| Joueb.com
Envie de créer un weblog ? |
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web. |
|
L'En Dehors et vous
![]() Crée le 18 mai 2002 Pour nous contacter : endehors(a)no-log.org Comment publier un article sur le site ? Comment publier un commentaire à un article ? Charte du site D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Nos références ( archives par thèmes ) Pour vos agrégateurs: Flux RSS 651.504 lecteurs en 2006 804.265 lecteurs en 2007
Moteur de recherche interne
avec Google
Soutien
Vous pouvez aider à régler les frais d'hébergement sur le serveur, en commandant nos brochures :
Les éditions de L'En Dehors
Rubriques
Actualité
Culture Ecologie Economie F Haine International L'En Dehors d'Armand Le privé est politique Nouvelles du site Pour comprendre Projets alternatifs Social Technique Vidéos et audios colonies et communautés anarchistes
Zone Autonome de Traductions
La page des traducteurs et traductrices
Green anarchy en français Anaïs sa dernière traduction : La raison pour laquelle la misère aime la compagnie Blackjack sa dernière traduction : La loi de profilage idéologique de 2007 Borogove sa dernière traduction : La prière de la guerre Flugute sa dernière traduction : Le Féminisme comme le Fascisme par Bob Black Gallizour sa dernière traduction : Un conte personnel de Gaza, Le terrorisme et Importants Médias Gast sa dernière traduction : L'anarchisme et la question sexuelle klaptomèdre sa dernière traduction : Emma Goldman : L'hypocrisie du puritanisme Lazy cat sa dernière traduction : Jouez farouchement ! Nos vies sont en jeu ! Mouton sauvage sa dernière traduction : De la neutralité de la technologie Provisoire sa dernière traduction : Brian rencontre le F.P.J. sur le Forum Rokakpuos sa dernière traduction : Mais quelle supposée faiblesse ? Satya sa dernière traduction : Silence de John Zerzan Stéphanie sa dernière traduction : Les victimes de la Morale (Emma Goldman) Totof sa dernière traduction : Fracasser la boîte de Petri Zaphod sa dernière traduction : L' Autoroute de Roswell Autres traducteurs et traductrices
Liens
![]() Pour écouter Radio libertaire en direct, cliquez ici ![]() Ephéméride anarchiste ![]() Cathy Ytak, le blog Divergences La presse anarchiste Autres liens
Session
|
![]() “ je suis journaliste, m’enfin je suis un imposteur quoi ! ”
Pour ce jouisseur de la vie, tout commence lorsqu’en 1960, il quitte la SNCF et se retrouve à Hara-Kiri : “ là, c’était le début de ma vie, vraiment ! […] On a fait Hara-Kiri puis Charlie-Hebdo parce qu’on étouffait. Les autres journaux, quelle que soit la sympathie qu’ils aient pour nous et la liberté qu’ils manifestent dans leur page, n’avaient quand même pas assez de culot […] Là, nous étions entre nous, tu vois. On faisait ce qu’on voulait et on disait ce qu’on voulait. On abordait des sujets qui étaient totalement tabous dans la presse. Bon, le sexe évidemment, mais aussi la mort, la religion, l’armée, tout ça. Quand on a commencé à s’intéresser à nous, on nous a demandé ce qu’on était : de gauche, de droite ? On n’en savait rien. Alors, on nous disait : vous êtes peut-être anarchistes ? Ah ! Ouais, ça nous plaisait assez quoi ”. Gébé rigole de son bon rire, chaleureux, libre, communicatif. Pour cet “ utopiste ”, être de droite ou de gauche ne signifiait pas grand chose. Dans ses dessins et ses écrits, Gébé a toujours été un “ démolisseur ” de ce monde déshumanisant. Dès les années 70, avec L’an 01, il lance une diatribe contre cette société de consommation programmée qui fait de chaque individu un Homo economicus. Si Gébé aime rire et plaisanter, c’est en réalité pour tourner en dérision ce monde d’injustices dont il était profondément insatisfait. Lorsqu’il ne “ hurlait pas [son indignation] avec les loups ”, comme il aimait à le dire avec humour, c’était pour se laisser aller à imaginer à travers une littérature rêveuse et poétique ce que cette autre vie pourrait être. Il lisait, à l’époque de notre entretien (1), Au bord de l’eau, un vieux roman chinois plein d’espoir qui racontait comment des bandes de voleurs rebelles pillaient les riches pour redistribuer aux pauvres. Bien naïfs ceux, qui, comme feu l’académicien Jules Romains pensent qu’ “ il faut une candeur qui ne se trouve guère dans une tête de Paris, pour se complaire à imaginer dans le détail un avenir idéal […] ”(2). Gébé aimait s’émerveiller et rétorquait à ceux convaincus de cela, que pour lui, ce n’était pas des “ illusions qu’on entretient comme on cherche à rester en forme pour rester jeune. Non [disait-il] c’est que c’est sincère quoi, c’est ressenti ”. Dans cette sincérité, il y avait aussi toute l’humilité et la générosité de Gébé. Très discret, il n’était pas de ceux qui cherche à se faire une réputation en s’érigeant en porte-parole de telle ou telle lutte. D’ailleurs il n’a jamais cherché à s’introniser en “ leader d’opinion ”, comme on dit à Libération. Son combat était autre : “ Il y a des gens qui sont proches de personnes, c’est mon cas. Je veux dire, moi, je ne connais personne, je ne fréquente personne (3), je ne prends pas le thé ni des repas avec qui que se soit, donc quand ça me toc, quand ça me pique, je peux dire ce que je veux, tu vois. Les gens qui prennent en compte l’opinion des gens du pouvoir, là ça commence à être autre chose. Je ne veux pas dire que c’est malhonnête mais…ça veut dire que tu vas te mettre à comprendre des gens, à supporter des choses qu’ils font parce que ça va peut-être déboucher sur quelque chose d’intéressant ; alors, il faut les encourager, les supporter, être indulgent pendant un certain temps. Moi, ce n’est pas du tout mon attitude. Disons que je suis assez radical, assez anarchiste. Voilà ”. Issu d’un milieu modeste, il semblait profondément attaché à des valeurs comme la loyauté, l’absence de calcul, la haine des privilèges, dispositions éthiques, selon Georges Orwell, engendrées par la condition ouvrière. A 74 ans, cet auteur insolite, était heureux lorsqu’il pouvait encore vous surprendre, vous étonner. Quand vous lui demandiez : “ c’est quoi pour toi un bon journaliste ? ” Il vous répondait tranquillement : “ ben, c’est quelqu’un qui travaille pour un bon journal ”. Son œil vif et pétillant vous regardait et Gébé éclatait, alors, de rire. Il jubilait. Et vous aussi.
1 Entretien réalisé avec Gébé en juin 2001 dans le cadre d’une recherche en sociologie sur Charlie Hebdo.
Mis en ligne par libertad, le Dimanche 25 Avril 2004, 23:35 dans la rubrique "Actualité".
Repondre à cet article
|