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Travailleur du sexe, nos combats
Suite au communiqué de presse publié sur le site http://endehors.org/news/10609.shtml, et en ma qualité de travailleur du sexe et membre du collectif « les putes », je me devais de réagir aux différents commentaires publiés par les internautes. J’ai lu des points de vues tout à fait abolitionnistes qui ont eu pour impact de me mettre hors de moi, mais j’ai aussi été touché par un certain nombre de remarques pertinentes. Si vous lisez les différentes rubriques de notre site www.lesputes.org, vous vous apercevrez qu’il s’agit d’un collectif non-mixte, dont l’auto-support est la caractéristique essentielle. La raison pour laquelle nous refusons de nous ouvrir aux non-travailleurs du sexe est que leur parole amoindrirait la nôtre. En effet, l’expertise d’une vraie pute est plus réaliste que les propos que peuvent tenir les abolitionnistes, les moralistes et autres donneurs de leçons, car ce que ce que nous décrivons est basé sur du concret, et non sur un fondement judéo-chrétien frustré et culpabilisateur. On nous reproche sur le forum de l’en dehors de ne pas citer de statistiques. Sachez que notre parole émerge de la conférence européenne des sex-workers de Bruxelles qui s’est déroulée en octobre dernier. L’urgence dans laquelle nous sommEs obligéEs d’agir ne nous permet pas de travailler sur le vecteur des chiffres. Je pose la question aux anarchistEs : ne devriez-vous pas vous soucier moins des chiffres, et plus de l’impact psychologique et social que la répression crée en nous victimisant ? Nos points de vues s’étayent d’eux-mêmes sur le plan philosophique et ne nécéssitent pas à mon sens (tout du moins pour l’instant), d’une analyse mathématique. Nous aurons peut-être des données plus chiffrées, s’il n’y a que cela qui vous préoccupe, le jour où l’on cessera de nous prendre pour des connEs. Nous connaissons notre métier, et nous savons ce que nous voulons : il s’agit de notre vécu. L’ensemble des prostituéEs traditionnellEs que nous avons rencontréEs lors des différents tractages pour l’appel à la put€ pride subissent régulièrement les violencEs policièrEs, or je n’ai pas vu une seule ligne sur le forum quelqu’un s’insurger de ce phénomène. S’il y a des chiffres à récolter quelques part, vous n’avez qu’à les demander à l’Etat ! Je pense qu’il se fera une joie de vous annoncer qu’il est le premier proxénète ! Combien d’amendes pour racollage passif les fillEs devront-elles encore subir avant que vous ne réagissiez ? Le fait de pouvoir travailler librement pour survivre ne constitue t’il pas à vos yeux un droit en soit ? Il est vrai qu’être libertaire va à l’encontre du système capitaliste, mais soyons réalistes. Tout un chacun à le droit de pouvoir se nourrir, se loger, se chauffer et se vêtir correctement. Refuser de reconnaître la prostitution comme un métier est une discrimination vis-à-vis des précairEs, et je crois sincérement que cela va à l’encontre de nos principes. S’il est vrai que vous luttez contre le système monétaire, alors pourquoi continuez-vous de nier la légitimité de notre existence ? Il n’y a qu’en légalisant notre profession, et en nous accordant les mêmes droits que les vôtres, que vous affaiblirez la plutocratie. Quelle que soit la profession, tout un chacun devrait pouvoir travailler en fonction de ses besoins, en non dans un système productiviste. C’est la raison pour laquelle le modèle allemand caractérise par excellence ce que nous refusons, bien que les prostituéEs par vocation y soient mieux lottiEs qu’en France. En effet, nous sommEs conscientEs qu’il amènerait à des dérives bien plus grave dans d’autres secteurs d’activités. Pour exemple, on pourrait exiger d’une secrétaire de formation qu’elle devienne plombier sous prétexte qu’on lui a proposé un emploi ! Non ! Respectons notre métier, et permettez qu’on lui rende sa dignité humaine ! L’ultra-libéralisme est proxénète en soit, avilissant et esclavagiste à souhait. Nous exigeons notre libertéE d’activité, en fonction de nos besoins et de notre propre capacité à travailler, en notre propre compte ! Soyons clairEs ! C’est la raison pour laquelle l’émergence de notre parole nous parait essentielle, car elle nous permettrait, dans un soucis de cohésion, d’établir des règles saines de reconnaissance et de statufication de notre profession. Souvenez-vous que « les putes » ont participé à différentes marches anti-cpe, et que nous refusons d’être des salariéEs jetablEs. Par ailleurs, nous aimons notre métier (sinon nous en changerions), et un certain nombre d’idées reçues publiéEs sur ce forum nous déplaisent. J’ai constaté un amalgame flagrant confondant prostitution et esclavage. Nous sommes librEs, dignEs et fièrEs ! Nous ne sommes pas une minorité au sein de la catégorie professionnelle, vous pouvez vous en rendre compte en allant discuter avec les travailleusEs du sexe de votre quartier. Il est vrai que l’on entre pas toutEs dans le métier par vocation. La pression économique nous y pousse parfois, or, au lieu de se laisser miner par cet hétéro-conformisme bourgeois, nous avons choisis de nous épanouir, et nous le faisons bien ! On nous reproche de critiquer les féministes. On ne les déteste pas, nous rendons seulement à certaines d’entre elles le mal qu’elles nous infligent. D’ailleurs, pour citer une féministe que je respecte pour ses positions politiques concernant la liberté de jouir de son corps est l’écrivaine Alicia Reyes. Au nom de quel dieu, de quelle terminologie, de quelle culture doit on considérer le travail du sexe comme dégradant ? … Si certains s’offusquent de constater que nous citons les écrits de Grisélidis sur la page d’accueil de notre site, les vérités qu’elle dénonçait en 1980 sont davantage d’actualités en cette triste période de retour à l’ordre moral. La question de la gratuité m’a donné à réfléchir. Si vous regardez bien autours de vous, vous pourrez voir qu’il existe des prostituées gratuitEs ou au rabais, car ce sont des putEs qui s’ignorent. En effet, combien de garçons et de filles vont finalement accepter de coucher, parce que leur voisin de comptoir leur aura offert un verre ? Il s’agit bien de quelque chose de pitoyable, et qui crée une forme de proxénétisme plus courant et plus malsain auquel personne ne s’en prend. Voici d’autres exemples concrets d’échanges de services bien plus esclavagistes et productivistes pathétiques : Un serveur va distribuer ses sourires à tout va pour n’obtenir qu’un maigre pourboire, les livreurs se cassent le dos pour que Mr Dugenou ait le dernier modèle de frigo américain, une caissière couche avec son patron pour obtenir une augmentation… J’ai lu que l’on nous reprochait de critiquer la femme au foyer, sachez qu’elle est une pute comme les autres puisqu’elle est dépendante de son mari et de ses enfants. Dans tous les cas cités précédemment, il s’agit bien de prostitution gratuite, donc d’esclavage. On nous déteste parce que nous assumons le monnayage de notre sexualité, sachez que même si nous sommes « à louer » parfois à des tarifs élevés, nous sommes des êtres humains avant tout, avec des valeurs qui elles ne se monnayent pas, car elles appartiennent aux caractéristiques propres à nos personnalités que nous n’exploitons pas dans notre activité professionnelle. Combien coûtent nos vies ? Bien plus que l’irrespect et le mépris qui nous entoure ! Il est vrai que l’on respectait le statut de notre profession dans l’antiquité. L’homme étant un loup pour l’homme, il s’est encombré d’une morale religieuse ou hétéro-patriarcale, néfaste à notre profession. C’est la raison pour laquelle maintenant, moi, Thomas Slut, j’ai décidé de m’outer en assumant au grand jour mes activités. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, mon métier est considéré comme hors la loi. Je ne partage pas ce point de vue. Ancien étudiant en psychologie, je sais que nombre de cas cliniques et pathologiques ont pour origine une frustration sexuelle. Mon rôle est d’aider les gens sur ce vecteur, et à mon sens, le statut idéal serait d’être qualifié de Docteur en sexologie. En effet, au delà de mes connaissances théoriques et de mon expérience de la gent masculine et humaine, j’ai appris à être à l’écoute des besoins de mes clients. Leur corps est le prolongement de leur psyché. Cela n’a rien de pervers car je fixe seul les objectifs de satisfaction que je peux fournir dans ma prestation de service. Je sais ce que je peux et doit donner, et quelles sont les limites à ne pas franchir. Je travaille avec éthique, dans le respect de mes clients et de mon corps. J’ai conscience du rôle que j’ai à jouer ; c’est un métier très humain. Il faut aimer les gens et s’aimer soi-même. L’essence même de la prostitution est l’humanophilie. Tout le monde ne peut pas en faire autant, et je considère que c’est là toute notre utilité économique, sociale et sociétale. Les clients qui nous consultent devraient d’ailleurs à mon sens pouvoir être remboursé par la sécurité sociale, car nous jouons plusieurs rôles thérapeuthiques. En effet, nous soulageons des frustrations, nous remplissons un rôle d’agent de prévention en matière de VIH et autres IST, nous conseillons, nous initions, nous formons… Voici tout ce que j’avais à dire sur notre travail, que je suis fièrE d’exercer. Je voudrais qu’on le reconnaisse, parce qu’une pute heureuse conduit plus facilement ses clients à la satisfaction. Nous sommEs utilEs, ne l’oubliez pas ! Thomas Slut slut_punkboy@lesputes.org www.lesputes.org http://ceinture2queers.over-blog.com
Mis en ligne par thomaslut, le Samedi 20 Mai 2006, 16:19 dans la rubrique "Social".
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Commentaires :
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libertad
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Je voudrais remercier Thomas pour ce texte et les réponses qu'il apporte aux questions posées suite au communiqué. Je précise que l'En Dehors a toujours soutenu la lutte des travailleurs et travailleuses du sexe, on pourra se reporter à ce sujet à la rubrique nos références ( prostitution ) et que l'on peut également y trouver des critiques nombreuses du féminisme abolitionniste qui agit selon des idées contraire à l'anarchisme ( avant-gardisme, puritanisme ). Je rejoins, pour ma part, complètement le point de vue de Thomas sur le rôle éminemment social de la prostitution en matière de soin des troubles et d'une certaine misère sexuelle et je trouve tout à fait dangereux, le rôle d'apprenti(e)s sorcier(e)s des abolitionnistes qui jouent avec le feu, pour des question de morale sexuelle, oubliant que la sexualité qui est canalisée dans la prostitution, risquerait de prendre des formes moins pacifiques en cas de disparition de celle-ci.
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Anonyme
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Pour faire taire nos féministes abolitionnistes (parlons clairement: puritaines), pourquoi ne pas créer des Prostitués Volontaires? Il y a bien les Pompiers Volontaires (qui ne font pas de pompiers mais savent éteindre les feux). Et Costes sera notre Kouchner à nous!
