risques moins d'être déçue qu'en faisant ton marché sur l'endehors...
Surtout que, la plupart du temps, tu n'as pas l'air de saisir les propos qui te sont adressés... ...enfin, comment dire... tes commentaires me laissent à penser que tu n'as pas tout à fait saisi l'esprit de la chose... genre tes remarques sur le travail montrent clairement que tu n'as pas beaucoup retourné la question dans ta tete...
...mais tu restes la bienvenue, va de soi...
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tetatutelle
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« C'est bien ce que je disais... par tes articles, tu es train de tester tout les petits points qui pourraient te froisser chez les anars, tout comme on tâte un matelas ou un melon dans la boutique avant de l'acheter... »
Ecoute c’est vrai, et c’est même intentionnel, alors pourquoi mentir ? Mais hormis que je suis parfois un peu brutale dans mes propos (mais souvent, avoue-le, en réponse à la brutalité d’autres comme ce tout dernier en date et qui n’a pas même eu le courage d’écrire ça au moins sous un pseudo !), je ne vois pas en quoi c’est si mal que ça et ton exemple de matelas me conforterait plutôt dans ma position. Imagine que tu en achète un sans l’avoir « tâté » et que tu y découvres un trou deux semaines plus tard ? T’y laisserais-tu prendre une deuxième fois ? La garantie dure un an ? Bien sûr ; il n’en reste pas moins que tes efforts fournis pour le changer et le dérangement occasionné, eux ne te sont ni payés ni épargnés. Mais passe encore pour le matelas… T’achèterais un vêtement sans l’avoir essayé ? Moi pas ; par expérience que les tailles indiquées sur les étiquettes ne veulent pas dire grand-chose, ça diffère selon les fabricants.
Et bien même si la politique ne doit pas être confondu du commerce, crois-moi si tu avais fait la même expérience que moi de la vie collective (le PS n’est que le dernier en date, il y a aussi quelques associations et aussi mon entourage ordinaire), je te parie beaucoup plus que le tarif de la cotisation FA que tu agirais exactement de la même façon ! C’est très facile de critiquer l’attitude d’un tel individu quand on n’est pas à sa place. Comprends que maintenant entrer dans un collectif pour en être virée trois ans plus tard, ça ne m’intéresse plus. Je préfère prendre un maximum de garanties avant. C’est plutôt à ceux qui ont suscité chez moi cette attitude qui vous choque qu’il faut vous en prendre. Je sais, vous n’y êtes pour rien, aussi je ne demande à personne d’entre vous de jouer les « Mère Thérésa » laïques avec moi (ça n’est pas votre rôle). Mais si j’ai fait la démarche de me rapprocher du cercle anarchiste, c’est effectivement pensant que « peut-être », contrairement aux partis de pouvoir, on acceptait un peu mieux que les propositions d’une personne soient élaborées à partir de sa personnalité et de son vécu. C’est ce genre de cercle politique que je recherche. Alors effectivement oui, je tâte. Si je m’aperçois au bout d’un certain temps que ce que je cherche n’existe pas, alors j’en déduirai que je ne suis pas faite pour la politique, tout simplement.
« Tes remarques sur le travail montrent clairement que tu n'as pas beaucoup retourné la question dans ta tete... ».
Qu’est-ce qui te laisse le droit d’affirmer ça ? Rien, si ce n’est peut-être que je dois préciser encore davantage. Ce dernier copain opposé à moi me laisse entendre que le modernisme scientifique et technique a rendu le travail plus difficile, alors que la preuve est flagrante que c’est l’inverse. Pour reprendre mon exemple de la sœur de ma grand-mère morte à l’âge de 25 ans d’un cancer en hurlant jusqu’à son dernier souffle, alors à en croire ce copain les travailleurs de cette époque se tournaient les pouces ?! Et bien va sortir une inepsie pareille aux gens du troisième âge ! A cette époque, on travaillait 50 à 60 heures hebdomadaires ! Aujourd’hui, on soigne un ou deux cancers sur trois, on calme par la chimio les souffrances des autres, tout en ne faisant que 35 ou 40 heures ! Alors désolée, c’est plutôt à vous de revoir votre logique ! Cet exemple (parmi tant d’autres) montre la preuve incontestable de l’étroite relation entre amélioration des conditions de vie et amélioration des conditions de travail (qu’il devrait y avoir si les patrons respectaient les évolutions successives du code du travail !)
