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--> interview d'Alexandre étudiant à la Sorbonne, en grève de la faim
Ceci étant ma prise note étant déjà un peu sélective et surtout parce que je ne pouvais pas écrire aussi vite que la pensée , je vous invite à rencontrer Alexandre car ce qu’il dit vous touchera et vous parlera mille fois plus que ce post. Son point de vue sur le mouvement actuel et le monde politique d’aujourd’hui est très construite ( mais ni une bible à laquelle il faut se convertir), il permet de prendre un certains recul, pose de nouvelles questions, confirme ce que l’on peut déjà penser, ouvre l’esprit et surtout permet un débat dialectique. De plus vous pourrez ainsi être en plein dans la Sorbonne ( grand lieu de recherche, de philosophie, d’histoire, de politique, de révoltes…), et discuter , penser de manière interactive, avec Alexandre, mais aussi avec toutes les personnes qui s’arrêtent régulièrement dans ce lieu ouvert et libre. Bref, un lieu interactif de la pensée, où les êtres libres « pensent donc sont », mais aussi se rencontrent et s’interrogent ensemble sur un monde de plus en plus incompréhensible ou incontrôlable.
Pourquoi une grève de la faim ?
Parce que la grève de la faim complète les modes d’actions. C’est une touche symbolique, pacifique pour faire passer les messages de façon plus large, sans compromis. Se donner les moyens de diffuser des idées fortes ; comme une contagion avec certaines idées. C’est aussi une forme de révolution amusante. Alexandre a choisi ce mode d’action après avoir cherché un moyen d’entrer dans la Sorbonne. Puis il a trouvé, il fallait ouvrir la Sorbonne devant les barricades. Ainsi sa présence devant la Sorbonne est comme si elle était ouverte, et les discussions, les réflexions continuent… C’est un acte politique pour protester contre l’occupation militaire, contre un état qui mène une politique de défi et de négation, qui essaie de diviser en permanence, qui essaie de créer une situation proche de la guerre civile. Mais comme cette grève de la faim est un acte politique et non suicidaire, il va bientôt s’arrêter.
Comment vit-il cette résistance, cette révolution pacifique ?
Avant de faire le pas de cette grève pacifique, il a fallut à Alexandre 4 jours de préparation. Ces 7 jours de grèves de la faim ont été, pour lui, plutôt agréables. Alexandre n’a jamais été seul. Et il a réussit à crér un lieu actif de discussions politiques. Pas pour autant sans conflits, mais c’est peut-être en se confrontant à d’autres idées qu’on peut évoluer ensemble. Il a pu découvrir à quoi ressemblait la rue en France. En rencontrant tout type de personne, nuit et jour : des « clodo », des « fous », des extrémistes de droite, des intellectuels « bourgeois » etc. Ce lieu est une véritable interaction. Son acte est une lutte pour une société où l’on devrait tous penser comme on veut. D’ailleurs un petit groupe de gens discutent autour de nous ; magnifique n’est-ce pas ? Avec les forces de l’ordre, il n’y a pas trop eu de problème. Quelques remarques idiotes de gendarmes qui passaient mais en temps général il est tranquille. Il a discuté avec un commissaire une foi ( celui-ci n’était pas en fonction ce jour là), il lui a dit que s’il avait été en fonction il l’aurait fait partir. Mais il a invité Alexandre à boire un café, les deux hommes partageaient les même idées. Ils ont convenu de laisser la tente, et de ce fait de maintenir le lieu ouvert. Pour finir par une note amusante, il me dit que plutôt qu’une danse de la pluie il faudrait faire une danse pour faire tomber le gouvernement.
Ce qu’Alexandre pense du mouvement actuel ?
C’est bien que le mouvement tienne, que les gens se sentent concernés… mais certains actes peuvent être couillons, comme par exemple à l’EHESS… car ils avaient réussi a construire quelque chose de bien et les actes qui y ont m’y fin ont coupés le mouvement en 2. Alexandre s’est dit après la manif des invalides que se battre entre nous c’était grave. ( puisque nous nous battons à la base pour la même chose). Qu’il faudrait trouver d’autres modes d’actions, créer des discussions. Par exemple des discussions d’une centaine de personnes pour créer des actions en utilisant les médias de façon rétroactive.