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Anonyme
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Il y a certaines questions que je me pose et que je voudrais poser à Thomas
-Quelle est la limite qu'il met à l'idée de prostitution ? Lorsqu'il dit qu'une femme qui accepte un verre ou un femme au foyer sont des putes, la limite semble etre très large. Il y a-t-il prostitution dès lors qu'il y a différence de revenus/ressources ? Différence de contribution ? Ou inversement : quand est-ce qu'il n'y a pas prostitution ?
-La prostitution décrite par Thomas semble paradisiaque, c'est à dire un monde de putes émancipées et joyeuses qui seraient génées uniquement par moralistes, sarkozystes, féministes etc. (mafias et proxos par exemple sont un peu absents du paysage sauf pour dire qu'on regrette que sarko ne les arrete pas).
-Thomas semble (enfin c'est que je crois comprendre en filigrane) dire que "les putes" seraient libertaires ou d'inspiration libertaire. Est-ce l'on pourrait en savoir plus sur la dimension libertaire de "les putes". Quels sont les autres combats dans lesquels les membres participent ? Sont-ils aussi dans des orgas libertaires ? Participent-ils aux activités libertaires (manifs, etc.) ?
-Thomas parle d'amour du métier, d'amour du prochain, de plaisir, de service, etc. Est-ce que "les putes" ont aussi une pratique de services gratuits pour ceux qui par exemple n'auraient pas de moyens ? Donc une double activité (alimentaire (faut bien bouffer et payer le loyer:-)) et aussi bénévole (esprit libertaire)
-Est-ce que Thomas (que je vais prendre comme libertaire) ne craint pas qu'en cas de victoire du combat de "les putes" un des effets parallèles serait de propulser les putes (plus le mvt mais les putes en général) au rang de simples consommateurs à fort pouvoir d'achat , voire de super consommateurs "chic" (exemple : homos du marais aujourd'hui comparés à FHAR autrefois). Et si oui, comment dès le départ prévenir cette dérive possible ?
Thomas a raison de dire que les anarchistes ne parlent pas beaucoup de la prostitution (encore qu'autrefois... et dans des expressions moins directement politiques... suffit de penser à Brassens) et il y a peut-etre du moralisme latent la dedans, mais les choses ne sont pas si simples. De quelles manières , selon thomas, le mouvement libertaire devrait-il "soutenir" (:-)) les prostituées ?
Lapin
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satya
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bonjour,
ce sujet m'interpelle sur plusieurs aspects:
- d'abord je ne pense pas que répondre à la précarité organisée par les politiques néolibérales en se vendant soi même soit une réponse politique adaptée, je n'y vois rien de "libertaire" mais plutôt tout de "libéral" et un mode de fonctionnement essentiellement économique et de marchandisation du corps.
- je crois que le sujet est vraiment complexe car en réclamant la libéralisation totale de la prostitution c'est un très bon moyen d'enrichir les proxénètes et les mafieux divers qui en tirent profit. je vois un très grand danger d'officialiser le commerce humain le plus ancien de la civilisation et qui s'est fait essentiellement par des violences faites aux femmes depuis longtemps. le nombre de personnes qui sont poussées à la prostitution de façons violentes est considérable encore aujourd'hui et je considère que la précarisation faite par le packaging néolibéral est aussi une violence.
- ensuite, je crois aussi qu'un élément important est la violence faite au corps et au plaisir qui est essentiel (en fait, je pense plutôt en pluriel: aux violences, aux plaisirs). or, je considère que nos sociétés sont encore à l'aube de la prise de conscience du plaisir et de la jouissance qui soit vraiment épanouissants. les "travailleurs/ses" du sexe ne participent pas à ces épanouissements et au développement de la conscience mais au contraire ils les réfrènent, les remettent dans le sordide et empêchent des évolutions humaines qui sont essentielles. ils/elles empêchent également une remise en question profonde sur les viols. nous avons tous encore beaucoup à évoluer et je trouve vraiment que réclamer la liberté de bosser en vendant son corps est se soumettre totalement au pouvoir économique et physique des autres mais n'a absolument rien ni de libertaire ni de révolutionnaire: c'est plutôt de l'ordre de l'esclave qui glorifie ses chaines.
- je suis d'accord de la malhonnêteté de nos sociétés, mais je refuse de dénier les immenses souffrances et oppressions qui sont liées à la prostitution qinsi que la signification du rapport à son propre corps et à son propre plaisir qui est dénié sous une forme d'auto-viol.
- si un salaire de vie existait pour tous et toutes je suis certaine qu'une grande majorité de prostitué(e)s cesseraient immédiatement ce boulot.
ce sont quelques lignes, je ne me pense pas ni abolitionnaire ni moraliste, je serais bien mal placée pour cela, cependant, je pense qu'il y a de très importants problèmes y compris dans la façon dont nous vivons nos corps et les violences sexuelles, physiques et psychologiques et que cela est détourné par les travailleurs(ses) du sexe quand ils réclament leur participation active au néolibéralisme et à la marchandisation de leur corps sous prétexte de précarité: c'est faire le jeu des mafieux et des systèmes économiques dominateurs et oppresseurs et ce genre de discours arrange bien essentiellement ceux qui tiennent les cordes...
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libertad
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Satya, la prostitution ce n'est pas vendre son corps, c'est au même titre que le salariat le louer, ne crois-tu pas que le salariat est un bon moyen aussi d'enrichir les mafieux et les exploiteurs ? Il y a des violences dans la prostitution, il y en a aussi dans le salariat : les accidents mortels du travail sont plus importants que les morts violentes en général. Personne ne dit que la prostitution est un paradis, mettons là sur le même plan que le salariat ( avec les mêmes droits ) "ils/elles empêchent également une remise en question profonde sur les viols."T'es-tu demandé aussi combien de viols étaient évités par la prostitution ? "si un salaire de vie existait pour tous et toutes je suis certaine
qu'une grande majorité de prostitué(e)s cesseraient immédiatement ce
boulot." Combien de salarié(e)s arrêteraient de bosser dans le même cas? Si l'on ne met pas de jugement moral sur la partie du corps qui est louée, la prostitution et le salariat sont équivalents. Mais c'est à cause d'un jugement moral sur ce que doit être la sexualité ( une vision normative ) que la distinction est faite : on peut louer ses mains ou son intelligence ( son cerveau ) mais pas son sexe, c'est bien une norme et cette norme n'est pas si ancienne, elle est apparue dans la classe bourgeoise en Angleterre au 19ème.
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Anonyme
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Il ne faut pas confondre: liberté de se prostituer et liberté d'avoir des relations sexuelles. La femme est victime dans la liberté de se prostituer. La femme n'est pas victime dans la liberté d'avoir des relations sexuelles. Dans le 1er cas, la femme s'enferme mentalement et physiquement dans la liberté de se prostituer dans l'indignité, dans l'irrespect de son esprit et de son corps: les effets néfastes de ce mode sexuel ne regarde qu'elle et sa conscience (consommation excessive d'alcool et de drogue, multiplicité des partenaires et des rapports sexuels non-désirée, victime de la violence, soumission asservie, domination avilissante, zoophilie perverse..... Nous pouvons faire un // avec la femme-salariée, la femme mariée, la femme-employeur dans notre système de domination et de soumission). Dans le 2ème cas, la femme s'ouvre mentalement et/ou physiquement dans la liberté d'avoir des relations sexuelles dans la dignité, dans le respect de son esprit et de son corps: les effets épanouissants de ce mode sexuel ne regarde qu'elle et sa conscience (consommation ou non d'alcool ou de drogue, multiplicité et/ou unicité dans le-s partenaire-s et des du rapport-s sexuel-s désirée, maitresse de la violence, soumission non-dégradante, domination respectueuse de soi et de l'autre, zoophilie bénéfique...). Les femmes-hommes prostitué-e-s sont victimes de la prostitution sexuelle (faire du commerce avec son sexe) Revendiquer la disparition totale de la prostitution, ce serait mieux que de faire une différence entre prostitution forcée et prostitution faussement "sans contrainte" (c'est là le fossé entre les réformistes et les libertaires). Demain, l'Etat, le Capital (mafia, multinationales...), les églises hiérarchiques, les femmes-hommes prostitué-e-s faussement "sans contrainte" seront libres de créer et de se prostituer dans des espaces de prostitution libre, pourront mettre sur pied leur-s propre-s syndicat-s et revendiquer un Salaire Sexuel Minimum (pour les plus faibles et moins rentables). ET ALORS, ceci ne fera pas disparaitre (mais pérennisera) l'exploitation de la femme par l'homme...... et le système de domination (regardez les femmes-salariées, les femmes-employeurs, les femmes mariées... qui vendent librement leur force de travail manuel et intellectuel dans l'indignité et l'irrespect de leur esprit et de leur corps). ROGER
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libertad
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Roger ton raisonnement se fonde uniquement sur une question de morale sexuelle et pas dans une optique anarchiste qui refuse le jugement moral sur ce que les gens font de leur sexe ( à partir du moment où on leur en reconnait la capacité et que cela se fait sans contrainte ). Tu accordes plus d'importance au sexe qu'au cerveau et louer son sexe est pour toi quelque chose d'horrible mais pas de louer sa vie à un employeur qui peut exploiter, tuer ( accidents du travail ) harceller moralement et sexuellement. Tu dis qu'il n'y a pas de prostitution libre, y aurait-il un salariat libre ? Tu conçois que les salariés améliorent leurs conditions de travail et que les anarchistes les soutiennent mais tu ne conçois pas que ce soit la même chose pour les prostitué(e)s.
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Anonyme
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Non, je regrette, libertad, c'est le point de vue d'un anarchiste-libertaire. Je suis pour l'éradication totale de la Prostitution (dans un système capitaliste, dans une société libertaire). Je ne suis pas pour une prostitution forcée (esclavage) ou pour une prostitution faussement "sans contrainte" (salariat). Et, je n'ai jamais dit qu'il était facile pour un vrai anarchiste de vivre dans un système capitaliste dominant. Au contraire, ce sont des tourments quotidiens. Qu'un anarchiste-libertaire me dise le contraire. ROGER
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Mélodie
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Bravo Thomas Slut
Merci pour cet excellent témoignage. Je t'appuie et t'encourage à continuer d'être visible et audible. J'appuie également toutes les actions du groupes Les-Putes.
Solidairement,
Mélodie, travailleuse du sexe québécoise
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provisoire
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... un cautère sur une jambe de bois... et tout va très bien madame la marquise...
• Argument Il y a de la misère sexuelle. Soit.
Ergo Il faut soulager cette misère sexuelle. Soit.
Solution 1 : Je soulage ma misère sexuelle en payant les services de quelqu'un qui mettra à un corps (le sien) à la disposition de ma misère sexuelle. Comme j'ai payé, je suis dispensé (E ?) de tout questionnement sur l'origine de ma misère sexuelle, et de toute implication autre que sexuelle avec le ou la propriétaire du corps mis à ma disposition. Je suis dispensé (E ?) de tout questionnement sur ma culpabilité plus ou moins inconsciente dès qu'il s'agit de la question sexuelle. Je suis dispensé (E ?) sur ce qui chez moi fait frustration et me mène à la misère sexuelle (ma femme n'aime pas la sodomie ?... mon époux bande mou ?....) J'ai payé, je suis soulagé (E ?), ma misère est moins grande...