Ecoute, dans un nouveau commentaire sur « Les questions d’image en anarchie » (que j’ai peut-être mal placé), je lève mon refus de te rencontrer. Voyant que tu me le proposes trois fois et qu’un autre copain insiste pour que j’accepte, j’y suis prête, le GROS PROBLEME est la grande distance qu’il y a sûrement (sauf grand coup de bol hasardeux) entre ton lieu d’habitation et le mien, et que je ne suis pas en mesure de financer (pour le trajet). Reste qu’on peut en discuter et nous rapprocher au moins par mail et téléphone. Alors je te donne les coordonnées suivantes (mais attention, à utiliser impérativement pour échanger nos lieux géographiques respectifs, ayant d’excellentes raisons de vouloir rester le plus anonyme possible sur ce site. Merci de ta compréhension). Nous pourrons discuter plus longuement et de façon plus pratique. C’est comme tu veux, je ne te force pas, je propose (je réalise très bien que mon premier refus a pu te vexer) :
Mail : marchand_dborah@yahoo.fr Tél : 05 49 02 73 29
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Takpi
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merci Ibubolo de rappeler qu'il n' y a pas génération spontanée des objets, ils "n' apparaissent pas" derrière la vitrine. Ils sont tous fabriqués loin des devantures, devantures qui ne montrent que le devant, l' apparence, l' objet-tout- fait, l' achalandage pour appâter le chaland. Tout est fabriqué par des esclaves, appelés parfois "ouvriers", loin derrière les vitrines. Dans des usines immondes, de plus en plus loin, telles ces maquiladoras du nord Mexique, ou les usines de "l' atelier du monde" = la Chine. La ville est née de la détribalisation et de l'étatisation, avec hiérarchisation de la société, apparition de la spécialisation des tâches. La ville est par définition le lieu de la disparition de la vie anarchiste. La ville ne peut manger que par exploitation des paysans, elle parasite les campagnes car sinon, elle crèverait de faim. La ville est le siège de la vie des bourgeois, = habitants du bourg ou de la bourgade, lieu des débuts historiques de cette odieuse marchandisation de tout, alors qu' avant, chaque communauté humaine était auto-suffisante, autonome et libre, grâce à une vie en petits groupes à échelle humaine, à échelle conviviale. Les anars égorgent les bourgeois et ont bien raison. Car habiter la ville, c' est être compromis avec la marchandisation du monde, vivre de négoce (neg/otium = négation de la vraie vie, la vie de loisirs). La vie dans la civilité, la politesse, le lissage des comportements pour être poli, retenu, frustré, discipliné, c' est un mode de vie psycho-pathogène, qui mène au mal-être, une vie contre nature. Vive la vie sauvage, à bas la vie d' homme obéissant, domestiqué. Fuire la ville, c' est fuire la cage de la vie policée. A bas la police, à bas la "polis" et la "civis", à bas la civilisation. Vive le réensauvagement dans les derniers espaces qui échappent encore au système industriel. Fabricons tout nous-mêmes artisanalement, avec art et amour, doucement, et prenons notre nourriture directement dans la nature. Boycott de tout. Car tout ce qui n' est fabricable qu' en usine est nuisible, socialement et écologiquement destructeur. Pas de compromis. Donnons- nous en petits groupes de rebelles les moyens de vivre sans plus rien acheter. Tous les anars écolos radicalement contre la civilisation vont se retrouver du 23 au 29 juillet 2007 dans une forêt au sud ouest de Stockholm. Pour les détails, contacter Brum, demander lui le Flyer sur cette rencontre européenne, imprimé depuis le 15 avril = vildvaxande@yahoo.se Le site des anars écolos qui veulent se réensauvager sera bientôt prêt : www.vilvaxande.org Autre réunion des rebelles anti civilisation, anti villes, du 8 au 11 septembre en Espagne = contact = luddites@nodo50.org
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Anonyme
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Takpi, sais-tu s'il y avait du cannibalisme dans les sociétés tribales pré-civilisation ?
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Anonyme
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Tetatutelle, je ne trouvais plus les mots pour appaiser tes inquiétudes, mais heureusement Tapki passait par là.
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Takpi
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les chrétiens qui utilisèrent les calomnies grossières sur le cannibalisme comme motif pseudo évident d' exterminer au plus vite les sauvages alors récemment découverts ne se rendent pas compte qu'ils sont cannibales eux-mêmes via la cérémonie de la communion qui consiste en un repas collectif où le prêtre distribue aux convives le corps de leur dieu, et parfois dans les cas plus rare de communion sous les deux espèces, le sang de leur dieu est donné à boire. Les catholiques précisent que cela n' a rien de symbolique, il s' agit de "présence réel", autrement dit "vrai cannibalisme". Les protestants ont une interprétation plus soft de cette cérémonie étrange instituée par le "fils de dieu", Jésus, qui aurait dit : "faîtes cela en mémoire de moi". Et depuis, cela se fait chaque dimanche à la messe. Les Yanomami mangent le corps de leurs morts après crémation, en fait ils en mangent les cendres mélangées à une soupe de banane. Lire le classique de Hans Staden en poche = "Nus, féroces et anthropophages". Chaque peuple a ses aversions en matière de coutumes alimentaires. Les anglais détestent les français qui mangent du cheval et de la grenouille. Les français détestent les chinois qui mangent du chien. En Europe, nous sommes conditionnés à détester au plus haut point ces "extrèmement différent de nous" , les "sauvages" qui mangent, O horreur! de la chair humaine. Graulich vient d' écrire un livre important sur les sacrifices humains de masse chez les Aztèques. L' horreur étatique est aussi productrice de religions spectaculaires, effrayantes, pour que le monarque en jette plein la vue au peuple médusé, et s 'impose de ce fait. James Prescott a bien analysé le lien entre Etat oppresseur et religion violente dans "Body pleasure and the origin of violence" traduit par le mensuel Sexpol vers 1977.
