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Cette fois c’est fait, le NON est passé… qu’allons nous faire de cette nouvelle situation. Le fonctionnement marchand de l’Europe ne va pas s’arrêter pour autant, pas plus que les affaires…. Désormais « la balle est dans notre camp ». Nous avons, à juste titre refusé l’Europe que nous promettait le TCE… reste, et ce n’est pas le plus facile, à dire, et surtout à faire, ce que l’on veut. Interpréter ce succès du NON comme une victoire n’est pas exempt d’ambiguïté. Une lecture non sectaire et lucide est nécessaire et surtout la mise en place d’une stratégie politique qui évite les erreurs du passé et se fonde sur une pratique sociale nouvelle fondement d’une autre vision de la société et de la politique. Ceci va nécessiter des révisions et réajustement douloureux, mais également un esprit et une volonté d’initiative nouveaux. VICTOIRE , VOUS AVEZ DIT VICTOIRE ?…
Ca c’est ce qu’ont dit les « NON de gauche ». Il est vrai que les « NON de droite » ne se sont pas gênés pour reprendre les arguments sociaux de la « gauche », mais en arrière pensée il n’en demeurent pas moins des libéraux, fervents partisans de l’économie de marché. Et même si les « NON de droite » sont minoritaires au regard de ceux de « gauche », il n’existe pas de « camps du NON » homogène… le NON ne représente pas un projet. Si l’on reste dans le champ de la politique traditionnelle, le NON est simplement une accumulation de bulletins de l’extrême droite à l’extrême gauche, du PCF. Certains socialistes et même certains bons réactionnaires de droite… peuvent revendiquer le résultat du référendum. L’expression sociale du refus du libéralisme ;, si elle commence par un NON, ne se résume certainement pas à lui. Autrement dit, après le NON, quoi ? Toutes celles et tous ceux qui ont appelé à voter NON peuvent se revendiquer de cette « victoire »… d’ailleurs, l’extrême droite, sur la fin de la campagne a hautement fait « valoir ses droits » sur le résultat. Or, pour la droite et l’extrême droite il s’agit de maintenir un statu quo nationaliste et/ou nationalitaire… ce qui n’est évidemment pas le cas pour le « NON de gauche ». La suite des évènements ne peut donc se dérouler dans le champ politique, mais prioritairement dans le champ social. Mais là se pose un problème : comment ?
Ce faux débat est bien entendu entretenu par une classe politique qui trouve tout son intérêt dans la perpétuation d’un système économique et politique dont elle profite et dans des politiques de réformes qui ne font qu’ajouter de la dorure sur les parties les plus sombres du système marchand. Lorsque ces politiques peuvent se glorifier d’une légitimité populaire c’est la voie toute tracée à une continuité sans changement… c’est ce qu’a essayé de faire le TCE… le processus a été momentanément stoppé, mais le problème de fond demeure. La gauche en particulier a usé et abusé jusqu’à la corde de cette stratégie au point que toute politique qu’elle préconise est devenue caduque, au point qu’il n’y a plus de différence entre une politique économique de droite et une politique économique de gauche.
Les médias qui ont un besoin impérieux de « personnalités », de « responsables politiques » (les citoyens ne l’étant pas comme chacun sait…), vont surdéterminer et accélérer le processus en réduisant le « débat politique » aux seules stratégies personnelles, aux ragots et magouilles d’appareils dans les organisations traditionnelles, à réduire la politique à ce qu’elle a de plus vulgaire : les conflits d’intérêts entre politiciens professionnels. Les citoyens-électeurs auront joué le rôle qui leur est dévolu dans la démocratie marchande : voter… et ils vont être renvoyés à leurs occupations et difficultés quotidiennes. La classe politique n’a plus besoin d’eux, de nous, jusqu’en 2007. La gauche va se recomposer, de nouvelles alliances vont se nouer, des places et des rôles vont se distribuer en vue d’une nouvelle accession au pouvoir. Des promesses faramineuses vont être faites, des programmes d‘« union» s’élaborer, des stratégies électorales s’échafauder, tout cela en vue… des prochaines élections. Ce scénario, la classe politique nous le joue chaque fois… et ne sait d’ailleurs jouer que celui là. Allons nous une fois de plus tomber dans le panneau ? Manifestement ce scénario n’est pas le bon pour sortir de la situation bloquée dans laquelle nous sommes. Pourquoi ? Parce qu’il cantonne l’action politique exclusivement dans la sphère du politique. Le changement, l’Histoire, se fait dans la sphère de l’économique et du social. Même le système marchand, aujourd’hui dominant, a acquis ses fondements dans l’organisation sociale de la société avant d’abattre politiquement l’ancien régime. Or le système de démocratie marchande a réussi l’extraordinaire exploit de faire croire, d’inscrire dans le marbre, le fait qu’il était la dernière, et meilleure étape de l’évolution de l’humanité et que son système électoral était le seul à même d’améliorer les situations. L’Histoire nous montre en fait qu’il n’en est rien, les choses ne se passent pas comme cela. L’escroquerie, la mystification, la confiscation de la politique n’ont que trop duré
Nous ne pouvons faire aucune confiance aux déclarations, projets, programmes des politiciens en place, de celles et ceux qui sont des femmes et hommes de pouvoir, et en particulier de celles et ceux qui, sans état d’âmes, ont géré (responsables de partis au pouvoir, députés, sénateurs, ministre, voire Premier ministre) le système marchand et ne découvrent que très opportunément le social. Nous ne pouvons faire aucune confiance dans les organisations politiques qui ne conçoivent l’action politique qu’en terme de stratégie électorale et en terme de places à prendre dans les palais dorés de la République. Nous ne pouvons faire aucune confiance dans une renégociation du TCE, en effet, comment se pourrait-il que, dans le cadre de la libéralisation internationale du système marchand, le social soit sauvegardé ? (voir l’article « LOGIQUE MARCHANDE-LOGIQUE SOCIALE : FAUT CHOISIR »). Le monde que nous voulons construire n’est ni dans les programmes des technocrates de la politique, ni dans les promesses des candidats, ni dans une éventuelle évolution du système marchand qui accroît la pauvreté et les inégalités. Si ce monde de liberté et de solidarité existe il nous faut le construire, concrètement. Comment ? Par une pratique politique et sociale nouvelle. En développant dans les secteurs ou cela est dés à présent possible (l’agriculture par exemple) des relations entre producteurs et consommateurs, en organisant la défense du service publique en associant salariés et usagers, en informant sur les formes alternatives et solidaires d’activités économiques, en les fédérant dans une stratégie d’organisation économique et sociale, en développant les circuits courts de distribution, en favorisant les structures fondées sur la solidarité, en contactant à l’échelle internationale, et en premier lieu en Europe, celles et ceux qui s’inscrivent dans la même dynamique et en se faisant les propagandistes d’une telle évolution. Autrement dit faire ce qu’aucun parti actuel n’est capable de faire, qui n’en a pas d’ailleurs la moindre idée, et qui est pourtant absolument indispensable si l’on veut sortir de l’impasse mortelle dans laquelle nous accule le système marchand. C’est de cette organisation et de ces initiatives que nous devant discuter, pas des promesses et programmes démagogiques des politiciens professionnels. Alors la politique reprendra tous ses droits. C’est ce défi qui se pose à nous dés maintenant. Saurons nous y répondre ?… là est toute la question.
Voir également les articles : « DECADENCE » mai 2005 Mis en ligne par Anonyme, le Lundi 30 Mai 2005, 10:57 dans la rubrique "Pour comprendre".
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à 12:59