Solution 2 : Je questionne l'origine de ma misère sexuelle en questionnant le rapport au corps et en particulier à la sexualité dans une société où tout s'achète, tout se vend, tout se consomme, où le bonheur mesure 25 cm... Je rencontre des personnes avec lesquelles je peux vivre des expériences sexuelles ET humaines, d'une heure, d'un jour, de trois mois, d'une vie... Je suis dispensé(E) de payer pour cela.
scolie de la solution 1 : étant donnée l'utilité publique de cette solution en termes de santé et de bien-être, je suggère qu'en annexe de la reconnaissance de la prostitution comme métier utile, les consommateur (ices ?) de services sexuels puissent bénéficier d'une réduction d'impöts lors de leur déclaration annuelle de revenus.
scolie de la solution 2 : étant donnée la nécessité d'oeuvrer pour la qualité des liens humains dans cette horrible société capitaliste, je suggère de se poser des questions sur "qui est réellement aliéné dans ses représentations de la sexualité ?" lorsqu'on aborde la question des travailleur(E)s du sexe...
ArgumentTout travail salarié est d'une certaine manière, prostitution. Soit.
Quand je vends ma force de travail pour par exemple soigner une personne malade, construire une maison, récolter les raisins mûrs, je me dis que demain, en société anarchiste, je pourrai faire les mêmes activités librement, en participation avec d'autres qui considéreront que ce travail est utile à la communauté. Nous aurons du plaisir à faire ce que l'on aime avec ceux que l'on aime. Ma sexualité, je pourrai la vivre librement, dans le respect de moi-même et de mes partenaires, et j'aurai du plaisir à la vivre, mais elle n'aura pas "d'utilité" pour la communauté, elle sera de l'ordre de l'intime...
Quand je vends ma force de travail pour par exemple fabriquer des gadgets inutiles ou des objets nocifs ou pour contrôler la population, ou pour surveiller des personnes incarcérées, je me dis que demain en société anarchiste, toutes ces activités n'existeront plus. D'ailleurs, si je suis un peu cohérente en tant qu'anarchiste, je me refuse à exercer ces activités qui sont intrinséquement des produits du systéme capitaliste et de l'aliénation (exemple : flic, militaire, bénéficiaire des revenus du capital, fabricant d'armes, etc.). Même si je le fais, cela ne m'empêche pas a priori de vivre une sexualité épanouie.
Quand je vends ma force de travail pour rendre des services sexuels, je considère la sexualité comme un travail.
Ce que je demande dès aujourd'hui et pour demain, en société anarchiste, c'est la liberté de choisir avec qui j'ai envie de vivre des expériences sexuelles (reconnaissant au partenaire la même liberté de choix). Il me semble que la notion de choix est absente de la sexualité conçue comme un service soulageant la misère sexuelle. Mais, n'est-ce pas, le client est roi... Cet argument, et son corrolaire, sinon il y aurait peut-être plus de viols, me mettent très en colère... et je me demande vraiment quelle représentation de la sexualité vous avez pour l'énoncer aussi froidement... Dans ce cas, et puisque chacunE y va de sa provocation, autant subventionner des chorales de chants racistes, comme ça, pendant qu'ils chanteront, ils ne feront pas de ratonnades !...
Je trouve qu'il y a vraiment beaucoup de mauvaise foi à imaginer qu'on peut vendre son corps et que par ailleurs on continuerait de vivre, dans sa vie quotidienne des rapports sexuels choisis avec les personnes que l'on désire, sans qu'il y ait d'interférence de l'un à l'autre. Cela demande unt el clivage psychologique, que je vois mal comment c'est possible. Mais peut-être que je suis trop puritaine, moraliste, etc... puisque semble-t-il, c'est ce que l'on est dès qu'on pointe ce genre de problèmes. C'est vrai aussi qu'en ce qui me concerne, la sexualité est d'une très grande importance, peut-être plus grande que le cerveau, en effet, alors...
N'empêche, si pour survivre je dois vendre un rein ou un oeil (cela se fait dans certaines parties du monde...), vous en pensez quoi, vous ? Qu'il faut un revenu minimum ? Allez, vous direz qu'un rein ou un oeil, ça ne se remplace pas et quand on l'a vendu, on ne l'a plus, et que donc on ne peut pas comparer. Alors je vais dire, si pour survivre je vends mon sang, vous pensez qu'il faut un revenu minimum pour chaque litre de sang vendu, et créer un syndicat des vendeurs de sang pour défendre leurs droits, puisque ce sont des travailleurs comme les autres ? (le sang se renouvelle, lui...)
Il ya pour moi une différence entre être affranchi et être émancipé. L'anarchisme dont je me réclame parle d'émancipation... et cela nécessite un minimum d'exigence ! Quant à être affranchi... c'est de ce terme là également que se désignent les maffieux.
Je ne veux pas par ce commentaire pointer du doigt ceux qui se revendiquent comme travailleurs du sexe, dont Thomas Slut qui a écrit ce texte ici. Je m'étonne cependant que sur un fil anarchiste la question de la misère sexuelle des "clients" ne soit pas questionnée, et que la question de la violence réelle qui s'exerce dans la prostitution ne soit pas abordée, et que l'on fasse comme si toutEs les putes étaient heureux-ses de l'être et l'avaient choisi, comme si la misère sexuelle de notre époque pouvait se soulager au moyen d'une passe ... Alors on mythifie une figure "la prostituée sacrée" de l'Antiquité, en en gardant que la figure et en gommant le contexte culturel. La "prostituée sacrée" était au service d'un dieu, rappelez-vous... Et elles étaient élues pour remplir cette noble fonction...
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Cercamon
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Merci de ta réponse Thomas. Cependant, si cela ne te gênes pas, il va falloir poursuivre la discussion, car il reste beaucoup de questions.
Il y a, dans les discussions, en général deux choses que je trouve nuisibles : la polarisation, et la négation de la complexité. J'aimerai donc que l'on évite de ramener toute position critique à "victimisante – méprisante – abolitionniste – avant-gardiste – répressive". Merci.
Je sépare mon commentaire en trois, parce qu’il est très long.
Quand tu dis Nos points de vues s’étayent d’eux-mêmes sur le plan philosophique et ne nécéssitent pas à mon sens (tout du moins pour l’instant), d’une analyse mathématique ça ne me va pas du tout. Quand vous déclarez que les chiffres des victimistes sont surestimés, qu’il y a plus de prostituéEs qui ont fait un choix libre que de prostituéEs contraintes, vous vous devez d’étayer ces déclarations. Je ne vois pas de quel recours peut être la philosophie à ce niveau. Surtout que la contrainte qui pèse sur ces prostituéEs n’est pas la même que celle qui pèse sur quelqu’un qui pointe à l’ANPE et qui refuse un emploi.
Ce que j’entends dans cette affirmation, c’est que (je vais être caricatural pour le besoin de la discussion) quand bien même 90% des prostituéEs seraient contraintes, il n’empêche qu’il est possible pour certainEs que la prostitution soit vécue autrement, et donc cela est suffisant pour que l’on ne fasse pas « payer socialement » la prostitution de ces dernièrEs. C’est légitime, mais dans la manière dont vous présentez les choses, vous n’êtes à mon goût pas assez précisEs pour différencier clairement :
(a) - la réalité de la prostitution en tant que phénomène, telle qu’elle est vécue par la population prostituéE dans son ensemble (homogène ? ou pas ?), d’où elle vient, ce qu’elle impacte, etc. ;
(b) - la prostitution telle que vous la revendiquez, qui peut/doit faire partie de la réalité précédente (là n’est pas la question, cette dernière étant plutôt quelle part de cette réalité représente-t-elle) ;
(c) - la/les représentation(s) généralement partagée(s) de la prostitution (et leur différentes dimensions, ainsi que comment ces représentations s’opposent, etc.).
Votre principale revendication est clairement de changer la représentation qui nourrit la putophobie au motif que le hiatus est trop important entre (b) et (c). Et même si (a) était très différente de (b) et ne vous concernerait pas individuellement, ou même à votre niveau de collectif (ce qui est tout à fait possible), c’est bien (a) qui est pour une bonne part à l’origine de (c). On ne peut espérer changer (c) favorablement si on n’est pas capable de présenter précisément les mécanismes de (a). Si (a) trop différent de (b), il vous faudra lutter contre (a) et pour le changement de (c) ; et si (a) très proche de (b), et bien (c) ne repose sur rien (j’aimerai alors que vous m’expliquiez d’où (c) vient) et pour le changer il faudra de toute façon prouver que (a) = (b). J’ai bien peur que vous ne soyez pas beaucoup entenduEs si vous ne vous donnez pas cette peine.
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Cercamon
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Thomas, tu n’es pas obligé de me croire, mais j’ai beaucoup d’estime pour ta manière de présenter ton activité de prostitution. Je ne doute pas que ce dont tu nous fais part est sincère et que tu puisses prouver que ce dont tu parles ce n’est pas du virtuel et correspond à une réalité vécue. C’est très romanesque comme vision, mais j’aime bien le romanesque…
[J’ouvre une parenthèse, je ne peux par contre pas laisser passer l’idée que rôderait un danger dû à la frustration sexuelle des mâles, qui rend nécessaire l’assignation et la mobilisation d’une partie de la population à la prévention de ce danger. Si vous rapprochez le discours abolitionniste de celui des intégristes catholiques, je rapproche ce discours de celui des pro-patriarcats (du genre la « domination masculine a toujours existé… ») et des hygiénistes du XIXème… et des grands monothéismes aussi… en outre, si c’est vrai, ma reconnaissance éternelle aux femmes qui n’ont pas de prostitués pour soulager leur frustration… et malgré ça elles n’ont pas précipité la société vers sa perte… remarquez, peut être qu’elles ont moins de désir… ou quand elles en ont, elles ont toujours un homme, un vrai, pour s’occuper d’elles… ou si elles ont trop de désir, elles ont qu’à se faire putes, y a des hommes qu’en ont besoin… finalement tout est bien dans le meilleur des mondes… comment ça c’est toujours les mêmes qui font la vaisselle ? fin de la parenthèse, non pas fin, me gavez pas non plus avec les prostituées de l’antiquité, z’avez vu la place générale des femmes dans ces sociétés ? Seriez pas un peu élitistes ? D’ailleurs penseront ils dans 200 ans que les actrices pornos (traités comme de la viande dixit Thomas lui même) eut égard à leur représentation médiatique, jouissaient d’un grand prestige et d’une place de choix dans nos sociétés ? fin de la parenthèse]
Bon je disais, je peux très bien croire qu’une démarche telle que la tienne est possible. Mais à mon sens, ce n’est pas là l’essence de la prostitution. Même si on se limite au cadre « libre et consentant », d’après toi cellelui qui n’en a rien à foutre de son client n’est plus une prostituéE selon ta définition… C’est quoi alors ?