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Al abroche
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"Takpi, sais-tu s'il y avait du cannibalisme dans les sociétés tribales pré-civilisation ?"
Tourné vers l'avenir :
"sais-tu s'il y aura du cannibalisme dans les sociétés tribales post-civilisation ?"
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Takpi
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Je ne comprends pas les causes de cette question insistante, obsédante, sur le cannibalisme, sauf à penser qu' il y aurait encore des gens obsédés encore de nos jours par cette question typique de la fin du Moyen Age. Depuis peu, il existe des études très fouillées sur le cannibalisme des tribus TUPI découvertes par les européens sur les plages du Brésil, car oui, le cannibalisme existe, réprimé par les missionnaires. Je ne pense pas qu' il existera du cannibalisme dans les néo- tribus anars qui s' épanouiront partout sur terre après la disparition des civilisations, donc des Etats, des villes, des mégamachines sociales oppressantes. Comme dit le docteur Bourguignon in "Histoire naturelle de l' Homme", tome 1=L' Homme imprévu; tome 2=L' Homme fou- on va heureusement se débarasser de la civilisation, bref feu de paille absurde dans la longue histoire d' Homo sapiens sapiens, longue histoire où nous avons vécu à 99% de notre temps en petits groupes nomades et auto-subsistants. Nous allons retrouver bientôt, heureusement , la vie en sylvilisations multiples, éparpillées à la surface de la Terre. Sylva, mot latin qui a donné "forêt" et "sauvage". Nous sommes biologiquement et psychologiquement adaptés à cette vie sauvage. Par contre, la vie contrainte en "civilisation" nous éloigne de la vie épanouissante, nous opprime, et engendre nombre de désordres mentaux, car nous impose un mode de vie psycho-pathogène, contraire à ce pour quoi nous sommes faits depuis plus de 100 000 ans ... Je n'ai pas de mémoire les titres des études sur le cannibalisme rituel des tribus découvertes aux Amériques.
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Takpi
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Biblio sur le cannibalisme: Isabelle Combès = La tragédie cannibale chez les anciens Tupi-Guarani- PUF 1992 Georges Guille-Escuret = son article très complet, avec une excellente biblio, est accessible entièrement sur internet = //lhomme.revues.org/document12.html article de la revue L'HOMME n° 153, titre= Epistémologie du témoignage : le cannibalisme ni vu ni connu. Nicolas Journet a résumé dans la revue Sciences Humaines la polémique sur le cannibalisme entre William Arens (1979) pour qui le cannibalisme n' est qu' un mythe colonialiste, et Gananath Obeysekere, prof à Princeton (1998), qui nuance cette hypothèse, de même Marshall Sahlins, le tout sous le titre trouvable sur GOOGLE= Le cannibalisme, rite primitif ou fable de marins?
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floreal
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Salut Takpi,
A te lire ( Je ne pense pas qu' il existera du cannibalisme dans les néo- tribus
anars qui s' épanouiront partout sur terre après la disparition des
civilisations, donc des Etats, des villes, des mégamachines sociales
oppressantes.... ) je te trouve très déterministe. Depuis 1927 le physicien Niels Bohr a introduit le concept de "complémentarité", pour lui corpuscule (matière) et onde ( déformation, ébranlement ou vibration dont l'élongation est une fonction périodique des variables de temps et d'espace.) sont deux aspects complémentaires de la réalité. Mais après cet aparté, entrons dans le vif de ma contribution à ces échanges. Il existe un livre étonnant dans la collection TERRE HUMAINE - Les Iks de Colin Turnbull : c'est l'histoire des Iks d'Ouganda, peuple de la montagne, et de leur lutte pour la survie. " Le rire des Iks a glacé le Britannique C. Turnbull qui , durant une année, s'est obligé à regarder l'horrible. Il a fait le décompte des atrocités minant un peuple, jadis aimable et très organsisé, aujourd'hui en survie. Car c'est l'étonnant : malgré la famine, le choléra, les Iks sont toujours vivants. La cruauté serait-elle donc le seul moyen de survivre? Le stress renforcerait-il une société en dérive..." En introduction de ce livre, l'auteur écrit : En lisant ces pages, le lecteur sera souvent choqué. Il sera tenté de dire : " Quel primitivime !... L'affreuse sauvagerie !... Ils sont répugnants !..." et surtout : " Quelle inhumanité !..." Je me suis moi même, à maintes reprises, répété ces mots au cours des deux années passées avec eux. Les premiers de ces jugements sont révélateurs de l'espèce d'ethno-égocentrisme auquel, malgré tout nos efforts, nous ne pouvons jamais tout à fait échapper, et ils ne sont guère plus que la réaffirmation de critères qui se modifient lorsque se modifient les circonstances. Mais le dernier (" Quelle inhumanité!..") est d'un ordre différent. Il se fonde sur l'idée qu'il existe certaines règles communes à toute l'humanité, certaines valeurs inhérentes à l'humanité elle même, et dont le peuple décrit dans ce livre semble s'écarter de la manière la plus tranchée. Pourtant, en vivant une telle expérience, et peut-être en lisant son récit, on découvre que c'est soi même que l'on observe et que l'on met en question ; c'est une quête de l'être humain fondamental et une découverte de son inhumanité potentielle ; qui sait si elle n'est pas en chacun de nous. Parmi les lecteurs, nombreux sont ceux qui n'admettrons pas très volontiers que nous puissions tomber aussi bas que les Iks, mais beaucoup le font et avec beaucoup moins d'excuses.
