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![]() Approche sur l’Individuation
Cette notion particulariste de Jung, sur l’Individu, est la contre-valeur dans la psychanalyse analytique, de l’« être » subtil, en recherche, de son individuation. Sans vouloir définir de critère abstrait sur l’individu, il a différencié la personnalité et la conscience du « Soi », par la technique de la phase ou de stade, ainsi dénommée « état ». Son travail constant contre l’analyse académique classique, sur la névrose en particulier, a exhorté chez le « patient » (Non considéré comme tel par Jung) sa tendance à l’anticipation. Lu sur : la fontaine de pierre « Individuation et totalité : Ce monde renouvelé est l'aboutissement de ce que Jung a dénommé le processus d'individuation. Il explique ce terme par le fait que, tant que l'être n'a pas réalisé la venue à la conscience et l'intégration des contenus archétypiques de l'inconscient, ceux-ci sont projetés, de façon positive ou négative selon le cas, dans des figures extérieures, si bien que l'on baigne dans un état de participation à l'entourage, résidu de la "participation mystique" décrite par Lucien Lévy-Bruhl comme étant la condition des primitifs. L'individuation conduit au retrait des projections. L'homme dépouille le monde extérieur de son pouvoir de fascination et parvient à l'autonomie : il mérite désormais pleinement le nom d'individu. Il n'est pas pour autant séparé des autres et de l'univers, bien au contraire : vivant consciemment en contact étroit avec un domaine qui lui est commun avec l'humanité et le monde (l'inconscient et ses archétypes), il est régi par les rythmes de celui-ci. À la loi arbitraire du moi et des influences extérieures se substitue une règle interne, aussi secrète et aussi puissante que celle qui gouverne la mer et les astres. Empiriquement le processus d'individuation est mis en évidence par l'existence de sujets chez qui la cure psychologique ne s'achève pas suivant l'une des formes limitées habituelles. La confrontation avec l'inconscient se poursuit, avec ou sans l'assistance du psychologue, et donne lieu à des expériences multiples et souvent étranges. Une telle évolution s'amorce habituellement aux environs du "seuil de la quarantaine". Sauf exception, elle ne doit pas être encouragée plus tôt, car la tâche de l'homme au cours de la première partie de la vie est de fortifier son moi en s'affirmant dans le monde extérieur. Toutefois, en cette fin du XXe siècle, la désintégration totale des valeurs oblige un nombre croissant de jeunes êtres à entrer dans l'aventure intérieure pour trouver un sens à leur vie. Il y a là un important fait nouveau. L'individuation fait monter au premier plan de la personnalité un ordre supérieur à celui de l'ego et, selon toute apparence, destiné à lui survivre. Elle constitue ainsi une préparation toute naturelle au terme de l'existence, qui en est aussi le but. Jung attache une grande importance psychologique au phénomène de la mort et lui attribue une valeur positive, bien qu'en homme de science il se refuse à se prononcer sur une éventuelle survie. L'individuation est le prix d'un long voyage fertile en péripéties : c'est le trésor gardé par des dragons, la Toison d'or, le saint Graal. Auprès des monstres, le chemin qui y mène est peuplé de figures secourables qui aident à franchir les passages périlleux : ainsi l'anima psychopompe (Ariane et son fil), le vieux sage, l'animal guide : rainette, tortue, lièvre, cerf. L'arrivée s'annonce bien à l'avance par l'apparition de symboles de la totalité: arbre, joyau, sphère lumineuse, pierre cubique, mandala (terme sanskrit désignant des figures circulaires ou carrées servant à la méditation), etc. Cette totalité est en somme le centre virtuel autour duquel la révolution intérieure reliant les opposés s'effectue en spirale, et qui s'actualise peu à peu. L'être qui y est parvenu a le sentiment que l'axe de sa personnalité s'est déplacé. Le nouveau centre, appelé Soi (Selbst), est situé au-delà du moi qui occupe par rapport à lui la position d'un satellite. Le caractère mystérieux du Soi en rend la définition malaisée. Le plan phénoménologique où se tient Jung lui interdit une formulation métaphysique. Comparant les symboles du Soi et ceux qui expriment la divinité dans les religions et les mythes, il conclut toutefois que le Soi est identique à l'image de Dieu dans l'âme. Mais son dernier mot est à chercher dans la phrase suivante extraite d'un de ses derniers écrits : "L'empiriste n'a rien à dire de la relation entre le Soi et Dieu." Ici comme ailleurs, Jung ne se soucie pas de bâtir un système dogmatique mais de montrer une voie. L'homme ne doit pas s'identifier au Soi, ce qui serait une inflation dangereuse (Nietzsche). Il doit se comporter à son égard en serviteur et non en maître. L'histoire de Philémon et Baucis montre l'attitude juste à adopter. Le résultat du processus est une transformation du regard et de l'être. C'est une expérience aussi complète et aussi indéfinissable que le bonheur. L'homme répond désormais docilement aux suggestions que la vie lui présente, et il connaît dans cet abandon la véritable liberté. Celle-ci n'est pas en effet le simple libre-arbitre, la faculté de satisfaire les désirs aveugles et contradictoires du moi : l'exercice d'une telle latitude mène bien vite au sentiment de l'absurde, comme l'ont éprouvé les existentialistes. La liberté vraie consiste en l'adhésion sereine – fût-elle douloureuse – à un ordre dépassant l'homme, grâce auquel il se sent à sa place dans un univers doté de sens : on songe à l'amor fati des stoïciens, à l'abandon chrétien. » Mis en ligne par Mirobir, le Jeudi 5 Août 2004, 17:27 dans la rubrique "Pour comprendre".
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à 09:53