Non la femme au foyer n’est pas une pute comme les autres. Elle ne s’occupe pas de son foyer spécifiquement pour avoir à manger. Il n’y a pas prostitution dès qu’il y a relation de dépendance comme tu sembles le suggérer. Le nourrisson est une pute ? Le malade est une pute ? Je suis une pute dès que je demande un service ?
A travers les exemples que tu prends, il semble pouvoir être possible de nous accorder sur ce qui est entendu généralement par « être pute ». Il s’agit de consentir à quelque chose envers quelqu’un contre rétribution, cette rétribution étant nécessaire, c’est à dire qu’en son absence l’acte n’aurait pas lieu : le bénéficiaire de l’acte est un élément neutre. En découle une idée de disponibilité et de déplacement illégitime de l’objet (le sourire du serveur s’adresse indirectement au pourboire, non à la personne en tant que telle, alors que le propre du sourire, c’est de concerner une personne). Là est la connotation négative de la prostitution et de toute situation assimilable : elle nie les personnes et est dans la simulation. Et il y a une deuxième chose, c’est aussi l’idée qu’un sourire ne vaut pas un pourboire. Il y a dévaluation, et la morale qui juge cette dévaluation ne me semble pas de celle qui justifie un système de domination. On peut qualifier les situations que tu présentes avec les mêmes traits que l’on a toujours prêtés aux prostituées : égarement, tromperie, vénalité…
Je ne suis pas contre les garçons de café qui sourient. Le sourire peut être celui de l’accueil véritable, de la vocation. De même, la manière dont tu présentes ton travail est dans cette logique : tu requalifies ce qui est échangé, tu réinjectes de l’affectif, de l’intersubjectivité, de l’humanité, etc. Je vais aller plus loin même que ton idée de remboursement, je suis sûr que tu serais même prêt à l’idée de recevoir un traitement [*], ce qui effacerait l’argent de la relation avec le client (à moins que tu estimes comme certains psy que ça fasse partie de la thérapie). De même ; une consultation gratuite, voilà de quoi éradiquer la prostitution forcée et l’exploitation par la mafia. (Mais ça conforterait l’idée que la prostitution répond à un besoin social, ce que j’en pense : voir ma parenthèse au dessus). A quand les prostituéEs d’Etat ? (et aux anarchistes de dire qu’ils ne seront pas d’accord ? moi j’ai surtout pas dis que j’étais d’accord avec ça).
Ce que je veux dire, c’est qu’avec la vision que tu proposes, tu es en complet décalage d’avec ce que l’on entend généralement par prostitution, et qui je le souligne, correspond bien à une réalité (avec, pour te faire plaisir, une incertitude sur la quantité de réalité que cela représente). Or vous niez explicitement cette réalité. Pourquoi dites-vous que la prostitution n’est pas un problème alors que précisément vous avancez une idée précise d’une prostitution idéale, qui s’oppose donc à une autre non-idéale, pourquoi vous acharnez vous à dire que c’est cela la réalité de la prostitution ? Vous avez parfaitement le droit de dire que c’est à vous de définir la prostitution que vous avez vocation d’exercer, et plutôt que nier l’autre prostitution, la reconnaître et la combattre clairement. Je pense qu’ainsi, vous serez beaucoup plus audible. De même cela vous obligerait à formuler clairement vos exigences vis à vis du client. Je vous suspecte en refusant de poser le problème en ces termes (la redéfinition de la prostitution étant inutile à car déjà idyllique) vous évitez de vous confronter aux clients et à la mafia, c’est plus facile de taper sur l’Etat et sur les abolitionnistes.
[*] Le traitement : dans l’idée que le savoir n’a pas de prix, plutôt que donner un salaire à l’enseignant, on lui donne un traitement, à savoir un truc qui lui permet de vivre, mais qui dans l’idée n’est pas « l’achat » de ce qu’il fournit. Le sexe a-t-il un prix ?
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Anonyme
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Roger, autant Thomas dresse un tableau peut-etre un peu trop mirifique de la prostitution autant de ton coté il me semble que tu noirci un peu trop le tableau. La réalité n'est pas entre les deux mais est à la fois l'un et l'autre. (ça va de celle qui s'éclate sans angoisses en bossant une heure par jour pour X fois par mois le salaire d'un ouvrier à celle qui se fait ses dix heures (et avec zoophylie forcée pour reprendre roger) pour des clopinettes tout en se faisant insulter, tabasser etc.etc. )
Mais soyons honnetes : si la partie du corps mise sur le marché n'était pas le cul mais les bras, les réactions ne seraient pas les memes.
La question est (pour moi) au nom de qui et de quoi peut-on plus condamner une prostituée qui vend son cul qu'un ouvrier qui vend ses biceps ?
Parce qu'en fait Roger oppose -certes au nom de principes anarchiquement (! :-)) défendables- une fin de non recevoir à une catégorie de travailleurs dont la seule revendication est d'etre traitée à égalité avec les autres catégories de travailleurs. Or on sait que s'il s'agissait d'autres travailleurs il y aurait plus de comprehension (ou disons un maintient d'une critique radicale dans la théorie combinée à un soutient total ou quasi-total dans la pratique de la lutte)
Ok pour la solidarité avec "les putes". Une CNT-Bois de Boulogne je suis pour.
Toutefois il faut qu'il soit possible de critiquer la prostitution, ainsi que les prostituées, librement, et sans nécéssairement etre taxé de moraliste retrograde. Exemple : il y a chez certaines (je dis bien certaines) prostituées un appat du gain , un gout du fric, qui dépasse la moyenne.La mentalité de petit entrepreneur qui veut se faire un max n'est pas vraiment un trait anarchiste caractéristique. Deuxième exemple : il y a chez certaines (idem) prostituées un apolitisme total et revendiqué qui me dérange (et quand il y a politisation elle prend souvent -pas toujours- la forme d'un conservatisme poussé.)
Double utilité d'une CNT-bois de Boulogne.
Lapin
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Cercamon
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Je ne peux voir dans la prostitution « un travail comme les autres », car il s’agit d’une institutionnalisation de ce qui peut n’être qu’accidentel dans d’autres activités. (Je n’ai jamais dit que la prostitution était la seule activité dans ce cas). De plus, même s’il y a compromission, un sourire ne représente pas le même investissement que la contribution qui est exigée du corps dans la prostitution. Dire « c’est subjectif » n’est pas suffisant, parce que c’est faux, et d’autre part on ne parle pas seulement d’un problème subjectif, mais d’un problème social. Dire « c’est subjectif », c’est souvent une manière simple d’individualiser la responsabilité, les risques, l’investissement... Une manière confortable de laisser faire la conscience tranquille. La prostitution actuellement, a lieu dans une société patriarcale. La femme qui fait a bouffer pour ses gosses est une dominée. Celle et ceux qui louent leurs corps à des hommes au contraire ! Ils subvertissent le patriarcat ! La preuve, illes font bisquer les bourgeoisES…
Vous avez sûrement (peut-être) entendu parler de l’Enjo Kosai au Japon. Combien de temps vous donnez au patriarcat pour se casser la gueule là bas ? Il y a qu’à voir le nombre de films, bd, livres japonais qui décrivent l’état de déliquescence des rapports humains pour voir qu’ils sont très optimistes sur la suite… Mais non, c’est qu’une somme de problèmes subjectifs…
Petite anecdote (aller Marcel, ressert nous un jaune !). Un jour une copine est tombée en rade en bagnole, à la sortie d’un petit village. Elle s’est arrêtée sur un terre-plein au bord de la route. Elle a dû attendre trois-quart d’heure avant de pouvoir redémarrer. Dans l’intervalle aux alentours de 5 conducteuRs se sont arrêtés… la prenant pour… elle a alors eut l’idée de soulever le capot (alors que c’était inutile)… plus une seule voiture ne s’est arrêtée. Elle n’a pas dû montrer qu’elle en était, mais qu’elle n’en était pas ! Cela ne lui a pas fait plaisir… Sa subjectivité… Qu’est-ce que lui aurez-vous dit ? De faire attention à l’endroit où elle s’arrêtait ? Qu’il faut pas le prendre comme ça, être un peu moins coincée du cul ? (je tiens à préciser qu’elle ne méprisait pas les prostituéEs…)
Que deviendrait les attentes, et l’impact de ces attentes sur la capacité à lutter pour un monde meilleurs, dans une société où la prostitution est un métier « comme un autre » ? Pourquoi ces attentes ne reposeraient que sur une partie de la population, précisément celle qui doit se « libérer » ?...
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Anonyme
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Il ne faut pas avoir des images trop caricaturales des "clients". Il y a des clients qui n'ont pas de misère sexuelle. Il y a des clientes aussi, le marché féminin est en expansion meme s'il reste minoritaire. Il y a aussi des clients qui ont une misère sexuelle "insoluble" (car ne correspondant pas aux divers critères de la séduction (de toutes les séductions, y compris de celle "militante", ou meme "libertaire"). Dans le passé il y a des anarchistes qui fréquentaient les lieux de mauvaise réputation (je crois qu'il doit encore y en avoir quelques-uns, mais ils doivent le faire discrètement :-)).
Il me semble d'ailleurs que la composition sociale actuelle du mouvement anarchiste fait que peu d'entre-eux (et d'entre elles) ont des contacts avec des prostituées, et avec les clients, et avec les lieux de prostitution. Le regard devient donc théorique, un regard de sociologue.
Je crois que pour des anarchistes la solution la plus simple face à la prostitution est de ne pas prendre position, de rester dans les considérations théoriques.
Le problème c'est que pendant ce temps là la prostitution continue, et que le choix est simple : soit on l'interdit soit on ne l'interdit pas. Si on ne l'interdit pas alors est-il normal que cette activité continue à se dérouler de la manière dont elle se déroule (mafias, police, mépris, violences, etc.) ? Et si ce n'est pas normal alors que peut-on faire pour que ça évolue?
A noter également qu'il est parfaitement illusoire de croire que l'on puisse interdire la prostitution , en particulier dans des systèmes capitalistes et qui ne sont pas (pas entièrement) totalitaires, et donc plus on la réprime et plus elle se durcira dans ses pratiques.