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Takpi
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L' excellent livre de Turnbull sur ce qui est arrivé aux IKS lorsque les occidentaux les ont obligé à quitter leur territoire pour aller dans une zone invivable, trop aride, afin de laisser la place aux éléphants, n'est pas une démonstration sur l'inhumanité supposée des Iks (en situation extrême de survie, tels ces passagers d' un avion perdu dans la neige dans les Andes, qui ont bouffé de la viande humaine pour ne pas crever, on peut être conduit à des choix extrêmes ! ). C' est un livre sur la connerie des Blancs qui préferrent protéger la grande faune sauvage spectaculaire, même si pour cela il faut rendre impossible la vie de peuples autochtones.Pour ce "couloir à éléphants", l' Union Européenne a apporté un financement important, comme le WWF. Nous sommes en tant qu' européens, responsables de ce génocide. C' est un livre sur ce qui arrive lorsqu' une société est complètement désagrégée. Description minutieuse et sordide de ce que font les humains réduits à la dernière extrémité. Marcus Colchester a évoqué ce drame dans son rapport co édité par IUCN = Salvaging Nature:protected areas and indigenous people, rapport sur le lien entre parcs nationaux et destruction des peuples "primitifs". Car partout dans le monde, on a éliminé des tribus au profit de réserves pour animaux, dernier exemple en date : le parc national en Guyane. Tout à fait d' accord avec toi sur l' universalisme qui cache en réalité un ethnocentrisme propre aux occidentaux.
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Anonyme
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Donc, après l'effondrement de la civilisation que tu prophétises, on ne se retrouvera pas "en situation extrême de survie" ?
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Anonyme
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"Nous allons retrouver bientôt, heureusement , la vie en sylvilisations multiples, éparpillées à la surface de la Terre."
bientôt ? bientôt quand ?
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Rakshasa
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"Niels Bohr a introduit le concept de "complémentarité", pour lui
corpuscule (matière) et onde ( déformation, ébranlement ou vibration
dont l'élongation est une fonction périodique des variables de temps et
d'espace.) sont deux aspects complémentaires de la réalité." Oui, complémentaires mais pas vérifiables en même temps. Si l'on vérifie l'un, on ne peut voir l'autre. La réalité se trouve enserrée entre deux observations, et l'on ne peut finalement n'en avoir qu'une idée "floue".
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= mais =/=
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Non. La réalité n'est pas "définitivement" entre les deux. C'est bien ce qui est à l'origine des différentes interprétations qui se sont focalisées sur ce que l'on appelle "mesure", en fonction de l'importance conférée à "l'observateur". L'interprétation classique, celle dite de Copenhague (à laquelle Bohr appartenait), est plutôt "attentiste" ou "abstentioniste" : pour elle la mécanique quantique n'est pas une caractérisation du réel mais des observations. C'est le fameux coup du chat "et mort / et vivant" tant qu'on a pas regardé (en réalité il n'est pas dans un "entre les deux" flou, et quand tu regardes dans la boîte, tu n'as pas une idée floue de s'il est mort ou vivant : il est ou mort ou vivant). De nombreuses autres interprêtation on tentée de dépasser le paradoxe, certains appellent Wittgenstein à l'aide, Everett a proposer les univers multiples, de là tous ceux qui veulent faire intervenir une "conscience", d'autres que c'est la preuve que la mécanique quantique doit être remplacée...
Au fait, Penrose (finalement tu l'auras ton explication ;) en plus d'être platonicien, se déclare partisan de l'interprétation de Copenhague, ce qui n'a pas rien à voir avec les critiques qu'on peut lui faire sur sa théorie de la conscience. Car derrière l'interprétation de Copenhague, il y a comme un appel à "quelque chose" qui vient mettre de l'ordre dans tout ça, et donc un espèce de dualisme qui dit pas son nom (vu qu'on rejette une difficulté sur un "autre chose", on peut faire l'analogie avec le "right stuff" de Searle...). Penrose s'en sort en disant qu'il faut chercher et formuler (rajouter) un nouvel élément à la théorie (influence de la gravitation)... Tu conviendras que pas tout le monde puisse être convaincu par une théorie qui fait appel à une théorie qui existe pas encore, mais qui résoudra le problème, c'est sûr...
