|
L'En Dehors et vous
![]() Crée le 18 mai 2002 Pour nous contacter : endehors(a)no-log.org Comment publier un article sur le site ? Comment publier un commentaire à un article ? Charte du site D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Nos références ( archives par thèmes ) Pour vos agrégateurs: Flux RSS 651.504 lecteurs en 2006 804.265 lecteurs en 2007
Moteur de recherche interne
avec Google
Soutien
Vous pouvez aider à régler les frais d'hébergement sur le serveur, en commandant nos brochures :
Les éditions de L'En Dehors
Rubriques
Actualité
Culture Ecologie Economie F Haine International L'En Dehors d'Armand Le privé est politique Nouvelles du site Pour comprendre Projets alternatifs Social Technique Vidéos et audios colonies et communautés anarchistes
Zone Autonome de Traductions
La page des traducteurs et traductrices
Green anarchy en français Anaïs sa dernière traduction : La raison pour laquelle la misère aime la compagnie Blackjack sa dernière traduction : La loi de profilage idéologique de 2007 Borogove sa dernière traduction : Proclamation de solidarité du syndicat général des Freeters (précaires) du Japon adressée à l'IWW Flugute sa dernière traduction : Le Féminisme comme le Fascisme par Bob Black Gallizour sa dernière traduction : Un conte personnel de Gaza, Le terrorisme et Importants Médias Gast sa dernière traduction : L'anarchisme et la question sexuelle klaptomèdre sa dernière traduction : Emma Goldman : L'hypocrisie du puritanisme Lazy cat sa dernière traduction : Jouez farouchement ! Nos vies sont en jeu ! Mouton sauvage sa dernière traduction : De la neutralité de la technologie Provisoire sa dernière traduction : Brian rencontre le F.P.J. sur le Forum Rokakpuos sa dernière traduction : Mais quelle supposée faiblesse ? Satya sa dernière traduction : La libéralisation du marché n'est pas du développement Stéphanie sa dernière traduction : Les victimes de la Morale (Emma Goldman) Totof sa dernière traduction : Fracasser la boîte de Petri Zaphod sa dernière traduction : L' Autoroute de Roswell Autres traducteurs et traductrices
Liens
![]() Pour écouter Radio libertaire en direct, cliquez ici ![]() Ephéméride anarchiste Cathy Ytak, une année avec "Les murs bleus" Divergences La presse anarchiste Autres liens
Session
|
![]() Les limites de l'altermondialisation
Lu sur Calle luna : "Après plusieurs années d'apparition dans ce que l'on peut appeler le « débat public » ou le « mouvement social », il est temps de tirer des leçons de cette expérience ce qui commence à se faire, timidement, dans les milieux concernés. Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui s'y sont impliqué-e-s, beaucoup également ont pris leurs distances (j'en suis), d'autres continuent à y venir. Ce texte est personnel et ne représente que lopinion de son auteur qui n'appartient à aucune organisation ce qui ne l'empêche pas dêtre « actif ». FONDEMENTS ET GLISSEMENTS THEORIQUES L'altermondialisation, qui s'est à l'origine appelée l'antimondialisation, a débutée par une prise de conscience. Le tollé qui s'en est suivi à eu deux conséquences : l'abandon de l'AMI et le lancement du mouvement altermondialisation. Ce fut, il faut le reconnaître un tournant capital dans le processus de prise de conscience de ce qu'est la mondialisation. Je passe sur les tentatives de récupérations plus ou moins grossières des organisations politiques, quoique celles-ci ne soient pas étrangères aux dérives théoriques dont je vais parler. En effet, doit-on parler de « mondialisation marchande » ou de « mondialisation libérale » ? Or, et il suffit de prendre les principaux textes et déclarations des « leaders » du mouvement pour voir qu'il s'agit essentiellement de lutter contre la « mondialisation libérale » ou « mondialisation néo-libérale » ce qui peut paraître curieux puisque parallèlement on dit que « le monde n'est pas une marchandise ». En fait, celles et ceux qui prétendent diriger ce « mouvement » sont beaucoup moins radicaux qu'ils ne le disent et qu'ils n'apparaissent. Leur objectif est une « régulation de la mondialisation », autrement dit on laisse les principes du système