C'est vrai que thomas est un peu dans la simplification et l'excès , mais bon la militance, surtout la militance des luttes partielles, est toujours simplificatrice et excessive (en plus par les temps qui courrent si on a pas quelques formules choc tout le monde roupille) mais il n'en demeure pas moins que les difficultés spécifiques et particulièrement injustes du métier de prostituée sont réelles.
lapin
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libertad
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Provisoire, je voudrais répondre à tes arguments. Premier argument : Sur la question de soulager la misère sexuelle, ce que tu oublies c'est qu'on se situe dans une société où ( j'emploi une expression affreuse qui ne correspond pas à ma propre morale sexuelle mais il faut bien analyser la socité telle qu'elle est ) l'offre et la demande sexuelle ne sont pas identiques. Parlons des relations hétérosexuelles : si l'offre et la demande sexuelle s'équilibraient par le biais de la gratuité, pourquoi y aurait -il une offre payante et une demande prête à payer ce qui existe gratuitement ? A moins que de prétendre que la demande prête à payer est tellement "crade" et particulière qu'elle ne trouverait aucune offre gratuite. Pourtant quand on écoute les prostituées, à part quelques exceptions elles ne pratiquent pas particulièrement des choses exceptionnelles, sinon le tarif de la "pipe" ne serait plus un emblême de la profession. Comme on dit, "on ne prête qu'aux riches" et sur le marché de l'offre sexuelle, les femmes n'ont que l'embaras du choix, c'est la raison d'ailleurs pour laquelle la prostitution masculine en direction des femmes est si minoritaire et même presque inexistante : pourquoi payer pour ce qu'on peut avoir gratuitement ? Ce n'est pas une féministe qui pourrait me contredire sur ce point que l'offre sexuelle des hommes est envahissante, à tel point qu'elle se traduit au quotidien, dans la rue, par des propos déplacés le plus souvent quand ce n'est pas par du harcellement. Imaginons donc une femme victime de misère sexuelle et qui a envie d'une relation sexuelle et rien de plus : elle va faire un tour dans la rue ou dans un café et ne risque pas de revenir bredouille, l'offre gratuite est partout. Pas la peine de chercher un gigolo ( qu'elle ne trouvera que difficilement, le pauvre depuis le temps qu'il attend, il est en préretraite ! ). La solution 2 est donc idéale pour une femme, pas même besoin de réflechir sur soi, pas besoin de payer, l'offre surabondante est gratuite. Voyons maintenant le cas d'un homme, il est aussi victime de misère sexuelle, il descend dans la rue, il va au café : aucune offre sexuelle gratuite. Il rentre chez lui, pour lui ta solution 2 ne veut pas dire grand chose: "Je rencontre des personnes avec lesquelles je peux vivre des expériences sexuelles ET humaines, d'une heure, d'un jour, de trois mois, d'une vie... Je suis dispensé(E) de payer pour cela."... je veux bien sur parler essentiellement des expériences sexuelles d'une heure ou d'un jour. Si la prostitution féminine existe c'est bien qu'il n'existe pas d'offre sexuelle ( ET humaine ) féminine gratuite d'une heure ou d'un jour. Si la prostitution masculine hétéro n'existe pas c'est qu'il y a une offre sexuelle ( ET humaine quoique certaines aient tendance de plus en plus à dénier l'humanité au sexe masculin, mais enfin ) gratuite. Dont acte. Second argument : "
Ce que je demande dès aujourd'hui et pour demain, en société anarchiste, c'est la liberté de choisir avec qui j'ai envie de vivre des expériences sexuelles (reconnaissant au partenaire la même liberté de choix) Bien que tu indiques au départ que "Tout travail salarié est d'une certaine manière, prostitution. Soit."Tu montres ensuite clairement que tu n'es pas d'accord. Et je pense que si tu n'es pas d'accord, c'est pour une raison de morale sexuelle car Toi personnellement ( et c'est ton droit, personne ne le conteste ) tu veux choisir avec qui tu as des relation sexuelles et que tu n'imagines pas pour TOI qu'il puisse y avoir d'argent là-dedans. On en revient toujours à la même question : au nom de quoi ma morale sexuelle doit-elle devenir la morale de tous ? Pourquoi des personnes qui ont une morale différente ne pourraient pas se faire payer pour des services sexuels ? Et dans ce cas les autoriser à dire : "
Quand je vends ma force de travail pour rendre des services sexuels, je considère la sexualité comme un travail." C'est leur droit de revendiquer cela d'être un travail comme un autre, même si pour toi ça ne l'est pas. Tu dis "Cet argument, et son corrolaire, sinon il y
aurait peut-être plus de viols, me mettent très en colère... et je me
demande vraiment quelle représentation de la sexualité vous avez pour
l'énoncer aussi froidement... " Lorsqu'on lit la littérature abolitionniste et féministe radicale sur les clients des prostituées, on s'aperçoit qu'en fait les clients ne sont pas des êtres humains mais une sous-espèce humaine, les "viandards", des types vraiment écoerants, la lie de l'humanité qui prennent les femmes pour des "sacs à sperme". Imaginons que la prostitution soit supprimée, ces vaindards, ces sous-hommes, il va bien faloir en faire quelque chose. Ou alors on imagine des solutions du genre castration chimique obligatoire car il ne faut pas vraiment compter sur eux pour évoluer ( vu que c'est la lie de l'humanité ) ou alors on peut imaginer vu leurs bas instincts qu'ils risquent de vouloir obtenir par la violence ce qu'ils avaient pacifiquement en payant. Vu l'analyse des clients que font les abolitionnistes, je trouve que l'argument de la suppression de la prostitution c'est livrer toutes les femmes à des dangers qu'elles n'ont pas l'air de mesurer. Que fait-on des viandards ? On les tue ou on les castre ? Tu dis : "
Je trouve qu'il y a vraiment beaucoup de mauvaise foi à imaginer qu'on
peut vendre son corps et que par ailleurs on continuerait de vivre,
dans sa vie quotidienne des rapports sexuels choisis avec les personnes
que l'on désire, sans qu'il y ait d'interférence de l'un à l'autre.....C'est vrai aussi qu'en ce qui me concerne, la sexualité est d'une
très grande importance, peut-être plus grande que le cerveau, en effet,
alors..." Il ne s'agit pas de vendre son corps mais d'un service sexuel, à la fin de l'acte la prostituée repart avec son sexe, il ne s'agit pas d'une vente d'organe. Pour la question du "clivage", il faudrait d'abord demander aux prostituées ce qu'elles en pensent. L'argument de la vente d'organes n'a rien à voir avec la prostitution, pas plus que la vente de sang car même si le sang se renouvelle, il y a perte de substance matérielle ( et vitale ) dans le cas de la relation sexuelle, il n'y a perte d'aucune substance vitale Tu dis :Je m'étonne cependant que sur un fil anarchiste la question de la
misère sexuelle des "clients" ne soit pas questionnée, et que la
question de la violence réelle qui s'exerce dans la prostitution ne
soit pas abordée, et que l'on fasse comme si toutEs les putes étaient
heureux-ses de l'être et l'avaient choisi, comme si la misère sexuelle
de notre époque pouvait se soulager au moyen d'une passe .." Tout à fait d'accord pour interroger la misère sexuelle des clients, j'ai commencé d'ailleurs à le faire, personne ne nie les violences dans la prostitution, on demande seulement qu'il n'en soit pas fait un cas à part mais qu'elles soient traitées comme les violences au travail ( morts violentes, harcellement , etc.. ), personne ne dit que toutes les prostituées sont heureuse et libres alors que leurs conditions de travail sont 10 fois plus difficiles que celles de la plupart des salariés et que ces conditions sont empirées par le fait qu'elles sont stigmatisées.
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Anonyme
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libertad, il y a de la prostitution masculine pour femmes. On en parle peu, une discretion générale entoure le sujet, avec des motivations diverses. Mais ça reste proportionnellement faible. C'est une prostitution intéréssante, moins de dérapages.
Anecdote : dans le rapport femme prostituée/ homme client, la première est généralement décrite comme la victime et le second comme la lie de l'humanité :-) Ce qui est intéréssant , entre autre dans le rapport homme prostitué/femme cliente, c'est que le premier est perçu souvent comme le profiteur/exploiteur et la seconde comme la victime (dont la misère-ici sexuelle- serait exploitée par le premier) Entendu de mes oreilles "in situ" à plusieurs reprises.
A part ça lorsque tu dis que la femme n'a qu'à aller au bistrot du coin pour trouver de l'offre. Euh oui, mais avec certaines reserves, et pas toujours. Le resultat de son excursion dépendra quand meme un peu de sa personne. Et il est possible aussi qu'elle trouve, oui, mais pas ce qu'elle cherche. Il y a aussi des sociétés ou les femmes- surtout mariées- peuvent difficilement aller chercher, d'ou aussi la présence croissante de lieux de prostitution masculine.
Au PS il y en a qui parlent d'introduire le service civil. Si en guise de service civil chaque français et française se prostituait bénévolement pendant 6 mois, ça pourrait donner des résultats pour le moins intéréssants. (mais thomas serait au chomage, ça je ne lui souhaite pas non plus)
Bon, cette misère sexuelle, comment va-t-on la faire disparaitre ?
Lapin
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libertad
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Lapin, je suis assez d'accord avec toi sur la question de la prostitution masculine hétéro, je pense pour ma part qu'elle est limitée à des milieux très friqués, dans le domaine de la prostitution de luxe mais je me trompe peut-être ? C'est vrai aussi comme tu le dis que la femme qui va dans un bar va forcément trouver, si elle le veut, une offre sexuelle masculine d'une heure ou d'une journée, je ne nie pas non plus bien sur qu'elle n'est pas forcément ce qu'elle attend mais là on tombe sur le fait que lorsque c'est gratuit, on ne peut rien exiger, ce n'est pas comme si tu paies juste pour un acte précis comme dans la prostitution.
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Anonyme
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De luxe en partie seulement. Disons qu'il n'y a pas tellement de prolos locales comme clientes, mais par exemple si on prend le tourisme sexuel féminin à destination de l'Afrique (Maghreb et Afrique sub saharienne) il y a beaucoup de femmes a revenus modestes (dans leurs pays d'origine s'entend). Ou bien encore en Asie Orientale il y a des pays ou la clientèle féminine est surtout locale , à partir surtout des classes moyennes, mais pas nécéssairement des femmes pleines aux as.
Peut-etre qu'en France c'est plus luxueux, je ne sais pas. Plus tu réprimes une prostitution et plus elle s'étire sur les extremes, de plus en plus sordide pour le grand public et le très cher pour les friqués.
Il est possible qu'en rendant la prostitution anormale, sordide, honteuse, ténébreuse, comme en France (surtout après la fermeture des maisons closes) ca ait un effet "positif", comme les trucs qui donnaient la nausée pour arreter de fumer ,mais ceux qui en vivent en payent le prix.
Si les féministes avaient un discours anti-capitaliste fort , si elles étaient plus nombreuses, et si elles faisaient l'effort de prendre acte des réalités, et surtout de toutes les réalités, elles pourraient jouer un role positif à l'échelle mondiale, mais actuellement c'est pas très brillant. Les seuls qui ont une action souvent positive sont celles et ceux engagés dans les rares associations qui s'occupent de ces choses, mais enfin c'est limité dans les effets.
Ceci dit dans une certaine mesure ceux qui laissent entendre que finalement une interdiction de la prostitution seraient positive n'ont pas tort non plus. J'ai vu trop de gens "insoupconnables" (à très hauts niveaux de "moralité" et de "conscience politique" :-)) finir par craquer devant les "tentations", après des durées d'exposition variables, pour ne pas savoir que si demain la prostitution et le fait d'etre client (ou cliente) devenait tout à fait normal, et compte tenu de la misère économique croissante pour ce qui est de l'offre, ca pourrait donner des ambiances vraiment pénibles.