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Rakshasa
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J'ai repris mais petites recherches et mes bouquins parce qu'il me semble que tu as fais de même. Tant mieux, ça n'en sera que plus précis et effectivement moins flou. Un petit lien sur l'interprétation de CopenhagueJe ne vois vraiment pas où tu vois un "dualisme" qui tairait son nom, ou as-tu vu que ce "quelque chose" attendu qui n'est tout simplement que la nouvelle théorie physique serait un dualisme. En quoi, le fait de dire que l'esprit n'est pas un simple dispositif de calcul, mais a accès au monde platonicien des formes parfaites, qui nous donne une "connaissance immédiate" hors calcul est un problème. En quoi le fait qu'il dise que nous avons accès au monde platonicien, et qu'en cela notre esprit est supérieur aux dispositifs de calculs (les ordinateurs par exemple) est un problème ? En quoi utiliser le monde platonicien est-il un dualisme, alors que en quelque sorte ce n'est qu'un outil en plus des outils de calcul que permet notre cerveau. Il parle du monde mathématique platonicien et l'utilise pour expliquer que nos perceptions "ne résultent pas uniquement d'un "calcul"". On est ici loin de l'homme machine. J'ai l'impression que tu tires un peu hâtivement des conclusions. "Tu conviendras que pas tout le monde puisse être convaincu par une
théorie qui fait appel à une théorie qui existe pas encore, mais qui
résoudra le problème, c'est sûr..." Il ne s'agit pas d'être convaincu, mais il me semble que ce sont les pistes les plus intéressantes actuellement, et si la théorie n'existe pas c'est que les recherches sont en cours. J'ai l'impression que tu attends de grandes vérités et que tu reproches à la science de ne pas t'en fournir. Pourtant ça fait un bout de temps maintenant que la science revendique de ne pas fournir de grandes vérités.
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= mais =/=
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Pour l'interprétation de Copenhague, j'ai réagi parce que ta première intervention laissais supposer qu'il n'y avait qu'une "option" épistémologique quandtau rapport de la (théorie) physique et du réel, et que c'est plus compliqué. Rassure toi, je ne suis pas un positiviste forcené. Je suis plutôt du genre à croie effectivement que "onde" et "particule" sont des objets qui ne permettent que d'approcher le réel dans une certaine limite. Cepedant, je ne suis pas d'accord pour dire que le réel est "entre les deux", car c'est raisonner de manière un peu intuitive et laisser supposer qu'il y a continuité, juste que notre grain d'analyse n'est pas assez fin, ce qui ne me semble pas acquis.
La critique de Penrose n'est pas que ma critique. Tellement d'auteurs ont discutés pratiquement chaque aspect de sa proposition...
Je n'exclu pas Penrose d'emblée parce que platonicien ou quoi que ce
soit d'autre, mais on peut néanmoins s'intéresser aux conséquences de
ses choix.
Je ne suis pas un positiviste, et je ne jure pas que par le "computationnalisme". Le réductionnisme à la Churchland n'est pas vraiment ma tasse de thé. Dans le champ du "mind/body problem", de nombreux auteurs font des propositions pour éviter à la fois un dualisme "pur" et un monisme matérialiste qui ne soit pas un réductionnisme. Cependant ces auteurs se confrontent tous, à ma connaissance, à une difficulté : le recours à un truc qui s'apparente, en faisant référence à Searle, à un "right stuff", ou un "deus ex machina". Le "petit truc" qui fait toute la différence. Il y a réellement une aporie dans la littérature à ce niveau. Ce qu'on reproche aux dualistes purs et durs, c'est de placer dans l'âme, l'esprit, etc. le "petit truc" qui fait la différence. Mais bien sûr il est très difficile de saisir vraiment en quoi ça consiste (c'est quoi "l'âme" ? comment ça marche ? comment ça interagit avec le corps ?).
On parle de dualisme déguisé pour ces auteurs (il n'y a pas que Penrose) qui rejettent le dualisme on va dire "de substance", mais qui, ayant besoin de conserver/expliquer certaines propriétés de "la conscience" posent l'existence de "quelque chose" qui réalise ces propriétés, mais restent très évasifs ou spéculatifs sur ce "quelque chose" et pourquoi il fait son office. On rejette le dualisme, mais c'est au prix d'une difficulté qui le vaut largement, et qu'on qualifie généralement de dualisme, non de substance, mais d'autre chose, et qui est confronté peu ou prou à des difficultés comparables. Searle parle sans détour d'un "right stuff". Il y en a d'autres. Pour Penrose il s'agit de phénomènes quantiques non encore explicités (et même observés). Donc un truc dont on ne sait rien, qui réalise pourtant les propriétés qui nous intéressent et dont l'existence est rendue nécessaire par une interprétation déjà assez particulière de la mécanique quantique. Est-ce du lard ou du cochon ? On ne peut se montrer indulgent envers une option parce que c'est un scientifique qui spécule à l'aide de concepts qui titillent l'imagination, et dans l'autre cas sévère parce que ce serait un "simple" philosophe ou autre.
La science ne prétend pas fournir de grande vérité, c'est aussi mon point de vue - bien que souvent autant ses acteurs que ses interlocuteurs font comme si c'était le cas - mais elle a un encore plus grand soucis de faire la part entre le spéculatif et le scientifique (bien que bien sûr, elle s'y nourrisse).