Le problème politique posé aujourd’hui est celui de l’idéal de la démocratie bureaucratique. La France a le droit de demander un changement de système. Et l’état n’écoute pas. L’état a des problèmes politiques et sociaux et ne sait que répondre par la violence. Le gouvernement va même jusqu’à défendre avec les syndicats et la police les acquis d’une classe minuscule… et ça, ça ne peut pas continuer. Le gouvernement, ne se représente pas l’ampleur du mouvement. Un certain nombre d’acteurs sont décrédibilisés. Par exemple, les syndicats avec comme unique revendication : « le CPE ». Alors que tenir à la suspension du CPE tout le monde s’en fou. Il y a déjà le CNE pour tout le monde et pour tous les âges. Et quand des personnes lui disent que de toutes façon les jeunes ne veulent pas travailler, Alexandre leur répond : « et alors pourquoi pas ? », « Pourquoi ne ferait-il pas de la poésie ? ». Les syndicats, comme les coordinations nationales, ont présenté par le biais du CPE une face acceptable pour le gouvernement. Quand je demande à Alexandre ce qu’il pense des coordinations, il me répond « les coordinations on en à rien à faire », c’est du mimétisme bureaucratique, or c’est une part de ce que nous condamnons. Pour lui, ce qui s’exprime aujourd’hui, c’est le 1er mouvement contre le libéralisme et la globalisation. Alexandre espère qu’on sera à la hauteur de nos aînés ( Révolution française, résistance…) en brisant les structures d’exploitation. Ce que nous nions aujourd’hui car l’inconscient collectif fait que personne n’a droit de mettre la main dans un rouage. Il nous invite à continuer la lutte et d’être plus fort dans nos actions ; contre tous les mouvements bureaucratiques et mimétiques. Il appel à l’Amitié car c’est rétablir les liens que le gouvernement a séparés. Mais, il n’est pas donné à tout le monde de se réveiller en même temps.
Voilà de quoi réfléchir un peu plus sur le mouvement d’aujourd’hui, de méthodes d’actions autres que celles utilisées en rapport avec chacun, à notre rapports avec les autres, avec le monde… Mais surtout essayer de lutter et de faire tomber aujourd’hui ce qui contraint notre liberté et notre vie les uns avec les autres. Ces quelques lignes vous auront donné, j’espère, envie de rencontrer Alexandre pour débattre et réfléchir avec lui. Je le remercie de m’avoir permis cet entretient et de m’avoir permis de mettre enfin des mots sur ce que je ressentais et condamnais depuis quelques temps. Cette rencontre m’a donné encore plus envie de me battre et de m’investir de manière radicale, et intelligente dans ce mouvement. Je vous fais part ici du vrai communiqué écris par Alexandre. PAR LA FAIM, PAR LE FEU ET PER L'AMITIE Je suis étudiant à la Sorbonne, en thèse de philosophie. Cette école est ma maison, elle est occupée par des policiers, sur décision de l'administratio. C'est insupportable. Mais hélas, c'est un détail. La précarité, la souffrance au travail, l'exploitation de plus en plus violente des uns par les autres, la collusion totale entre l'Etat et le patronat (1), la destruction de toutes les solidarités, l'idéologie répressive et sécuritaire, c'est aussi pour cela que nous luttons. Le CPE, le CNE, la loi sur l'Egalité des chances ne sont que les dernières inepties produites par un gouvernement aveugle et sourd aux souffrances des gens. Il organise la guerre économique, ou en d'autres termes, il ramasse le plus d'argent le plus vite possible. Bien peu de choses distinguent aujourd'hui la France d'une République Bananière. Après avoir participé à plusieures formes de luttes ces dernières semaines, j'ai pris la décision d'entamer une grève de la faim afin de libérer cette université et d'éveiller l'attention de ceux qui vivent dans le m^me pays que moi aux horreurs qu'ils vivent et qu'ils tolèrent quotidiennement (2). La grève de la faim est une mise en danger de soi pacifique mais je ne condamne en aucun cas les autres formes de mises en danger de soi qui ont eu cours ces derniers jours. Si l'on croit la Boétie, seule l'amitié permet de résister à la tyrannie. Il nous faut y travailler, ne jamais faire l'économie de l'amitié, lier les combats des banlieues aux combats des villes, nous lier, nous relier... La situation est urgente. Nous assistons fascinés à la montée en puissance d'un grand lyrique et d'un petit nerveux, comme en 1933. Voulez-vous être du côté des résistants, ou bien de l'autre côé ? Alexandre Duclos. étudiant gréviste de la faim. (1) Fallait-il pour découvrir cette vérité un ministre particulièrement populiste et dangereux soit le frère de l'ex n°2 du MEDEF ? (2) A ce sujet, le livre de Christophe Desjours, Souffrance en France serait à diffuser plus largement, comme manuel de résistance, comme guide et comme base de départ. Mis en ligne par Lucilie Imperatore, le Dimanche 2 Avril 2006, 13:36 dans la rubrique "Actualité".
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à 13:38