Tout ça est assez compliqué, et à défaut de révolution je ne sais pas vraiment quelle est la bonne solution, mais en attendant je trouve dur de laisser les prostituées dans cet état d'exception par rapport aux autres métiers.
Lapin
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provisoire
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Une petite précision, libertad, les arguments en gras ne sont pas les miens, mais ceux du fil, à savoir, l'argument de la misère sexuel et l'argument que tout travail salarié peut être considéré comme une forme de prostitution. J'ai admis ces deux arguments ("Soit"), et j'ai esquissé un développement des conséquences que l'on pouvait tirer de ces arguments.
Pour le reste de tes réponses, j'en retire l'impression que nous n'avons réellement pas la même vision des "choses" et notamment de la sexualité. La question du rapport au corps tel qu'il est vécu dans notre société, de la réification du corps et du corps marchandise objet est une de celle qui me touche le plus. C'est celle-là qui est à mon humble avis à l'origine de cette fameuse misère sexuelle. Il n y a là chez moi rien qui soit de l'ordre de la "morale" fut-elle sexuelle. Malheureusement j'ai l'impression de parler chqrmporqourthf et qu'il n'y a pas pour le coup de traducteur en paoiruqmhqjhg... Pour aller très vite, je trouve que cette vision-là des choses relève d'un rapport de propriétaire à son propre corps. "Mon corps [dans ce cas, mon cul...] m'appartient", je peux donc en disposer, le mettre sur le marché, etc. Il n'y pas de liberté dans la propriété... Mon corps (provisoire ?) ne m'(provisoire ?) appartient pas. Cela ne veut pas dire qu'il appartienne à une quelconque extériorité. Je suis mon corps. Et j'appartiens à plus vaste que moi...
Pour essayer quand même de traduire le chqrmporqourthf en paoiruqmhqjhg, nous sommes un certain nombre à nous soucier de ce que nous mangeons (bio, etc...) mais quand nos corps humains morts partirons à la nature, ben nous on est vraiment pas bio... on serait même plutôt polluantEs... Disons que j'ai le sentiment que nous sommes à ce point dans un rapport au corps sans organes, au corps-machine, au corps-objet, que nous en arrivons à énoncer sans broncher des phrases que je trouve parfois ahurissantes. Alleez, juste un dernier truc, mais tu l'auras compris, il m'est impossible de faire la distinction que tu fais sur la question du sang comme liquide vital et donc c'est pas pareil. Pour que tu puisses dire cela, il faut que tu aies au préalable une certaine représentation de ton corps, de ce qui est vital, du fonctionnel, de l'organique. Il ne s'agit pas de dire que tu as tort. Simplement cette manière de voir (et de vivre) m'est complètement étrangère. (Et je le répète cela n'a rien à voir avec une quelconque morale...)
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libertad
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En fait Provisoire, tu ne connais pas ma vision de la sexualité ( je veux dire ma vision personnelle ) car ce n'est pas pour moi le lieu d'en parler ici, j'en parle avec des personnes avec qui la question se pose et pas sur un forum. Donc ce que tu lis n'est pas ma vision de la sexualité mais une analyse politique de la sexualité, c'est différent car ce que j'ai du mal à comprendre sur plusieurs fils et pas seulement celui-ci c'est la projection de ce qui est personnel au social comme mode d'organisation. Efectivement les arguments que tu évoques sur le corps relèvent pour moi d'une morale, que chaque individu doit avoir pour lui mais je ne vois pas en quoi cette morale qui t'es personnelle doit s'imposer à d'autres ?
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Cercamon
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Parce que la société n'est pas constituée d'une collection d'atomes indépendants. La morale, ça veut rien dire en soi. Quand on vis à plusieurs, ce qui s'impose à chacun, c'est la manière d'être des autres, de chaque autre, de l'ensemble des autres et des groupes d'autres. Alors tu peux faire le prude et dire " la morale des autres ne me regarde pas ", mais l'effet pratique de ces morales, tu en subiras les conséquences quoi qu'il en soit. La morale par définition, ça concerne une société. Les interactions entre individuEs, les accords qu'illes passent entre eux, leur manière d'être, les catégorisations qu'illes opèrent et sur lesquelles illes s'accordent donnent naissance à des valeurs, idéologies, conceptions qui se transmettent et vivent leur vies à un niveau social. Et ça, tu as beau faire ce que tu veux individuellement, ça se passe, et ça se passera toujours tant qu'on sera plus de 1 sur terre. La morale c'est pas qu'imposé par "en haut". Les objets sociaux ne sont pas qu'imposés par "en-haut".
Et ces petites choses là, ça organise notre vie ensemble. Donc tu permettras qu'on demande d'y regarder à deux fois avant de jouer avec. (enfin je dis "on"... aux autres de dire si ils le disent avec moi)
L'activité de prostitution implique forcément (ce n'est pas la seule...) une représentation du corps, de ce que c'est, de ce que ça vaut, de ce qu'on fait avec, de ce qu'on fait de et avec celui des autres, etc. Surtout qu'encore une fois, ce à quoi on s'adresse dans l'activité de prostitution c'est précisément au sexe, au fait d'être une femme ou un homme. Catégories qui ont quand même leur importance aussi.
Si une seule personne parmi sept milliards se prostitue, je doute que ça impacte beaucoup la vie des autres. Si la proportion augmente, alors oui il y aura un effet, surtout si la prostitution jouit d'une représentativité forte (ce qu'elle a intérêt, pour vendre un produit, faut le faire connaître). Il y a forcément positionnement par rapport à ça. Je pense que si elle sont désignées négativement c'est parce qu'elle sont les agents d'une dévaluation assez dangereuse : de l'argent (donc le tout et rien) contre l'investissement qu'est celui du corps dans un acte sexuel (je ne voit pas beaucoup d'activitées qui impliquent autant le corps, les affects, etc.). Si l'on accorde la représentation positive demandée par ces prostituéEs (c'est ça leur revendication quand même : fierté) quel va être l'effet sur la représentation de la disposition du corps par soi et autrui ? Et mon corps, c'est moi. Le corps d'une pute est il un corps de femme, d'homme, un corps de femme ou d'homme particulièrEs, un corps particulier ? Cela entraînera peut être d'autre décisions, d'autres façons de faire dans d'autres domaines, plus ou moins proches. Il y aura une morale (ou proto-morale...) qui sortira de là. Et elle ne te laissera pas toi, tranquille. Des décisions plus ou moins collectives seront prises alors que cette morale traînera pas loin. Les autres membres de la société, t'approcheront, toi et tes proches, avec cette morale en tête.
Au Japon, plus de 10% (plus de 20% d'après certains) des lycéennes acceptent contre cadeaux ou rémunération de "tenir compagnie" (ce n'est pas toujours sexuel, mais souvent...) à des hommes d'un certain âge. Ca veut dire que si tu es d'un certain âge et que tu as les moyens tu peux aborder une lycéenne avec une certaine probabilité d'avoir ce que tu cherches (à 1% il serait plus intéressant de mettre en oeuvre un moyen plus sûr de se mettre en relation, d'ailleurs c'est prévu). Ce n'est pas vu trop négativement, le mouvement s'est popularisé. Tu pourras m'affirmer que ça n'a aucun impact sur les rapports entre sexes ? entre jeunes et vieux ? entre pauvre et riches ? et ceux qui ne participent pas au marché ? les jeunes hommes ? les femmes d'un certain âge ? entre celles qui le font et celles qui ne le font pas ? les exigences qui naissent (être valorisée socialement parce qu'on peut "se faire" payer ceci ou cela) ne pousserait pas les autres à le faire aussi ? on parle de liberté, non ?
Je pourrais parler d'une mère qui se prostituait à la ville. Discrête, polie elle partait au boulot à heure fixe, comme n'importe quel travailleureuse. Sa fille, pas encore 18 ans, faisait "comme maman". A la maison et seulement quand sa mère n'était pas là. Il y avait pas de flics pour faire de la répression, pas de proxo, n'empêche que les nuisances, et le sordide, étaient quand même présents. Les files de jeunes coqs qui voulaient éprouver leur virilité, et qui cepedant, je crois, n'auraient jamais violé personne (quoi qu'il y eut des menaces)...
Pourtant, au village, encore minot pourtant j'avais déjà vu désigner une porte où les hommes "qui avaient envie" pouvaient aller sonner. En toute simplicité. Non, je ne crois pas la prostitution toujours sordide, mais jamais simple. Et jamais a-morale.
On ne discute pas de la prostitution dans un espace neutre.
Je crois bien que dans une société sexy-alisé à outrance, où l'injonction pour les filles à avoir du sex-appeal commence à retentir avant même qu'elles soient pubères, où il faut être libérée sexuellement, et qu'être libérée sexuellement c'est se refaire les seins, s'habiller avec le minimum de tissu, savoir exécuter une gracieuse lordose, savoir simuler, se faire filmer quand on baise (s'éclater vraiment ne fait pas partie du programme), et bien je crois que considérer la prostitution comme "un métier comme un autre" n'est que la suite logique du programme capitaliste. Dans le monde du faux le métier du faux a de beaux jours devant lui...
Non, je crois vraiment que l'anarchisme aura beaucoup de mal a avoir un discours valide sur la prostitution. Et je rejoins un peu les conclusions de Lapin. Je me souviens quand je passais pour rentrer chez moi à Marseille par les rues où ça tapinait... je me souviens des visages les plus dés-espérés que j'ai jamais vu, l'impression hallucinante de changer de monde en traversant une rue... je me souviens des plaisanteries échangées lorsqu'illes me faisaient l'article ("M. le président, c'est 200 balles...") non, on ne peut pas les laisser supporter à elles seules le poids de tout le reste. Mais on ne peut entériner la réification.
Alors ?
Ben si on exige la sécu, la retraite, etc. pour tout le monde...
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provisoire
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Libertad, j'emploie délibérément et à plusieurs reprises le mot représentation, soit "ce qui est présent à l'esprit ; ce qque l'on "se représente" ; ce qui forme le contenu concret d'un acte de pensée — En particulier, reproduction d'une perception antérieure • Acte de se représenter quelque chose ; faculté de penser une matière concrète en l'organisant sous des catégories." et je parle donc de "représentation du corps et de la sexualité".
Toi, tu me réponds morale, soit "A Ensemble des règles de conduite admises à une époque ou par un groupe d'hommes • B Ensemble des règles de conduite tenues pour inconditionnellement valables • C Théorie raisonnée du bien et du mal, Ethique. Le mot, en ce sens, implique toujours que la théorie dont il s'agit vise à des conséquences normatives.• D Conduite conforme à la morale."
La représentation peut être personnelle, la morale non. En revanche, on peut soupçonner qu'une représentation largement partagée par diverses personnes peut amener à la formation d'une morale. Cette morale sera d'autant plus forte que ladite représentation sera plus largement partagée. Ce que l'on appelle "formatage" par le système, c'est effectivement, dès le plus jeune âge, la transmission d'un certain nombre de "représentations" qui ne seront plus questionnées et qui permettront l'acceptation et l'adhésion à un ensemble de règles de conduite et de modes de fonctionnement sociaux.