Et puis, pour la petite histoire, il a été montré par un dénommé
Tegmark (je cite de mémoire, donc l'orthographe... GETA) que les phénomènes supposés par Penrose ne pouvaient avoir
lieu sur l'échelle de temps considérée. Pour la petite histoire je crois me souvenir que cet auteur développe une vision platonicienne encore plus extrémiste que celle de Penrose, bien que je ne sache pas s'il la revendique.
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tetatutelle
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Ah bon, c'est lui qui appaise mes inquiétudes ??? Alors que son discours est l'exact opposé du mien ! Soit tu plaisantes ou alors je ne comprends vraiment plus. Têtatutelle
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tetatutelle
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Oui, enfin je m'exprime aussi finalement quant à cette idée, que certains d'entre vous m'ont aussi donné personnellement en cas de mise en place d'une société végétarienne, qui consiste à manger de l'homme. Il me semble que largement au-delà d'une simple question culturelle, c'est la réalité affective qui s'impose par dessus tout et contre laquelle je crains qu'on y puisse rien, à moins d'un tempérament effectivement cannibale. Durant les quelques mois de deuil de ma grand-mère il y a trois ans, si j'avais du en manger, je vous avoue humblement que j'aurais volontiers laissé ma part à quelqu'un qui ne la connaissait pas !!! Vous pensez pouvoir demandé ça à une maman venant de perdre son enfant en bas âge ? Avant de répondre à sa place, ayez au moins la délicatesse d'aller lui poser la question. Têtatutelle
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ibubolo
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décolle ton nez de l'écran...
Je sais pas moi, mais prend un peu de distance...
Tu mélanges un peu trop de choses, il me semble... enfin, fais comme tu veux, mais je pense que tu es un peu trop à l'affût de la petite bête...
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miam
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Tetatutelle, je crois que tu as mal interprété les propos de Tapki, ce dernier n'a pas proposé le cannibalisme, il a d'ailleurs dit qu'à son avis il n'y en aurait probablement pas.
Et cela je le rejoins dans la mesure ou il appartiendra en définitive aux camarades de telle ou telle communauté de décider s'ils souhaitent pratiquer le cannibalisme ou non. Ce n'est pas à nous de décider à leur place.
Le seul problème qui peut éventuellement se poser est si une communauté anarco-primitive pratiquant le cannibalisme s'averait dotée d'un appetit dépassant ses ressources et lorgnait sur la nourriture d'une communauté anarchiste voisine qui, elle, aurait fait d'autres choix.
Ceci dit Tapki fait preuve d'un certain optimisme - encore qu'il a rappelé l'épisode de l'équipe sportive - dans la mesure ou si, comme lui, nous savons avec certitude qu'un apocalypse aux dimensions monumentales s'annonce, nous ne pouvons prévoir avec certitude tous les détails de cet armaguedon planétaire et par conséquent nous ne pouvons pas exclure que les futures communautés libertaires soient contraintes au cannibalisme faute de nourriture en quantité suffisante.
Je crois qu'il est toujours bon de reflechir à toutes les hypothèses possibles, en particulier lorsque un inéluctable apocalypse est si proche et si inéluctable, et par conséquent de se demander quel sera le processus de décision et les critères adoptés pour décider de qui dévorerait qui si malheur il fallait en passer par là faute d'autres choix.
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Anonyme
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Ouais, c'est vrai, on va tous mourrir et effectivement sur ceux qui restera, qui sera le dernier à mourrir? Faudrait qu'on en discute. Moi je veux bien être le dernier à être mangé si ça dérange personne. Je ferais bien attention à ne pas trop manger, pour permettre aux autres de vivre un peu plus longtemps, c'est promis. Est-ce qu'on fera du savon avec la graisse des morts dans les communautés libertaires du futur et des flutes avec les os ? Le savon, c'est pas pour se laver, c'est juste que j'aimerais bien nettoyer mes aliments pour pas trop manger la terre qui se sera collée dessus.
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indicible
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Le cannibalisme n'est pas une obligation, et la question, depuis longtemps, n'est plus celle de choisir entre ville et campagne.
Soyons rationnels, chacun peut voir l'état de la planète, le désastre est inéluctable, rien ne pourra plus empêcher le grand malheur qui s'annonce. Ce drame affreux et à notre porte, et nul ne peut dire quand il adviendra, dans vingt ans, dans dix ans, peut-être même avant. Au moment de l'horrible cataclysme, la question ne sera plus de choisir entre ville et campagne, car la monstrueuse tragèdie n'épargnera rien ni personne. Après le grand bouleversement, il faudra d'abord survivre, et puis, petit à petit, vivre, vivre heureux comme nos ancêtres l'ont fait pendant des centaines de milliers d'années, de choses simples, naturelles. A la désolation effroyable de la machine nous répondrons par l'humanité, lorsque la production. et le productivisme épouvantable, se seront immolés nous renaitrons dans l'abondance festive de la vie originelle. Des millions, des milliards, périront, certains atrocement, mais d'autres survivront à la grande calamité, et ceux-là ne reproduiront pas les erreurs du passé. Oui, soyons rationnels et objectifs, gardons espoir et proposons un avenir, ne nous voilons plus la face : l'armaguedon est proche, nous le savons, et ce sera épouvantable. Préparons-nous, il n'y a plus de temps a perdre.
