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C’était à la fin du mois de mars, les médias nous annonçaient qu’en Suisse – dans la station de ski d’Andermatt - un glacier avait été recouvert de PVC afin de le protéger du réchauffement climatique. Les bandes de mousse de PVC qui recouvrent le glacier du Gurschen coûtent 20 euros le m2. La première partie de l’opération, avec 2 500 m2 emballés a donc coûté dans les 50 000 euros à la ville. Ce qui a motivé l’opération est officiellement le fait que d’après une étude menée par des chercheurs de l’Université de Zurich, les glaciers suisses ont perdu 18% de leur surface entre 1985 et 2000, contre 1% entre 1973 et 1985. Les températures auraient gagné 1,2°C en 150 ans dans les Alpes. L’été caniculaire de 2003 a été particulièrement néfaste aux petits glaciers. La perte de glace a atteint jusqu’à 3 mètres en 2003, contre 30 cm en période normale, précisaient alors ces chercheurs. En l’occurrence, le sommet du glacier s’est abaissé d’une vingtaine de mètres au cours des quinze dernières années.
En fait, aujourd'hui, en début de saison, il n’est plus possible sans aménagement de se rendre sur les pistes et les sites de ski hors-piste du glacier. Il a donc été décidé de recouvrir le glacier d’une toile épaisse de 3,8 millimètres pour protéger la glace des rayons UV. Bien sûr, cet emballage spectaculaire n’est pas due simplement à un amour des glaciers en général ou de celui-ci en particulier… Nous sommes là dans une station de ski, un haut lieu du commerce touristique. Il s’agit donc avant tout préserver le business. Le réchauffement climatique est planétaire, avec des disparités. C'est en Asie que l'on trouve les glaciers qui régressent le plus rapidement. Selon l'Université indienne Jawaharlal Nehru, de New Delhi, si la tendance actuelle se poursuit, la probabilité de la disparition complète des glaciers himalayens d'ici 2035 est très élevée. Dans ce cas, il ne s'agit pas de sauver quelques centaines de mètres de pistes (la surface couverte par la bâche ne correspond qu'à 0,0003 % de la surface totale des glaciers suisses), mais de préserver le « château d'eau » qui alimente les rivières dont dépendent plus de 2 milliards de personnes. Ce n'est évidemment pas une bâche qui va lutter contre la montée des températures et l'altération des schémas des pluies et de neige, conséquences des changements climatiques. Lutter contre les conséquences ou contre les causes ? Ce que les médias ne nous ont pas dit – il faut donc chercher les infos soi-même ! – c’est à quel point le PVC est énergivore. Il faut d’une part obtenir de l’ethylène à partir de pétrole et d’autre part du chlore par électrolyse (donc consommation d’électricité). 1,8 tonne de pétrole est nécessaire à la fabrication d'une tonne de PVC. Il faut en outre ajouter quelques « additifs » au PVC, comme les phtalates, afin de le rendre souple… Il semble aussi que l’exposition au ultra-violets ainsi que la chaleur entraînent une perte de chlore... Cela n’est donc pas rassurant pour l’environnement. Pour éviter ce genre d’inconvénient, on lui ajoute plusieurs stabilisants. Parmi ceux-ci, on retrouve des sels de métaux comme le plomb, le baryum, le cadmium… Est-ce plus rassurant si l’on pense que toutes ces substances (cancérigènes) vont rejoindre les rivières ? D’après les responsables suisses, cet emballage est une sorte de test. Il devrait être poursuivi sur les glaciers voisins… Poser une bâche sur un glacier, c’est un peu comme installer la climatisation dans une maison : c’est dépenser davantage d’énergie. Ne serait-il pas plus judicieux de construire les bâtiments plus intelligemment, avec des murs mieux isolés ? Lutter contre le réchauffement climatique, est-ce lutter contre ses conséquences ou bien contre ses causes ? Plus personne ne nie, au-delà d’un probable réchauffement naturel, une accélération de celui-ci par l’effet de serre, principalement dû aux émissions de CO2. S’attaquer aux causes, c’est s’attaquer au système capitaliste. Il ne fallait donc pas s’attendre à voir des détails à la télé… Le Monde libertaire, quant à lui, plaide régulièrement pour la décroissance. En effet, non seulement nous fonçons dans le mur, mais en plus on nous cache l’essentiel. Peut-être que si le prix du baril de pétrole approchait les 100 dollars, les responsables eux-mêmes se réveilleraient. Mais on sait à quoi s’attendre… Ils chercheraient plutôt à nous les faire payer ! Comptons plutôt sur nous, et faisons connaître les dangers que nous encourrons tous aujourd’hui en ne changeant pas de voie. L’urgence est d’être nombreux dans ce combat de rupture avec une logique folle. Le Furet Mis en ligne par libertad, le Mardi 10 Janvier 2006, 23:32 dans la rubrique "Ecologie".
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à 14:23