Si nous, anarchistes, souhaitons l'émancipation, si nous souhaitons la disparition du système capitaliste, il y a "urgence" à questionner ces représentations, et il faut arrêter de croire que parce que nous serions anarchistes, nous ne véhiculerions pas ces représentations. Or, dans ce fil, (et malgré une réactivité toute personnelle et maladroite) j'ai lu un certain nombre d'assertions qui m'ont paru émaner tout droit de représentations largement dominantes du corps dans le système capitaliste. J'ai donc parlé de la réification. J'ai parlé d'une représentation de propriétaire. J'ai cité "mon corps m'appartient". Il y a des peuples dont le langage ne permet pas d'exprimer la propriété, l'appartenance, il y a des peuples chez lesquels le mot "avoir" n'existe pas. Sûr qu'ils n'ont pas la même représentation que nous... et sûr que, de ce fait, ils n'ont certainement pas la même "morale".
Ici, tout se passe comme si cette discussion visait à rompre avec la morale dominante, en utilisant les mêmes représentations qui se situent en amont de l'émergence de ladite morale... Bref, je continue de parler le chqrmporqourthf [mais heureusement, Cercamon parle un peu le chqrmporqourthf lui aussi, sauf que lui a plus de talent pour le traduire en paoiruqmhqjhg...]
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provisoire
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"je ne vois pas en quoi cette morale qui t'es personnelle doit s'imposer à d'autres.". Outre le fait qu'il ne peut y avoir de "morale personnelle", ce que je sais, c'est que la représentation dominante du corps dans notre société, le constat que je fais (puisqu'apparemment c'est ma subjectivité qui est en cause) tous les jours que dans notre société tout se vend, tout s'achète, tout se consomme, est pour moi une contrainte permanente qui s'exerce sur ma liberté (liberté qui, comme la morale, ne peut se vivre seulE...). Parce que la représentation du corps, de la sexualité, de l'humain est ce qu'elle est dans le monde dans lequel nous vivons, je ne peux pas vivre librement mon corps, ma sexualité, mes rapports humains. Je suis contrainte de tenir compte des représentations et de la morale dominante... Alors bien sûr, on peut toujours me renvoyer à "c'est ta subjectivité" (c'est ce que me renvoie le système de manière plus ou moins implicite, quand c'est pas "c'est ton problème"...). C'est pas bien grave après tout, dans un monde du tout objet, la subjectivité de chacun ou chacunE des sujets que nous sommes...
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Cercamon
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Provisoire, je te sais gré d'avoir en deux paragraphes précisé ce que je cherchais à dire en cinq... On va finir par y arriver...
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thomas slut
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Je donnerai mon opinion demain, car il y a énormément d'éléments que j'ai à prendre en considération. Toutefois, sachez que je ne dermordrai pas de mes positions et que j'argumenterai davantages là où certaines choses ont besoins d'être éclaircies. Sachez toutefois que j'ai décidé de ne pas répondre aux abolitionnistes qui n'assument pas leur point de vue en se cachant derrière le masque de l'anonymat. Cordialement, Thomas Slut, slut_punkboy@lesputes.org www.lesputes.org http://ceinture2queers.over-blog.com PS : merci à ceux qui m'ont fait parvenir des mails de soutiens, et à ceux dont la parole nous aident sur ce forum !
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Anonyme
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"PS : merci à ceux qui m'ont fait parvenir des mails de soutiens"
Ah ben tiens, on dirait que les libertaires soutiennent mais discrètement, parce que sur le fil on ne peut pas dire que les commentaires ont afflué
Il n'est pas impossible que si vous essayez de contacter des orgas anars , il se passe à peu près la meme chose, plutot du soutien dans l'ensemble, mais relativement discret...ca ne se bousculera pas au portillon pour monter à la tribune.
Ici le plus téméraire de tous s'est vu traiter de pervers. Sur le fil jumeau de cette cause il s'était fait traiter de réformiste. En tout ça fait reformiste pervers :-) Avis à celui qui montera à la tribune de la CNT :-)
Lapin
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satya
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Je crois que pour des anarchistes la solution la plus simple face à la
prostitution est de ne pas prendre position, de rester dans les
considérations théoriques. non lapin, je ne suis absolument pas d'accord !! en tant qu'être humain en premier "état" aucun ni aucune d'entre nous ne peut rester dans des considérations théoriques concernant la prostitution, nous devons cesser de nous voiler la face et nous devons avoir le courage de l'affronter avec tout ce que cela comporte et ce n'est facile ni pour les hommes ni pour les femmes. mais il faut oser le faire et il serait grand temps car dans cette période de marchandisation absolue qui nous envahit, les femmes et de plus en plus d'hommes sont encore plus soumises aux exploitations. la misère sexuelle est également créé de toutes pièces, non seulement par les religions mais aussi par les pouvoirs économiques et sociaux mis en place. il suffit de voir les images que nous trimballons et de les comparer à nos propres désirs, ce qui nous attire: nous sommes formattés et nous nous laissons le devenir. mais qu'en est-il aussi quand les corps ne sont pas/plus parfaits, beaux, jeunes ??? les questionnements sont immenses et au contraire je pense qu'il est essentiel de se reposer les questions des touchers, de l'autre, des plaisirs, des jeux de pouvoirs et de dominations, des dissociations et des fragmentations des personnes qui sont justement utilisés et pratiqués par des pouvoirs économiques et politiques marchands et patriarcaux. remarquez, on me répondra qu' à créer plus d'explosions de personnalités, plus de fragmentations des personnes qui ainsi ont considérablement perdu leur notion d'épanouissements personnels, de leur amplitude en tant qu'être humain et de leurs diversités multiples intérieures et si riches, cela permet de faire du profit pour les entreprises pharmaceutiques !!!! un autres aspect aussi dont j'entends souvent parler: c'est le fait que
les prostitué(e)s souvent "écoutent" leur clients et se transformeraient en thérapeutes, mais il y a bien un
aspect dont personne ne veut parler ni se "mouiller" à dire, c'est que souvent
les clients ressentent un vide émotionnel suite à l'acte sexuel qu'ils
ont accompli sans aucune émotion, donc avec un degré de fragmentation
interne et personnelle qui ne les satisfait pas, ils pourront payer
n'importe quel(le) prostitué(e) et même essayer de croire aux mensonges
qu'ils peuvent demander/exiger afin d'essayer d'augmenter la jouissance, mais
l'acte méchanique entraine également un niveau de vide intérieur: il
manque un petit quelque chose.... bref, se vider les c......... n'est pas suffisant et eux mêmes le sentent, d'où souvent un besoin de parole et de remettre de l'humain dans une situation insatisfaisante et quelque part très "diminuée" dans le sens d'un être humain pas encore adulte . je le dis encore et toujours, les jours où tellement d'hommes se feront violer alors ils oseront vraiment et commenceront la véritable réflexion sur la signification du viol et ce qu'ils en ont fait pendant des siècles: c'est un problème d'homme essentiellement !!! en tous les cas, aujourd'hui plus que jamais, le mode de fonctionnement "social" reconnu est celui de la cellule soit disante familiale et tous ceux et celles qui vivent hors de cela sont comme il y a des siècles passés: ou des religieux ou des prostituées ou des exclu(e)s qui doivent se cacher et se taire !!! voici un article, qui je pense fera douter ceux qui veulent rester essentiellement à un niveau théorique: http://lattention.com/article.asp?ArtID=9&lk=sexela prostitution c'est avant tout un vécu humain très ancien et très lourd et diversifié, mais qui sont des réalités bien vivantes (trop souvent mortelles aussi), il faut avoir le courage d'affronter tout ce qu'elle signifie y compris des immenses souffrances qu'elle contient. un discours quelconque sur la prostitution sans y inclure la majorité des souffrances et des exploitations des être humains, de toutes les conséquences (physiques, psychiques, émotionnelles, relationnelles, sociales) est pour moi à la base mensonger. et je reste sur ma position et mes connaissances: la prostitution encore et toujours est source de mensonges et de détournements de vrais problèmes qui ne sont jamais affrontés ni regardés en face et je parle dans cela aussi notre propre développement personnel face à la compréhension de notre corps, de nos plaisirs, de nos véritables épanouissements qui incluent également l'émotionnel au lieu de la fracturer et le renier. le jour où les prostitué(e)s se mobiliseront pour l'ouverture d'écoles gratuites sur l'enseignement de l'art sexuel et amoureux et cesseront définitivement de défendre les profits financiers, je tendrais l'oreille; en attendant nos mains et les leurs sont salies non pas par le sperme mais par le sang et par le meurtre de l'émotionnel, de l'épanouissement personnel et collectif et des vraies libertés. simple opinion. satya
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libertad
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"
La représentation peut être personnelle, la morale non". Je suis en opposition complète avec cette affirmation, car je pense que toute personne a une morale ( qu'elle soit le fruit de sa pensée propre, de son expérience ou qu'elle soit influencée par la morale dominante ou la morale d'un groupe non dominant ). Je pense que l'individualiste anarchiste essaye dans toute la mesure du possible de construire sa morale propre, ne rendant de compte qu'à lui-même et à sa propre conscience. L'individualiste ne répond pas à des injonctions morales qu'il ne reconnait pas. Par exemple dans l'affaire qui nous préoccupe la "morale" courante chez les anarchistes, sous l'influence, pas toujours amicale, des féministes radicales est de considérer que la prostitution est synonyme d'esclavage sexuel et de marchandisation du bien le plus précieux de l'être humain : le sexe. Comme anarchiste individualiste, je combat politiquement cette morale car pour moi, elle n'est que la résurgence d'une caractéristique qui a accompagné une partie du féminisme depuis sa création : le puritanisme. Et c'est bien pourquoi je parle de morale et non de représentation, car derrière les représentations, les catégories, soient disant neutres pour analyser le réel, il y a déjà des préssuposés moraux qui vont conduire au résultat que l'on cherche à démontrer. La représentation n'est donc pas du tout neutre et individuelle. Reprendre les catégories et représentation ( donc la morale sous jacente ) féministes radicales, c'est aboutir inéluctablement au résultat souhaité. Ce combat contre le puritanisme et pour l'amour libre, contre l'idéologie du couple et pour la libre sexualité, il traverse le féminisme depuis sa naissance, celà remonte à loin . Quelques exemples : Marie Holand dans les années 1850 qui soutient l'amour libre, les soeurs Victoria Woohull et Tenesse Claflin dont la première fut exclue du mouvement des femmes par les puritaines de l'AWSA qui qui votèrent en 1868 une motion contre l'amour libre alors que les féministes de l'organisation concurrente la NWSA étaient ouvertes à l'idée de l'amour libre. C'est aussi Emma Goldman qui tenta sans succès de se prostituer pour trouver de l'argent afin de sortir Berkman de prison. Il y a effectivement urgence à questionner les représentations féministes radicales qui plombent la reflexion anarchiste, comme pour tout mouvement social : nous ne faisons pas notre tous les considérants de l'écologie par exemple, nous revendiquons un droit d'inventaire, dans le cas présent c'est la même chose.