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Anonyme
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Oui, nous périrons tous dans d'atroces soufrances, l'écume aux lèvres.
L'apocalypse est très certainement pour demain, soyons rationnels, à
quoi cela sert de dire qu'il est pour dans 20 ans, 10ans alors que nous
savons pertinemment qu'il est pour demain à 15h32. Ne nous voilons pas
la face, c'est maintenant, rationnellement qu'il faut choisir, préparer
nos valises ou mourrir. Certains dirons, pour aller où puisque l'armaggedon n'épargnera personne ? Quelques uns s'en sortiront quand même, blessés, amputés, écorchés, écartelés, éventrés. Certains seront dévorés par les chiens errants, mais parmi les survivants quelques uns retrouveront la foi qui leur permettra de ramper dans la fange jusqu'à l'opulence de l'âge d'or originel.
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floreal
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Tetatutelle,
Épicure conseillait, pour connaître le bonheur, de recourir au "quadruple remède" (tetra pharmakon) de la philosophie, c'est à dire se délivrer de la crainte des dieux, de la crainte de la mort, de la crainte de ne pouvoir connaître le bonheur et de la crainte de la douleur. Ces quatre conditions négatives nous renvoient à une condition positive, la condition suprême du bonheur et du savoir: la liberté.
ps : Pour les chevaliers de l'apocalypse et du catastrophisme, il doit bien exister un site Nostradamus.com pour exprimer votre joie de vivre.
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tetatutelle
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A 1 km de l'écran, des idées aussi extrêmes ne peuvent échapper à personne. Déconne pas ! Têtatutelle
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tetatutelle
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Et bien je ne suis pas convaincue que même en ayant la pire des faim, j'aurais le courage de manger un humain. Je sais qu'il ne faut jamais dire "fontaine je ne boirai pas de ton eau" mais quand même de là à...Quand je vois par exemple que des clochards et des SDF dans Paris ont le courage de garder leur chien comme compagnie, ça interroge...Il a quand même fallu la seconde guerre mondiale à la famillle de ma grand-mère pour qu'ils se décident un jour à tuer et manger un de leur chat ! Alors pour manger un homme, il doit en falloir vraiment beaucoup. Têtatutelle
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tetatutelle
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Toujours ce radicalisme et ce tout ou rien ! C'est cela qui m'énerve et que je ne comprends pas. "Nous ne reproduirons pas les erreurs du passé". Mais si on est allé un peu trop loin, cela veut-il dire qu'il était interdit pour autant d'aller plus loin que le primitivisme ? Pourquoi la solution d'un juste milieu trouvé ne serait-elle pas satisfaisante et envisageable ? Têtatutelle
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tetatutelle
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Entre ce qui est "conseillé" de faire et ce qu'il est "réellement possible" à une personne de faire, selon la personne, il peut y avoir une marge ou un fossé et je fais malheureusement partie du fossé. Je rappelle à tous, une fois n'est pas coutume, que la philosophie de Stirner est celle que j'ai choisi de suivre et j'ajoute en rapport avec ce que tu me dis là, peut-être plus finalement par défaut que par choix véritablement libertaire. Car il est le seul philosophe, même parmi les anarchistes, à rejeter aussi la liberté même, considérant qu'elle nécessite un dépassement de soi en reconnaissant que celui-ci n'est pas donné forcément à chacun. Il nous enseigne à ne pas confondre liberté et propriété. Et bien pour moi, c'est catégorique : je ne vis que de propriété car vivre de liberté, j'en suis incapable. Et ne viens surtout pas me rechanter la vieille rangaine de la volonté ! Dans le cas d'une nature telle que la mienne, elle est insuffisante. Non seulement la douleur me domine mais la concession sociale même, est pour moi, contrairement aux autres, une douleur. Têtatutelle
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ibubolo
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j'abandonne...
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tetatutelle
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Peut-être que t'as pas le choix, dans un sens...Ce qui les énervait aussi chez moi, au PS, et tout particulièrement le permanent, salarié, c'est aussi que j'avais réponse à tout. Mais s'il est interdit d'avoir réponse à tout, où est alors la liberté d'expression ?! J'attends désepérément que quelqu'un me réponde à ce propos ! Têtatutelle
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ibubolo
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en fait, je vais te dire...
Ta façon d'écrire en gras, en souligné et de manière systématique dénote d'un certain manque de recul, je pense. C'est mon avis, et ce n'est pas une insulte.
Chaque fois que tu croises un nouveau sujet, thème, propos ou mode de pensée, tu le traites avec le même laminoir ; toi, contre le reste du monde...
Désolé, mais ce sentiment, dont souffre également une de mes connaissances, je ne suis pas en pouvoir d'y faire quoi que ce soit.
Tu esseyes de régler la question anarchiste, alors qu'il s'agit, à mon avis, d'une question plus intime, plus émotionnelle.
Plusieurs personnes ont esseyé de rentrer dans ta ronde, mais tu n'as toujours pas l'air satisfaite...
...que cherches-tu ?