marchand, tels qu'ils sont et on les module, on les adoucis bref, on les rend plus supportables. C'est ce qui explique qu'ils se retrouvent parfaitement sur le même terrain politico-économique que certains politiciens, de droite comme de gauche qui finalement ne sont pas hostiles à une régulation qui pourrait apaiser les conflits à venir. Conclusion de tout cela : UN LOBBY ALTERMONDIALISTE Sans vouloir entrer dans une polémique, il faut bien constater, ce qui explique les dérives précédentes, l'existence dun « lobby » altermondialiste, c'est-à-dire un groupe de personnes, généralement parisiennes, pour quelques unes sous-marins d'organisations politiques ou de médias qui ont mis la main sur le mouvement et dispose au niveau national et international des moyens et du monopole de lexpression. Elles ont effectivement joué un rôle important quant à l'émergence du mouvement mais elles l'ont rapidement confisqué. Habilement certes, laissant aux « locaux » une liberté qui ne les gène pas, mais tenant fermement les commandes nationales. La dernière tentative de mise au pas, l'été dernier, en dit long sur le verrouillage et le contrôle exercé sur le mouvement. Heureusement ce mouvement n'est pas homogène et son contrôle total n'est pas possible, mais l'existence de ce groupe freine considérablement toute avancée dans la réflexion et on va le voir dans l'élaboration d'une pratique politique. Ce qui est grave c'est que l'illusion joue à plein. Multiplier les commissions, les formations, se jeter à corps perdu dans des forums, des marches, des colloques, des rencontres puis recommencer les forums,..et tenir le devant des médias, donne une extraordinaire illusion de l'efficacité. Or, le mouvement à tendance à s'essouffler, pour une raison simple : après avoir foncé pendant cinq ans dans des pratiques et démonstrations, somme toutes traditionnelles, le manque de perspectives concrètes et politiques apparaissent et c'est logique. Autrement dit la nécessaire mutation du mouvement se pose ou va se poser. LA NON RECHERCHE PRATIQUE Là est le point nodal du problème. Que faire ? La réponse à cette question renvoie au premier point : comment poser le problème ? Or, nous l'avons vu, la manière dont est posé le problème est loin de permettre un dépassement de la situation actuelle, tout au plus un aménagement.. mais le veut-on vraiment ? Mais il y a, je pense, encore plus grave, c'est toute l'interrogation sur la problématique, la logique, les conditions du changement. En effet, « changement dans lHistoire », signifie, changement de rapports de production, et donc de rapports sociaux et prise de relais par de nouveaux rapports de production. Cette question n'est en fait jamais examinée. En dehors de réunions, formation, rencontres, forums, traditionnels il n'y a aucune réflexion et à fortiori pratique dans la mise en place de nouveaux rapports sociaux. « Un autre monde est possible », OK, mais lequel ? Comment dépasser le monde actuel ? Quelles pratiques à mettre en place ? Qui ? Non seulement aucune réponse n'est apportée, mais les questions ne sont même pas posées. Les expériences alternatives qui existent en France, en Europe et dans le monde, si elles sont présentées avec sympathie, ne sont jamais intégrées dans une réflexion stratégique ayant pour objectif de penser et de construire ce « nouveau monde ». Quel sens peut avoir une réflexion politique alternative qui n'intègre pas les pratiques alternatives ? Nous sommes là effectivement aux limites de l'altermondialisation actuelle. Si cette problématique est juste, l'altermondialisme actuel est loin dêtre opérationnel en tant que mouvement en vue dun changement. Encore faut-il, bien entendu s'entendre, sur la nature de ce changement et donc la volonté politique qui l'exprime. Toute la question est là aujourd'hui. Il faudra bien y répondre.
Patrick MIGNARD, Professeur d'économie à l'IUT de Toulouse. mars 2004. Cet article fait suite à "l'Ambigüité de l'anti/inter mondialisation" publié en avril 2003.
Mis en ligne par libertad, le Samedi 10 Avril 2004, 18:24 dans la rubrique "Pour comprendre".
Repondre à cet article
Commentaires :
|
à 04:04