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Cercamon
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Il importe peut que tu reconnaisses ou non une morale. Il suffit que suffisamment d'autres s'en réclament pour te pourrir la vie. La morale a une réalité sociale.
Tu ne sembles pas vouloir comprendre que les représentations elles ne sont pas commandées d'en haut. Elles sont comprises dans une histoire (y en a eu avant, y en aura après), intéragissent avec d'autres phénomènes existant à l'échelle sociale... Ces mécanismes sont à l'oeuvre, que tu sois d'accord ou pas. Et seront toujours à l'oeuvre dès qu'il y aura société, c'est à dire plus d'une personne. Et les effets en seront bien réels. Ces effets seront différentiels selon qui tu es (c'est 75% des lycéennes des mégapoles japonaises et nulles autres qui se font aborder par des hommes d'âge moyen, faudra que je change d'exemple car on va finir par croire que je veux dire que la vie va devenir impossible pour les femmes si la prostitution est normalisée, alors que mon propos n'est pas aussi grossier que ça), et peuvent être bien pénibles (à moins que tu penses qu'être affecté par ce genre de chose est la preuve d'un trop grand attachement à la "morale", quelles coincées du cul ces lycéennes... mais rassure-toi, elles déclarent être moins choquées par une seconde sollicitation...).
Actuellement, au niveau de la France (vu que c'est là qu'il y a demande d'une prise de décision légale sur ce sujet) on n'est pas qu'entre individualistes bien élevés, anticapitalistes, pro-féministes et tout. On peut considérer avec circonspection les effets possibles d'une demande de changement de représentation. Cette représentation elle est sociale, elle est issue des interactions et échanges des membres de cette société - et l'on sait qu'elle est l'idéologie dominante de cette société actuellement, ainsi qu'au bénéfice de qui est structurée cette société - et pas fourbement diffusée par un groupuscule de féministes aigries puritaines manipulatrices.
Il n'y a pas que les féministes radicales qui refusent de considérer la prostitution "comme un métier comme les autres", mais il me semble que c'est aussi la position du "bus des femmes", association à laquelle adhèrent des prostituées. Cette association réclame des droits pour les prostituées, mais refuse le statut de travailleureuses.
Dernière question Libertad, s'il n'est de morale qu'individuelle, comment vivre en commun ? Tu pourrais vivre avec Takpi qui réclame l'infanticide des pas-costauds ? (car dans ce cas les pas-costauds pourraient pas vivre avec nous, même si toi t'es pas d'accord)
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libertad
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Cercamon, nous ne pouvons pas être d'accord sur cette question car pour ma part je pense que les abolitionnistes analysent la prostitution à travers une grille puritaine et effectivement le puritanisme est une idéologie ou une morale largement majoritaire dans la société française ce qui explique que les prostituées soient stigmatisées et le puritanisme des féministes radicales, relayé par les anars en rajoute une couche, au grand bonheur de Sarkozy. Ma morale anarchiste individualiste fait que je ne répond pas à cette injonction morale et que je me situe dans la lignée de ceux et celles qui dans le féminisme ont lutté contre le le puritanisme, c'est effectivement un combat à la fois politique et moral qui ne date pas d'aujourd'hui, je l'ai dit et qui durera demain. La morale puritaine traverse d'ailleurs tous les courants politiques et aussi les anars. En général le puritanisme est liée à l'idéologie traditionnelle du couple, refuse l'amour libre et prône l'abolition de la prostitution. Dans un texte excellent Agnès Echène ( La conjugalité : source de la prostitution ) a bien montré le lien existant entre la conjugalité et la prostitution.Voici ce qu'elle écrit dans une phrase éclairante : " En tout cas, si l’on veut réellement abolir la prostitution, il est clair qu’il faut d’abord abolir cet échange inégal inhérent au couple institué, et sortir définitivement de la conjugalité. Cette évidence n’est cependant jamais exposée dans les débats actuels sur la prostitution; c’est qu’on se cramponne à l’idée du couple sans voir qu’il est l’avers de la médaille dont la prostitution est le revers : on n’évacuera l’une que si l’on évacue l’autre; mais tant que l’on garde le couple institué, il faut garder la prostitution." "Dernière question Libertad, s'il n'est de morale qu'individuelle, comment vivre en commun ?" : je n'ai pas dit qu'il n'y avait de morale qu'individuelle, comme je viens de le dire le puritanisme est un morale sociale collective que je combat au nom de ma morale individuelle anti-puritaine, liée à un courant historique et avec d'autres aujourd'hui, par exemple Cabiria à Lyon dont le directrice Corinne Monnet qui était ( est peut-être toujours ? ) sur des positions féministes radicales fait un travail énorme pour les prostituées et s'oppose aux abolitionnistes. Le clin d'oeil n'est pas de moi mais du logiciel
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Anonyme
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" "Je crois que pour des anarchistes la solution la plus simple face à la prostitution est de ne pas prendre position, de rester dans les considérations théoriques." ""non lapin, je ne suis absolument pas d'accord !!""
Satya je te rassurre, je ne suis pas très emballé par l'idée de rester dans les considérations théoriques.
Je peux résumer ma position en une ligne : je crois que les syndicats (CNT plutot) devraient envisager de jetter un oeil sur cette question. Et parallèlement si Thomas et d'autres arrivent à faire enter des prostitué(e)s dans la CNT ça serait bien aussi. (je dis CNT parce que le syndicalisme me parait plus adapté et avoir plus de chances d'arriver à un positionnement.
"C'est 75% des lycéennes des mégapoles japonaises et nulles autres qui se font aborder par des hommes d'âge moyen, faudra que je change d'exemple car on va finir par croire que je veux dire que la vie va devenir impossible pour les femmes si la prostitution est normalisée, alors que mon propos n'est pas aussi grossier que ça"
Tu as parlé plusieurs fois du Japon, je crois effectivement que c'est un pays très intéréssant pour le sujet qui nous occuppe, mais je ne suis pas certain que la prostitution y soit une cause de la situation des femmes. Interdire la prostitution (sous ses formes variées) au Japon -à part que c'est de l'ordre de l'impensable- n'aboutirait pas nécéssairement à une amélioration de la condition féminine des japonaises.
Je dirais meme que dans une certaine mesure (j'insiste sur la nuance "certaine" vu l'outrance qui suit) la prostitution participe de l'émancipation des femmes japonaises (du travail, du couple, etc.). Depuis que le travailleur a été partiellement remplacé comme icone nationale par l'adolescente en jupette d'écolière, ces dernières ont trouvé de multiples façons de mettre à profit leur prestigieux statut. Par contre le sort des philippines , thailandaises, et quelques autres nationalités , qui bossent au Japon, n'est pas toujours enviable. Mais avec les migrations des travailleurs sexuels on a peu le meme phémonène partout.
J'ai vu qu'aux éditions de l'en dehors il y a une brochure d'Armand sur la prostitution, elle vaut quoi ? quelqu'un l'a lue ? "La prostitution et ses multiples aspects Son histoire, sa définition, les conditions de sa disparition"
Lapin
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provisoire
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Lu sur le site lesputes.org
Titre : La prostitution comme échappatoire au système patriarcal.
GRATUITE = OPPRESSION
La gratuité d'un rapport sexuel résulte soit d'un échange égalitaire entre deux ou plusieurs personnes qui tirent chacune profit de ce rapport par l'extorsion de plaisir, soit résulte d'une oppression.
En commentaire, je citerai un texte d'amis : "On échange ce qui a été préalablement séparé, réparti. On partage ce qui a été préalablement réuni, mis en commun. Echange et partage sont deux opérations sociales opposées qui mènent au même résultat : chacun se retrouve avec ce qu'il convoitait. Mais ils impliquent en amont une autre organisation sociale."
"On échange deux choses, on en partage une. On peut donc échanger des choses de nature différente, le partage porte sur la même chose.
L'échange donne lieu à évaluation, il introduit le calcul entre les humains et ouvre la porte aux mesquineries, conflits. Or le calcul entre humains est inhumain. (...)
L'échange est un double transfert de propriété, et le partage la division d'une chose divisible."
Bien entendu, je ne peux concevoir la gratuité de l'acte sexuel que dans le partage...
ETRE HORS SYSTEME
"Etre une pute est le meilleur moyen pour ne pas se mettre sous la domination d'un patron. C'est aussi la meilleure excuse qu'on peut avoir pour ne pas accepter la domination d'un mari. Le profit tiré de son travail permet également de s'extraire de l'autorité paternelle et vivre économiquement indépendantE de la cellule familiale qui vous aura de toute façon bien souvent rejetéE en raison de votre statut de pute. Il ne faut pas trop fantasmer sur les revenus des prostituéEs, mais il est vrai que l'argent rentre plus facilement. Ne plus avoir de soucis d'argent est un moyen d'être libre dans cette société capitaliste. On peut donc se permettre davantage de mener sa vie non pas en fonction des autres mais comme on l'entend. Le système patriarcal a moins de prises sur vous. Vous avez vraiment l'impression d'être hors du système. Les oppriméEs que vous côtoyez vous paraissent vivre dans un monde complètement surréaliste. Ils sont heureux d'avoir des week-ends de 3 jours quand vous êtes loin des 35 heures.
sans commentaire mais c'est moi qui souligne... (parce que je trouve un peu pénible me faire assimiler à une puritaine moraliste abolitionniste de féministe radicale que je ne savais pas être, et d'avoir l'impression que les commentaires que j'ai faits et que je pensais issus d'une position anarchiste ne sont après tout que ma morale personnelle... Soit dit en passant, je soutiens les prostituéEs dans leur revendication pour une couverture sociale et l'ensemble des droits fondamentaux, ainsi que leur combat contre les conditions dans lesquelles illes vivent et contre la stigmatisation et l'exploitation dont illes font l'objet dans notre société... mais il est vrai que je ne soutiens pas la revendication d'un statut de travailleureuse du sexe, pas plus que celui d'artiste salarié, d'ailleurs... question de morale personnelle ! non, non, il n'y a là absolument rien de politique, je vous rassure...)
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libertad
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Provisoire, je ne me permettrai pas de qualifier qui que ce soit de puritain ou puritaine ici car je distingue complètement la prise de position politique et l'attitude personnelle dans la vie, concernant la sexualité et sachant que de ce point de vue les prises de position politique n'ont que peu de rapport avec la réalité ( pour être trivial, entre ce que les gens disent et ce qu'ils font réelement au lit il y a une grosse différence et c'est sans doute heureux) . Je m'attaque à une idéologie politique commune chez les anarchistes et ne porte pas de jugement sur les personnes, y compris ceux et celles qui s'opposent à moi. Sur les propos tenus sur le site "les putes", ils me rappellent assez ceux que tenaient les illégalistes anarchistes (Bande à Bonnot et consorts ) à propos de l'argent qu'ils récupéraient par d'autres moyens.
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Cercamon
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@Libertad : (1) je croyais que je parlais mieux le paoiruqmhqjhg... pour toi le fait qu'un nombre conséqu | |
à 16:30