PS : ne vois pas de la condescendance dans mes propos, mais plutôt un aveu de faiblesse.
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tetatutelle
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« Ta façon d'écrire en gras, en souligné et de manière systématique dénote d'un certain manque de recul, je pense. »
Absolument pas ! Quand on est bachelière littéraire et qu’on a fait quatre ans de reportage, on a acquis certaines méthodes d’écriture qui (bien qu’institutionnelles !) pour ma part me satisfont et alors je les utilise, tout simplement. Le gras et le souligné ne sont qu’un moyen de mettre en évidence les idées principales du texte ou de la phrase, voire de faciliter la lecture aux gens quand le texte est long (s’ils n’ont pas tout lu, ils en ont au moins retenu l’essentiel). Cette remarque me fait à nouveau me demander si tu es anar communiste ou individualiste, car ce qu’elle me demande n’est rien d’autre que de « faire comme tout le monde » alors que ça me plaît d’être différente des autres.
« Chaque fois que tu croises un nouveau sujet, thème, propos ou mode de pensée, tu le traites avec le même laminoir ; toi, contre le reste du monde... »
Alors ça veut dire que si mes idées personnelles sont contre le reste du monde, je dois tout simplement les abandonner ? Et tu te dis faire partie d’un mouvement prônant la totale liberté d’expression !!!
« Désolé, mais ce sentiment, dont souffre également une de mes connaissances, je ne suis pas en pouvoir d'y faire quoi que ce soit. »
Ah nous y voilà ! Autrement dit, tu m’envoies me faire soigner ! Parfaitement inutile de me dire que j’interprète mal ce propos, les paroles diplomates (inhabituelles chez toi), j’ai appris par expérience à les cerner et les comprendre, tu n’es pas le seul à me la faire, celle-ci. Et ce mot « pouvoir » que tu emploies insinue que tu serais en fait pour le maintien du pouvoir médical (c'est-à-dire dans certains cas pouvoir soigner quelqu’un sans son consentement). Et bien je te dis d’emblée que moi je suis pour son abolition : en démocratie, le médecin (quelque soit la spécialité) ne devrait être que le serviteur du patient (or c’est flagrant qu’il en est le chef, qui me dira le contraire ?!) et en anarchie, il devra pour moi être un travailleur au même titre que les autres, c'est-à-dire une aide au malade (qu’on ne devra même plus appeler patient !), rien de plus. Abat les maîtres médicaux qui s’arrogent le droit de détenir notre existence physique et mentale ! Si je ne veux pas me « soigner », personne n’a le droit de me l’imposer. Mon bien ? C’est moi et moi seul qui le détermine. Hormis le psychiâtre pour les dépressifs (qui « normalement » dans ce cas vont le voir de leur propre initiative), je considère les psys comme une spécialité médicale qui est l’émanation directe de la philosophie de la démocratie, c’est à dire du contrat social de Jean-Jacques Rousseau qui prône (je te le dis si tu toutefois tu l’ignorais) l’effacement de l’individu au profit du collectif. Le boulot du psychologue et du psychothérapeute n’a d’autre but que de ramasser (en internat ou consultations externes régulières) pendant un temps les personnes considérées nuisibles par leur entourage et les rendre à l’issue de la thérapie conforme aux dimensions et au souhait celui-ci. Voilà ce qu’est notre chère liberté en France et ce que j’attends de l’anarchie est purement et simplement d’abolir ça (sauf à avoir commis quelque chose d’extrêmement grave comme un crime ou un viol sexuel). Ce sentiment dont d’après toi je « souffre », quelle consolation pour moi de savoir maintenant qu’un autre beaucoup plus érudit que moi en a souffert aussi et n’a jamais cherché à s’en guérir (ou du moins on ne le sait pas) mais l’a au contraire revendiqué : Max Stirner, presque docteur !
Plusieurs personnes ont esseyé de rentrer dans ta ronde, mais tu n'as toujours pas l'air satisfaite...
Je l’ai très bien reconnu, les réponses que je leur ai faites le prouvent, mon insatisfaction vient de ce qu’elles sont en petite minorité et là encore par expérience, une minorité est impuissante à faire maintenir une personne différente des autres dans un groupe quelconque
...que cherches-tu ?
Le long paragraphe précédent te donne la réponse. Tu as compris que je ne cherche pas chez les anars des pseudo psys c’est tout l’inverse. Alors ton « sentiment de faiblesse », ne t’en charge plus inutilement.
Têtatutelle
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ibubolo
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carotte, persil, nietsche, pierre à feu, moustaki et twingo...
(j'attends de voir ce que tu vas répondre à ça, na !)
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Anonyme
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Je ne réponds rien du tout parce que je ne comprends pas où tu veux en venir. Cette fois-ci, t'es carrément énigmatique et j'ai toujours été nulle dans la résolution de ce genre de casse-tête. Têtatutelle
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ibubolo
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je t'aime bien
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tetatutelle
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Ah bon ? Alors si t'es sincère, je dois donc en déduire que tu pratiques un truc du genre le "Qui aime bien châtie bien", n'est-ce pas ? Têtatutelle
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à 06:42